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Shakespeare au festival d'Avignon. Configurations textuelles et scéniques, 2004-2010
March Florence
ENTRETEMPS ED
24,99 €
Épuisé
EAN :9782355391453
Shakespeare est étroitement associé à la création et à l'histoire du Festival d'Avignon. À l'occasion de la Semaine d'Art en Avignon en 1947, première édition de ce qui allait devenir le Festival, Jean Vilar monte La Tragédie de Richard II dans la Cour d'honneur du Palais des Papes. Depuis ce gestefondateur, le dramaturge élisabéthain est l'auteur le plus fréquemment convoqué au Festival. Comment se manifestent les métamorphoses contemporaines du théâtre shakespearien dans la Cité des Papes? À la croisée des études anglicistes et théâtrales, cet ouvrage analyse les configurations textuelles et scéniques de Shakespeare au Festival entre 2004 et 2010, sous la direction conjointe d'Hortense Archambault et Vincent Baudriller. Traduction, adaptation, réécriture? Autant de questions terminologiques appliquées au théâtre dont il s'agit d'examiner les enjeux théoriques etpratiques, en les mettant à l'épreuve du carrefour mythologique où se rencontrent Shakespeare et le Festival d'Avignon. Ce livre invite à explorer ce que les artistes contemporains signifient à travers Shakespeare, et la manière dont les spectateurs d'aujourd'hui participent à l'acte de reconfiguration de la forme et du sens.
L'immigration et les relations entre citoyens et migrants ont toujours constitué des questions politiques vives, et pour le moins conflictuelles. Nombre d'acteurs se saisissent de la parole publique pour s'opposer à la venue de nouveaux migrants ou, au contraire, faciliter leur intégration et promouvoir le respect de leurs identités collectives. Le champ des migrations est aujourd'hui un des domaines politiques les plus contestés dans les démocraties libérales. Cet ouvrage se propose de comprendre l'organisation de cette politique protestataire et de rendre compte des mobilisations collectives qui ont été engagées dans les années quatre-vingt-dix en France et en Suisse. Nous verrons, et ce sera là la thèse centrale du livre, que la construction particulière de chaque Etat-nation a modelé une conception et un imaginaire de citoyenneté qui façonnent, aujourd'hui encore, les débats et les mobilisations politiques dans le champ des migrations. Ces conceptions collectives, qui définissent les contours symboliques de la nation, offrent aux acteurs politiques des ressources culturelles et des opportunités discursives qui facilitent-ou limitent-, leur entrée dans les débats publics. En comparant deux pays aux conceptions de citoyenneté distinctes, nous verrons que l'organisation de la politique contestataire de l'immigration en France et en Suisse est bien le reflet de la nation.
Extrait de l'introductionC'est Hortense Archambault, codirectrice du Festival d'Avignon avec Vincent Baudriller depuis 2004, qui a initié ma rencontre avec Ludovic Lagarde à l'occasion de sa mise en scène du Richard III de Peter Verhelst au cloître des Carmes en juillet 2007. Il s'agissait de théoriser la filiation entre la tragédie de Shakespeare et son adaptation flamande. De conversations à bâtons rompus en colloques, de répétitions en spectacles, entre Avignon, Paris et Reims, au théâtre comme à l'université, nous avons depuis échangé et collaboré de manière régulière, tissant des liens fructueux entre nos disciplines et questionnant en permanence nos points de vue. La nomination de Ludovic Lagarde à la direction de la Comédie de Reims en janvier 2009, où il a succédé à Emmanuel Demarcy-Mota, a été l'occasion de rassembler tous les fils conducteurs de nos entretiens pour tenter de reconstruire à partir de quelques points de repère significatifs son parcours de metteur en scène jusqu'à aujourd'hui.Cet ouvrage explore le travail du metteur en scène contemporain Ludovic Lagarde en s'efforçant d'articuler discours artistique et discours scientifique, qui interrogent tous deux différemment les objets auxquels ils s'intéressent. Si l'artiste prend un parti esthétique, l'universitaire quant à lui tente de comprendre comment fonctionne telle ou telle esthétique et pourquoi elle est produite dans un contexte donné. Pour cela, il neutralise son sujet, le transformant en objet d'analyse. Ce processus d'objectivation impose une mise à distance. Dans le cas présent, il m'a fallu m'extraire de la position de spectatrice fascinée par ce qu'elle voyait pour pouvoir adopter la posture un peu schizophrène d'observatrice extérieure et objective d'un parcours de théâtre dont je voulais mettre au jour les traits, récurrents ou isolés, et les enjeux. Comme le souligne l'universitaire Jean-Paul Gabilliet, dépassionner son objet d'analyse reste la plus grande conquête que le chercheur doit faire sur lui-même.
Une revue professionnelle de la facture instrumentale? Il en existe à l'étranger, mais en France, une revue généraliste sur ce thème n'a pas encore vu le jour. L'objectif principal est d'être utile, et d'abord aux facteurs et aux professionnels des métiers de la musique. Pour être atteint, cet objectif en implique d'autres; en premier lieu participer à la communication des facteurs avec leurs clients naturels, les musiciens, dont beaucoup réfléchissent sur leur instrument et en font profiter les facteurs, artisans comme industriels, accordeus-réparateurs comme distributeurs; ensuite, participer à la communication entre facteurs et spécialistes de tous ordres, scientifiques de toutes disciplines, économistes spécialistes de l'innovation et des métiers d'art, représentants des administrations, sans oublier ceux qui enseignent la facture instrumentale. (...) Dans l'idéal, la revue devrait se trouver bien placée dans l'étal de tous les magasins de musique, diffusant instruments, partitions, livres, disques, et dans les bibliothèques.
Imaginons un paysage de prothèses, imaginez. De la terre et des pierres, un arbre effondré, des trous. Le drame n'a plus lieu sur la scène, il est dans le décor-paysage : verre, métal, plastique. Comment dire mieux que l'espace se meurt. On entend une radio... " Un homme arrive sur une colline par une nuit d'orage. Il parle à un mannequin qui ressemble à une jeune fille, il parle à un roi mort, à un chien, à un duo comique, à un arbre, à des pierres. Il parle avec les objets, les animaux, les morts. Dans la terre, il trouve un séquenceur. C'est un dispositif numérique, une mémoire exacte qui permet d'enregistrer et d'ordonner les éléments dans une séquence. L'homme joue avec le séquenceur. Il s'abandonne dans le concert de sa voix enregistrée. L'enregistrement a pris la place de la vie. L'échantillonnage met la répétition au coeur du texte, entraînant une perte de sens et en même temps la reconstitution de quelque chose qui se souvient du sens dans les trous de la langue. La machine ne porte plus seulement la mémoire, elle la tord et l'explose. Le théâtre est envahi par ce qui refuse le théâtre : animaux, objets, machines.
FIGURES DE FEMMES / FIGURES SOCIALESL'histoire du théâtre se construit essentiellement autour de figures remarquables et rebelles qui ont marqué leur époque et dont la trace perdure avec le temps.Ce sont des auteurs, acteurs/actrices, metteur(e)s en scène ou théoriciens - existe-t-il des théoriciennes? - qui ont choisi la scène comme endroit d'expression pour exercer leur art. En France comme en Grande-Bretagne, le rôle des femmes dans la construction d'un parcours artistique original est relativement récent et s'inscrit dans l'histoire de l'émancipation féminine et sociale. Il s'agit d'une lutte de reconnaissance qui s'égrène tout au long des siècles et dont l'aboutissement n'est pas encore écrit. Le monde occidental pense s'enorgueillir d'une libération exemplaire, cependant les étapes demeurent provisoires, incertaines et les acquis constamment précaires. Si l'on perçoit le milieu artistique comme un endroit emblématique de la lecture d'une époque, les femmes n'y occupent qu'une place individuelle, souvent héroïque, mais inscrivent rarement leur présence dans des mouvements ou des dynamiques spécifiques. Si l'on considère le théâtre dans un raccourci panoramique quelque peu simpliste et subjectif mais révélateur, on peut brosser quelques rares parcours que l'histoire accepte de garder en mémoire.En France, il est notable que les comédiennes n'imposent leur présence sur scène qu'à dater de 1577, grâce à Catherine de Médicis et aux Italiens qui admettent les femmes dans leurs représentations de commedia dell'arte.
En 1998, Anne Bisang devient directrice de la Comédie de Genève. Cette nomination marque une rupture: Anne Bisang est femme, elle est jeune et n'a pas fait son apprentissage dans le réseau institutionnel. Rupture aussitôt transformée en perspective. Anne Bisang ne s?inscrit dans aucun lignage et si elle est choisie, c'est parce qu'elle est porteuse du meilleur projet. Plus d'une décennie plus tard, les actes témoignent mieux que l'être de l'irréversible mouvement donné à la plus grande institution théâtrale genevoise. La Comédie de Genève s'ouvre au monde dans tous les sens du terme, faisant vibrer l'essence éminemment politique du théâtre et la tradition cosmopolite de Genève. Intérêt pour la création internationale, développement des coproductions, résidences d'auteurs, commandes de textes, partage de l'outil de production avec les compagnies indépendantes, partenariats avec les autres institutions de la ville, mise en oeuvre d'une agora où se débattent les questions sociales d'actualité, gestion du théâtre comme lieu de vie, soutien à l'emploi artistique local et au vivier de jeunes acteurs... Journalistes, artistes, partenaires institutionnels, collaboratrices et collaborateurs d'Anne Bisang se font le choeur de cette aventure humaine.