Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
ECRITS CRITIQUES - 1941-2011
MARCHAND JEAN-JOSE
DU FELIN
120,00 €
Épuisé
EAN :9782866457730
Jean José Marchand (1920-2011) comptait parmi les plus grands érudits de son époque, de notre époque. Après sa disparition, son complice Maurice Nadeau rappelait qu'il avait été "toujours un peu hors normes, franc-tireur, doué de trop d'humour et de curiosité pour ne pas déplaire à ceux qui font l'opinion". Les Ecrits critiques de Jean José Marchand font penser, par leur savoir et leur clarté, à l'oeuvre d'Albert Thibaudet ou de son ami Pascal Pia, mais il est avant tout "un homme à sa propre hauteur", qui s'est intéressé très jeune au mystère de la littérature: "C'est parce que, à l'âge de 13 ans, j'ai découvert dans la bibliothèque de mon père une édition (d'ailleurs imparfaite) des Fleurs du mal que ma passion - bien antérieure - pour la lecture s'est transformée en passion littéraire. J'ai lu et relu ce livre, jusqu'à ce que je l'aie su par coeur, d'un bout à l'autre; j'ai entrevu ce qu'est la littérature. A vingt ans, j'ai commencé à collaborer aux revues littéraires (et non politiques) Poésie 41 et Confluences; en 1944, j'ai rencontré à la rédaction de Combat, sortant du bureau de Pascal Pia et Roger Grenier, Maurice Nadeau, qui partageait avec moi une passion pour l'histoire du surréalisme. Donc c'est tout naturellement qu'ensuite j'ai donné quelques"papiers"aux Lettres Nouvelles et à La Quinzaine." Somme d'érudition, d'honnêteté (et de malice), les Ecrits critiques de Jean José Marchand traitent de littérature, de philosophie, d'histoire, mais aussi de cinéma, d'art, de sociologie, de politique. Pendant les sept décennies où il exerça généreusement son infatigable regard de lecteur, ses chroniques, articles, recensions, enquêtes et préfaces donnèrent, non sans une saine distance - fruit d'innombrables lectures, de recherches, d'efforts permanents de synthèse -, son sentiment profond qu'il n'a jamais trahi.
Disséminées sous l'Occupation sur trois continents, 85 revues littéraires légales et clandestines ont animé la vie littéraire française. Leur activité, leur fonctionnement et leur rôle restaient jusqu'à présent méconnus. Dans ce panorama, 85 fiches signalétiques et critiques donnent le sommaire intégral des numéros parus et parfois non parus. 48 000 pages ont été consultées pour une somme de 840 numéros. Chaque fiche est enrichie d'une notice historique inédite. Fondée sur les archives du ministère de l'Information et du ministère des Affaires étrangères ainsi que sur des archives allemandes et sur de nombreux témoignages d'animateurs de revues, cette étude ouvre les arcanes de la Résistance qualifiée de " littéraire ", entre clandestinité et légalité subversive.
Un livre qui nous parle de destin, de destinées, du poids d'une seconde sur une vie. De cet amour fou qu'une richesse aveuglée par le fardeau des traditions a refusé jusqu'à rejeter si violemment une belle-fille qui ne demandait qu'à être aimée… jusqu'à cette jeunesse brisée par un bistouri qui a laissé place aux bactéries.
Une mère tue son enfant pour punir son compagnon, un jeune homme devient assassin "par amitié", un autre tue son père avec la bague qu'il lui a volée, une épouse empoisonne son mari grabataire, une femme place son nourrisson étouffé au congélateur afin que le père le découvre, un marginal poignarde un prêtre pour "tuer le Père"... Voici, décrits dans ce livre, quelques-uns des portraits d'accusés dont les passages à l'acte interpellent non seulement la justice, mais aussi la psychiatrie et l'ensemble des sciences humaines. Au fil des audiences de cours d'assises, qui constituent un champ d'observation privilégié, cet ouvrage restitue minutieusement les faits et les dires, et tente de comprendre le sens de tragédies humaines complexes dont la densité dépasse tout récit fictionnel. La conclusion majeure est que tout crime en cache un autre; chaque mobile allégué dissimule des mécanismes psychiques et socioculturels bien plus profonds et bien moins apparents; chaque acte criminel, enraciné dans le passé, révèle l'imaginaire de l'accusé et son rapport symbolique au monde. Passages à l'acte plonge le lecteur dans les problématiques les plus actuelles du champ pénal: approche psychanalytique du crime comme réponse à une angoisse d'anéantissement psychique, controverse psychiatrique autour de la "confrontation à la Loi" du criminel psychotique, effondrement symbolique de la Raison au profit d'une exigence individuelle de plaisir immédiat, revendications des victimes dorénavant sacralisées, refus de considérer tout aléa comme une fatalité sans responsabilité, et débat sociologique sur la fonction réelle du crime et du criminel dans la société.
Résumé : Voici une enfance et une jeunesse qui seraient celles de tout le monde si elles n'étaient envahies par le rêve. Les circonstances, le fait que son père parcourait le monde et que sa mère dirigeait une maison de couture ont fait que le narrateur, qui reste cependant précis et ne raconte que de petits faits vrais, s'est replié sur lui-même, laissant " s'épancher le songe dans la vie réelle ", mais refusant la fausse poésie et les facilités du clair-obscur. Les livres qu'on lui donnait à lire l'ont accompagné jusqu'à l'adolescence, trompant son appétit de vivre.
Hautval Adélaïde ; Postel-Vinay Anise ; Hauptman G
Du moment que vous les défendez, vous partagerez leur sort ! " Et pour n'avoir jamais transigé avec qu'elle appelait les "valeurs premières", Adélaïde Hautval, dite Haïdi, va devoir traverser l'enfer et survivre à 37 mois d'emprisonnement et de déportation. En sa qualité de médecin, à Auschwitz, elle est affectée au Revier (l'infirmerie) où elle soulage et soigne avec ses maigres moyens. Dans les cas les plus graves, elle s'arrange pour maquiller le diagnostic et permet ainsi à nombre de ses patientes d'éviter la chambre à gaz. Elle doit aussi travailler au sinistre Block des expériences médicales sur la stérilisation. Elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, témoin des horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçoit l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refuse, s'opposant frontalement aux nazis.
La pensée chinoise a trois fondements: le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Selon les époques, l'un de ces courants a prédominé, laissant les deux autres jouer en sourdine. Et aujourd'hui? Ni le taoïsme et son "laisser faire" (Wou wei), ennemi de tous les artifices de la civilisation, sceptique face au progrès, ni le bouddhisme, prêchant l'évasion hors de ce monde, ne paraissent aptes à assurer la stabilité d'un système politique et les règles de la vie sociale. On n'est pas surpris d'observer un regain du confucianisme, illustré par une dizaine de grands penseurs, parfaits connaisseurs de la philosophie occidentale. Bien sûr, on s'interroge sur les soubassements idéologiques d'un tel renouveau. Cinquante années après le marxisme maoïste, dans une Chine préoccupée essentiellement par son développement économique, cette réhabilitation du confucianisme peut être interprétée, tantôt comme une utopie, tantôt comme le témoignage d'un nationalisme rétrograde. Que ce retour aux sources ne soit en rien une stagnation stérile, mais qu'il manifeste la vivacité d'une philosophie riche de possibles, voilà l'enjeu de ce livre. Biographie: Régine Pietra est professeur de philosophie à l'université de Grenoble. Elle est l'auteur d'un essai sur Paul Valéry (Valéry, directions spatiales et parcours verbal, Minard, 1981) et de Sage comme une image, figures de la philosophie dans les arts (Le Félin, 1992).
L'ouvrage de Gérard Bonet explore l'histoire d'une "¬ agence oubliée¬" , Inter-France. Officine patronale sous le Front populaire, elle s'impose dès 1938 comme la plus vaste entreprise de manipulation de l'opinion publique en province. En moins de 10ans, sous l'impulsion de Dominique Sordet, Inter-France va devenir la plus importante des agences de presse de l'Occupation. Des centaines de titres des deux zones, de ceux qui irriguent les terroirs et sont lus, chaque jour, par des millions de lecteurs, y puisent le coeur de leur information. D'abord nationaliste, puis ouvertement collaborationniste, enfin franchement hitlérienne, c'est l'un des plus formidables outils de propagande au service de la collaboration avec les nazis. Ne négligeant aucune source, exploitant la cartographie et s'appuyant sur un solide appareil critique, ce livre, complet et précis, apporte un éclairage inédit sur les "¬années noires¬" et l'histoire de la presse. Gérard Bonet est journaliste honoraire et docteur en histoire. Il travaille sur l'histoire de la presse des XIXe et XXe siècles.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.