Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Ce besoin d'Espagne
Mariou Jean-Michel
VERDIER
14,50 €
Épuisé
EAN :9782864327141
Extrait du prologue«Nous nous étions mis à désirer l'Espagne.»ALEXANDRE DUMASQuelque chose en moi a longtemps résisté. Un mélange d'Histoire et de comédie familiale, de parole donnée et de peurs enfantines: je ne pouvais pas franchir la frontière.Pourtant, au tout début des années soixante-dix, qui découvraient le dépaysement et le voyage, il n'y avait, de Toulouse où nous finissions de grandir, qu'une matinée de voiture pour rejoindre l'Espagne. Mais l'Espagne, c'était d'abord, dans nos classes, dans nos rues, dans nos familles, le monde péremptoire, bruyant et coloré des républicains espagnols, avec ses leçons et ses blessures. «Tant que Franco sera vivant, je ne mettrai plus jamais les pieds en Espagne.» Et pendant que, chaque été, au tout début du mois de juillet, certains partaient vers Pampelune pour y apprendre l'ivresse fraternelle et grégaire des San Fermines, nous restions autour des plages de Narbonne pour des boulots de saison.Pour les toros, les vrais, nous repasserions.J'entends que, pendant ce temps-là, Alain Montcouquiol, Simon Casas, Alain Bonijol, Curro Caro, Zocato ou François Garcia couraient après leurs rêves sur les routes poussiéreuses du Campo Charro, ou dans les pensions misérables du quartier de Santa Ana, à Madrid. Mais pour moi, en ces temps où la politique remplissait le moindre interstice de ma vie, la route des toros était barrée: nos bagarres de rue, innombrables, devant le consulat d'Espagne, rue Ozenne à Toulouse, valaient comme interdit.Le 2 mars 1974, je me trouvais par hasard à Nîmes, où nous étions allés soutenir un ami militant qui passait en procès, lorsque nous apprîmes l'exécution imminente de Salvador Puig i Antich, à Barcelone. À la nuit tombée, nous avions suivi tout autour des boulevards une grande manifestation qui s'était spontanément organisée pour demander, une dernière fois, la grâce du militant anarchiste espagnol. C'est toujours une étrange chose de manifester dans une ville que l'on ne connaît pas. On ne sait jamais vraiment où l'on va. Vers onze heures du soir, dans la pénombre, nous avions soudain découvert, au hasard du parcours du cortège, la masse sombre et inquiétante des arènes. Personne n'avait seulement tourné le regard vers elles.Sur l'autoroute du retour, à l'aube, un flash d'information de France Inter annonça que Puig Antich venait d'être exécuté. Nous nous sommes arrêtés sur un bas-côté d'herbe sage, les yeux perdus dans le ciel brûlant d'étoiles. C'était fini.Le lendemain, le quotidien catholique ABC célébrait Rafaël de Paula: «Il tient sa cape bien ouverte, écrivait Pérez Mateos, et il la propose, comme un cadeau, à son ennemi, qui est sous le charme et qui court après le leurre ailé tout au long d'une série de quatre véroniques.»Vraiment, on ne pouvait pas!Bien sûr, ce désir d'Espagne, longtemps frustré, relevait aussi pour partie de ce que Baudelaire appelait «la grande maladie»: l'horreur du domicile. Il fallait bien fuir le terrible ennui quotidien. La vie de nos parents. Et l'Espagne était parfaite pour qui rêvait de romantisme, de poètes résistants et de routes poussiéreuses. Mais il y avait surtout cette «nostalgie de l'impossible» dont parlait Bataille, une manière d'engager sa vie dans les rêves les plus fous, un quichottisme radical. Entre la mythologie facile de la guerre civile et le rimbaldisme d'un Curro Romero, l'Espagne offrait tout ce que nos coeurs vaillants exigeaient à grands cris.
Désengagement des salariés, burn-out à répétition, démissions qui s'enchaînent et difficultés de recrutement... le monde du travail est en crise. Notre rapport au travail aurait-il changé ? Ou bien serait-ce notre rapport à l'entreprise ? Ce livre propose une carte et une boussole à ceux qui souhaitent construire une entreprise désirable dans laquelle chacun aura l'envie de vivre une véritable aventure humaine, individuelle et collective. Une aventure qui impacte positivement les piliers de toute entreprise : le management, l'organisation et la gouvernance. Une aventure dans laquelle chaque acteur aura le désir de s'impliquer et d'en devenir un co-élaborateur. Cet ouvrage illustré nous fait voyager à travers les espaces relationnels de l'autonomie, de l'engagement et de la contribution. Si les auteurs ont conscience qu'il est important de remettre l'humain au centre de l'entreprise, ils pensent surtout qu'il est essentiel et urgent de mettre l'entreprise dans le coeur de l'humain. Car l'entreprise peut devenir le lieu privilégié pour l'épanouissement individuel et la contribution à construire ensemble un monde meilleur. Et si votre entreprise devenait la plus belle des aventures humaines ?
Caillaud Jean-Michel ; Vandenbroucke Marion ; Paul
Résumé : Le compagnon quotidien des observations et des actions nature à réaliser au jardin toute l'année ! Le compagnon indispensable pour s'immerger jour après jour dans la nature, au plus près de la maison, dans le jardin ou le parc du quartier, à travers des conseils quotidiens et une ambiance graphique nature. Il plaira à tous ceux qui veulent se mettre au vert tout en ayant un usage pratique de cet agenda pour noter leurs rendez-vous.
Témoin privilégié des processus de création de Miquel Barcelo, Jean Marie del Moral est l'un des meilleurs photographes de l'univers intime et silencieux des théâtres de la création picturale contemporaine. Espace métaphysique en même temps que chantier industrieux, l'atelier est, sous son objectif, un périmètre sauvage qui n'obéit qu'aux règles et codes de l'artiste qui l'habite. La lumière qui y pénètre sert des fins précises ; les outils, fragments, objets accumulés qui s'y déposent sont tout à la fois des vestiges et des sources de l'oeuvre à venir. Murs et étagères dressent le carnet de notes intime et ésotérique d'un Barcelo/ Mundo dont nous tentons de déchiffrer les signes. Fils de républicains espagnols exilés en France, Jean Marie del Moral a grandi dans la ferveur de l'idéal révolutionnaire défait et dans la conviction que l'art des plus grands était autant un acte de création que de résistance. Le récit de ses rencontres avec Miquel Barcelo et de sa fréquentation des artistes contemporains se lit aussi sous cette forme plus secrète d'éclairage.
Résumé : 1. Nom composé de "parisiens" et "ruraux". Moitié parisiens, moitié ruraux, il désigne les individus partageant désormais leur vie entre une maison à la campagne et un minuscule studio à Paris. Néologisme créé en 2021 désignant les nouvaux venus dans les campagnes franciliennes qui ont "osé" quitter la capitale pour se fabriquer une vie plus belle au vert, loin (mais pas trop) de la frénésie urbaine et de ses possibles, qu'ils s'empresseront de retrouver 2 ou 3 jours par semaine. 2. Se dit aussi des parisiens qui n'ont pas les moyens d'acquérir le 100 m de leur rêve dans le Xe arrondissement, et encore moins une résidence secondaire au Touquet. Un abécédaire de 100 mots qui dépeint avec humour la nouvelle vie des paruraux.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.