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Lectures traversières
Marin Louis
ALBIN MICHEL
28,05 €
Épuisé
EAN :9782226395009
Traquant ce qui traverse les cultures, Louis Marin chemine à la recherche d'une trace perdue dans la ville et dans les livres, sur l'asphalte et sur le papier, écho d'une symphonie des sens toujours à déchiffrer. Lectures traversières s'ordonne selon la flânerie de l'auteur parmi les signes observés rue Traversière à Paris. De l'illustration à la ponctuation, le monde des pages est scruté avec érudition et tendresse. Toute lecture n'est-elle pas un voyage vers l'utopie d'une compréhension pleine, une logique à la recherche d'un dire sans mystère ? Avec Perrault, Pascal, Corneille, Descartes, La Fontaine, Rousseau et Balzac, mais aussi Ovide, Augustin, More et Paul Klee, l'auteur articule les grands créateurs de la tradition française et européenne le long d'un fil subtil et spirituel. Philosophe, sémiologue et historien des représentations de l'âge moderne, directeur d'étude à l'E. H. E. S. S. , Louis Marin s'est attaché dans une quinzaine d'ouvrages à la critique des signes des discours culturels depuis le XVIe siècle. Ses essais de philosophie et d'esthétique, dont La Critique du discours, Le récit est un piège, Portrait du roi, Etudes sémiologiques, écritures, peintures, témoignent d'une recherche parmi les plus originales de notre temps.
Qu'on ne s'y trompe pas. Le terme " opacité ", qui brille d'un éclat noir au titre de l'ouvrage, ne renvoie ni à une ineffabilité supposée ou prétendue de la peinture, ni non plus à des énigmes que comporterait la mise en peinture ou en figure, mais à la pragmatique contemporaine, en un sens dont on trouvera l'élaboration dans La Logique de Port-Royal ou dans la sémiologie augustinienne. Tout signe est à la fois une chose et une représentation considéré comme chose, le signe focalise sur lui-même la " vue de l'esprit ", il ne représente rien mais se présente lui-même. Comme représentation, il se dérobe à la considération et déplace la vue de l'esprit de lui-même à l'objet qu'il signifie. Le signe est alors comme la vitre transparente qui laisse voir autre chose qu'elle-même : lorsqu'elle s'opacifie, elle cesse de se dérober dans sa diaphanéité pour s'offrir à la vue et l'arrêter. Ainsi la représentation de peinture qui, tout en représentant l'univers naturel, les hommes et les fracas de leur histoire, les créatures invisibles, le monde surnaturel, n'a de cesse de déployer les dispositifs complexes de présentation de ses représentations, de travailler et de faire travailler, dans ses " images " et ses " signes ", leurs divers modes de présentation et jusqu'au sujet-peintre qui les met en ?uvre dans les " sujets " qu'il représente : opacités de la peinture.
Ce livre est né d'une découverte : l'impossibilité de tenir un discours sur Pascal sans tomber dans les contradictions que dénonce son objet. D'où la substitution à Pascal de la Logique de Port-Royal, qui le cite en des points-clés de son propos et qui permet ainsi d'en mesurer toute la puissance subversive. Sans doute est-il question, dans La Critique du discours, des modèles représentatifs du langage élaborés par la " linguistique cartésienne " des logiciens jansénistes, mais pour montrer, grâce à la citation pascalienne, comment modèles et représentations s'y manifestent comme procès idéologiques où la sémiologie contemporaine est encore prise. En écrivant dans leur ouvrage, avec Pascal, le contre-texte de la représentation classique, en déplaçant ses " évidences " par une logique de l'infini et de l'aléa, par les stratégies pratiques du langage ordinaire, les " Messieurs " retrouvent dans leur Logique toute cartésienne et bourgeoise, et sans en être pleinement conscients, la pensée et la pratique anti-représentatives de leur religion, pensée pratique des forces du désir, celles du péché ou de la grâce, forces de l'Autre qui interdisent au modèle et à la représentation de se fonder rationnellement. Cette Critique du discours vise ainsi, par-delà les textes du dix-neuvième siècle, à mettre en question quelques-uns des présupposés sémiotiques des sciences humaines. Ce livre est paru en 1975.
Ce volume est le second recueil d'études de Louis Marin après Pascal et Port-Royal paru dans la même collection en1997. Publiés entre1982 et1996, ces textes sont présentés, comme pour le précédent, dans l'ordre chronologique de leur parution, afin de laisser apparaître l'évolution de la manière et des problématiques entre les textes consacrés à Roland Barthes (1982) et à Ignace de Loyola (1991) et, ceux, intermédiaires, consacrés à Stendhal et Montaigne. Conformément à ce qui fut toujours une constante des recherches de Louis Marin, ces études constituent une réflexion sur le genre autobiographique à partir des apports de " la théorie du texte ", l'un des actes forts étant un précipité de l'autobiographie dans l'autographie, dans " l'écriture de soi ". Des index permettent au lecteur de circuler et nouer des fils, d'un texte à l'autre et même d'un volume à l'autre.
Cet ouvrage est une réflexion historique et philosophique sur le pouvoir en général et le pouvoir politique en particulier lorsqu'il s'exerce à son plus haut régime en s'affirmant absolu. D'où le sujet central du livre : Louis XIV ou le roi comme monarque illimité ou plutôt qui se représente tel. D'où les questions non moins centrales parce que toujours actuelles qu'il pose et auxquelles il tente de répondre : comment le portrait du prince réalise-t-il le miracle permanent de la transsubstantiation d'un individu en monarque ? Comment la représentation accomplit-elle le désir infini du pouvoir dans l'imaginaire d'une présence réelle de l'absolu ? Comment la représentation légitime-t-elle cette présence dans la loi d'un nom universel et unique ? En appliquant à des objets aussi divers que l'histoire officielle du roi ou son éloge, la médaille du prince, son palais ou ses divertissements, le modèle théologique du corps eucharistique hérité d'une longue tradition religieuse, politique et juridique de l'Empire et de l'Eglise, l'auteur montre comment s'institue le fantasme d'un corps unique du prince, comment s'exerce et se reproduit la violence symbolique de son nom propre. Il montre également comment ce modèle travaille à mettre en question ce qu'il vise à fonder et à légitimer, dans les réflexions de Pascal sur les rapports de la force et de la justice ou sur la légitimité politique de l'autorité royale, le roi présent réellement sous ses espèces représentatives ne trouvant l'absolu de son pouvoir qu'en devenant, en fin de compte, son image, qu'en signant son nom.
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,