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Mystery Train. Images de l'Amérique à travers le rock'n'roll
Marcus Greil
ALLIA
18,50 €
Épuisé
EAN :9782844850775
C'est donc un livre sur le rock'n'roll - une partie du rock'n'roll - et sur l'Amérique. Ce n'est pas une analyse historique ou purement musicale, ni une galerie de portraits. J'ai essayé d'élargir le contexte dans lequel on écoute la musique, d'analyser le rock non pas comme expression de la jeunesse, ou de la contre-culture, mais de la culture américaine elle-même. Les artistes sur lesquels j'ai choisi d'écrire m'intéressent entre autres parce qu'ils ont plus d'ambition que les autres et qu'ils prennent plus de risques. Ils prennent le risque du désastre artistique (dans le vocabulaire du rock : la prétention), celui de se mettre à dos un public qu'il est plus facile de flatter que de provoquer - leurs ambitions ont beaucoup à voir avec celles que Robbie Robertson avait pour le Band : " La musique ne doit jamais être inoffensive ". Ce qui m'attire encore plus chez le Band, Sly Stone, Randy Newman et Elvis, c'est que je pense qu'ils se voient comme des Américains symboliques. Pour moi, ils essaient, avec leur musique, d'être à la hauteur de ce rôle.
Le 15 juin 1965, Bob Dylan entre dans un studio de Columbia Records. Lorsqu'il en sort, il a enregistré un chef-d'?uvre de six minutes qui est à la fois une exhortation à la contestation et une ode à la liberté. Like a Rolling Stone devient rapidement un mythe. A partir de cette chanson, Greil Marcus nous invite à prendre le pouls de l'Amérique des années 1960. Un pays au bord de l'implosion dont Bob Dylan signe la bande-son.
Auteur: Greil Marcus, né à San Francisco en 1945, est diplômé d?études de Sciences Politiques à Berkeley. Il fut l?un des éditeurs de 1969-70 de Rolling Stone, magazine pour lequel il rédigea une chronique consacrée aux livres de 1975 à 1980. De 1983 à 1988, Greil Marcus a présidé le National Book Critics Circle. Il est surtout l?auteur de Lipstick Traces: une histoire secrète du XXe siècle, et de Mistery Train, tous deux parus en France aux éditions Allia, respectivement en 1998 et 2001.Avec lui, la critique rock s?est élevée au rang d?art à part entière. Le livre: De son vivant, Presley a révolutionné la musique populaire et bouleversé la société américaine tout entière. Les choses ne se sont pas arrêtées à sa mort.Au contraire, depuis son overdose en 1977 sa figure hante et travaille l?Amérique comme jamais peut-être auparavant. On a tout dit, tout imaginé, tout réalisé, depuis la thèse de son enlèvement par des extra-terrestres jusqu?à la commercialisation de portions alimentaires conçues à partir de son corps prétendument déterré. Il est véritablement, un des authentiques mythes du vingtième siècle. C?est ce mythe que Greil Marcus entreprend ici de décrypter en analysant ses composantes: le fils prodige aux racines judéo-indiennes;le militaire, le beau gosse, celui qui frisa la pédophilie avec une collégienne de quatorze ans, sauvé in extremis du scandale par le mariage; le pauvre accédant à la richesse à vingt-deux ans à peine; le manant devenu le King; son rêve frustré d?acteur; l?amateur d?armes à feu; alcoolique; le camé; le boulimique; le milliardaire sombrant dans la déchéance physique; enfin, et surtout, le chanteur blanc qui chante comme un nègre. Livres, photos, déclarations et extraits de presse à l?appui (? Une statue d?Elvis Presley retouvée sur Mars ? titrait le Sun du 20 septembre 1988), Greil Marcus nous offre un voyage à la fois hilarant et effrayant au c?ur de l?inconscient américain. Le plus beau, peut-être, dans ce livre, c?est que jamais Marcus n?aborde Presley avec condescendance ou ironie. Il est pour lui, au même titre qu?Herman Melville (on lira sur cette comparaison des pages étonnantes) un des plus grands créateurs américain, celui dont la voix, à elle seule, renvoie l?Amérique face à elle même et à son subconscient. Dead Elvis réalise le tour de force d?être le livre le plus drôle jamais écrit sur Presley et celui qui prend son sujet le plus au sérieux.
L'intouchable micelle du plus grand des scribouillards rock. Le Michelin de la musique de jeunes qui ne distribue pas ses étoiles mais les plante là où ça fait mal... Compilant une cinquantaine d'attentats critiques perpétrés à l'Underwood rouillée par feu Lester Bangs entre 1970 et 1982 dans diverses publications américaines, Psychotic reactions & autres carburateurs flingués est en fait le vrai faux roman de la critique musicale d'après-guerre. Mi pamphlet, mi cri d'amour, la table des matières en dit long. Au hasard: "Jethro Tull au Vietnam", "Ma nuit d'extase avec le J Geils Band", "James Taylor doit mourir", "Un programme de libération de masse sous forme de critique d'un disque des Stooges, ou : qui est l'imbécile ?", et un peu plus loin encore "Louons maintenant les célèbres nains mortifères, ou : comment je me suis castagné avec Lou sans m'endormir une seule fois". Et si les acteurs de Réactions psychotiques ont pour noms Iggy Pop, Van Morrison, Coltrane, Black Sabbath, Lennon, les Clash, le Velvet Underground ou bien encore Elvis, Bangs demeure la vraie star de ce torrent de délire. Difficile en effet d'en placer une qui fasse une étincelle après tant de lucidité nombriliste héritée d'Hunter S. Thompson voire de Tom Wolfe. Un pavé de mauvaises intentions déclamées avec une verve et un degré d'analyse assez rare. Et le style ! Ah oui, le style ! Surtout que le traducteur du monument en question brille plutôt niveau inspiration ; la moindre des choses pour ce Bangs (1948-1982) qui écrivit :qui était le meilleur écrivain d'Amérique ? Bukowski ? Burroughs ? Hunter Thompson ? Laissez tomber. J'étais le meilleur. Je n'écrivais pratiquement que des chroniques de rock, et encore, pas tant que ça... --Marc Zisman
Il y a une figure qui apparaît et réapparaît tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels ; sa manière est intransigeante. Il propage l'hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d'une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d'excuses qu'il ne fera jamais. C'est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe ; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu'il laissera sur l'histoire, il est condamné à l'obscurité, qu'il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotten/John Lydon en est une version ; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype". Greil Marcus.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.