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De la peur au terrorisme
Mannoni Pierre
CHAMP SOCIAL
20,00 €
Épuisé
EAN :9782905642820
La peur est de tous les temps, mais les événements politiques et sociaux contemporains en font une composante fondamentale de la vie moderne. Il y a bien sûr les habituels périls sous la forme des catastrophes naturelles, des accidents et des maladies épidémiques, toujours aussi présents dans l'environnement actuel. Mais l'homme moderne y a rajouté des dangers peut-être encore plus inquiétants, comme les menaces que son industrie et sa démographie font peser sur l'écologie, ou celles qui émanent de sa volonté de se forger et d'utiliser des moyens de destruction de masse. A cet égard, le terrorisme, susceptible du fait même de son développement " logique " de recourir à des armes non-conventionnelles à l'échelon international, représente le point d'incandescence auquel est porté la peur aujourd'hui. La peur reste encore et toujours à apprivoiser.
Les temps modernes sont remplis de bruit et de fureur. Il suffit de se mettre à l'écoute du monde à travers ces vastes chambres d'échos que sont les mass média et l'on est saisi par la multiplicité et l'ampleur des drames qui s'y jouent. Tous ces malheurs ont, à notre époque, un caractère d'autant plus aigu et difficile à supporter qu'ils sont marqués par un douloureux paradoxe. Alors que les décennies se succèdent, apparemment placées sous le sceau du progrès aussi bien dans les domaines scientifiques et techniques que philosophiques et moraux, les bouleversements dans les groupes comme dans les rapports intergroupaux se multiplient et précipitent des quantités considérables d'individus, quand ce ne sont pas des peuples entiers, dans ce qu'il faut bien reconnaître comme des affections pathologiques du lien social. Ces phénomènes morbides vont des diverses marginalités aux psychoses collectives en passant par la victimisation émissaire, le lynchage, le racisme, le sectarisme ou le terrorisme. Le but du présent ouvrage est d'identifier et d'analyser ces phénomènes morbides en recourant concepts et instruments d'investigation de la psychiatrie sociale et de la psychopathologie de la vie collective.
Tout ne fait pas événement ", écrit Boris Cyrulnik. C'est vrai, bien entendu. Mais lorsque celui-ci survient, il provoque des changements profonds et souvent irréversibles dans l'existence en cours. C'est à ce caractère déterminant qu'il se reconnaît, c'est-à-dire à sa capacité de remaniement de ce qui fait une vie d'homme : l'activité socioprofessionnelle, les projets, les relations aux autres et à soi-même. En somme, les événements de vie sont de puissants et incontournables modulateurs de l'existence de chacun, homme, femme ou enfant. C'est à partir d'eux que s'élabore et se déploie une trajectoire humaine. Au-delà donc de la multitude des petits faits qui tissent la trame du quotidien et qui restent de l'ordre de la banalité, vécus la plupart du temps sans laisser de trace, on comprend que certaines circonstances plus ou moins accidentelles, plus ou moins heureuses ou malheureuses, viennent jalonner l'histoire des individus ou des groupes et constituent ces moments clés à partir desquels l'existence humaine prend une orientation décisive et telle que rien de semblable n'aurait eu lieu sans cette rencontre particulière avec le " destin ". Ces moments clés qui orientent ou réorientent une vie particulière ou celle d'une collectivité sont d'une telle importance que la psychologie, science humaine par excellence, ne peut que s'y intéresser et tenter, avec les instruments à sa disposition, de comprendre comment l'homme est amené à se situer par rapport à ces événements de vie, tantôt agent et tantôt victime. Saisir les modalités d'apparition et les conséquences psychologiques et psychosociologiques de tels phénomènes sera donc le propos de cet ouvrage.
La psychopathologie collective est la science qui se donne pour objet les phénomènes morbides de groupes, les troubles de nature structurale ou fonctionnelle. Elle se reconnaît à l'émergence de la souffrance dans un groupe, familial ou social, dont l'auteur décrit les différents aspects.
La notion, récente, de "handicap psychique" est aujourd'hui à l'articulation des discours sur la folie, tant dans le domaine médical que dans les champs social et politique. Sa pénétration fulgurante, dans les pratiques professionnelles comme au sein des institutions, a rapidement modifié les perspectives en santé mentale, d'abord sous l'impulsion d'une certaine désespérance. Face à la radicalisation inhérente à la notion de "handicap psychique" et au déclin de la pensée psychiatrique et des modes de prise en charge en santé mentale, l'ouvrage propose de mettre en lumière le nid inextricable de paradoxes où se trouve la folie moderne, coincée entre l'urgence et la ségrégation, la nécessité et l'impossible.
Cette chronique institutionnelle d'un pédopsychiatre de province est un récit composé de différentes réflexions élaborées sur une période de vingt ans passés avec des enfants autistes et psychotiques dans le cadre du service public de psychiatrie. Tenir le pari de la durée avec eux est une des conditions de possibilité du soin en psychiatrie. L'idée de la musique est très proche de ces préoccupations psychopathologiques et thérapeutiques. Elle est référée au sentiment continu d'exister (Winnicott) dans la mesure où cet art de la voix et de ses représentants, les instruments de musique, se développe à partir de la temporalité et du rythme. Aussi, ces quelques textes sont-ils présentés selon une " logique " musicale. Après un prélude sur les rapports entre sensations et représentations, une première suite est tournée vers la fonction d'accueil de l'enfant selon ses différentes problématiques. En effet, il s'agit de l'accueillir de telle façon qu'il se sente attendu par le travail que ses parents auront fait à ce sujet, et dont nous mesurons tous les jours l'importance pour sa singularité. Comment donc être assez chaleureux pour lui indiquer l'intérêt que nous lui portons, mais assez à la bonne distance pour qu'il ne souffre pas d'intrusion ? La possibilité même de le soigner en dépend. Une deuxième suite aborde l'enfant par le biais de la clinique. Non seulement la clinique des livres de médecine qui est importante, mais aussi celle du signifiant, celle du message contenu dans le signe et celle du processus de sémiotisation. Enfin, un postlude reprend en un ch?ur final les articulations complexes entre le symbolique, les identifications et l'institutionnel.