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Mannekijn. Suivi de Porneia
Vossier Frédéric ; Danan Joseph
QUARTETT EDIT
12,00 €
Épuisé
EAN :9782916834078
Prostitution rentrée.Une mère vient rendre visite à sa lille qui entretient une relation sexuelle trouble avec un footballeur espagnol déchu, objet de toutes ses curiosités (à la mère). Voilà, sommairement résumé, le noyau actif autour duquel est construite la fable de Mannekijn.Tout triangle peut en cacher un autre. En voici un second, qui structure, à un niveau un peu moins immédiat, un peu reculé, la pièce: le footballeur, du temps de sa splendeur, avait épousé sous l'oeil des médias une ravissante actrice danoise, un mannequin (?) - Mannekijn -, qui le quittera «après avoir subi durant des années coups et blessures», non sans lui avoir donné des enfants. Cela s'appelle la famille. Chez Vossier, c'est toujours assez violent. Où est le triangle? Papa, maman, l'enfant. Dans le cas de la vie passionnelle et passionnée du footballeur, le triangle est estompé, brouillé par la pluralité de ces enfants qui ont fait «exploser le ventre» de l'actrice danoise, pulvérisant le troisième pôle (papa, maman et, en lieu de point, la nébuleuse des enfants), comme pour ne pas donner trop vite, trop clairement, la clé de lecture qui finira malgré tout par s'imposer.Cette clé, c'est un autre triangle primordial qui la donne, plus lointain encore (dans l'épaisseur de la fable), plus enfoui. Si le premier semblait "partir de" la mère, le second du footballeur, le troisième est sous le point de vue de la fille. Elle évoque un souvenir d'enfance. «Tu étais sur le point de m'avouer quelque chose», dit la mère, et la fille, poussée par la mère.
Ex-militante, arrêtée et torturée par le régime militaire, Anna retrouve son frère, lui-même un ancien militaire, pour vérifier que l'impensable a bien eu lieu. Souvenirs atroces de leur jeunesse, quand la dictature torturait et tuait.
Qui est Stanislas Nordey ? Il semblait important de tenter la rédaction d'un livre qui puisse faire la lumière sur un artiste aussi singulier, polémique, radical, démesuré et inclassable. Difficile de nier tout cela au regard de son esthétique, de son parcours, de ses choix de carrière et de textes, du nombre de spectacles créés dans une saison, de sa méthode et de ses engagements. Biographie, entretien, portrait, témoignage et essai théorique, comme un paysage à découvrir, à traverser et à explorer sur les traces de l'homme de théâtre, ce livre est une tentative de reconstitution pour raconter une vie de théâtre, une vie publique, donc forcément politique.
Dans une maison, un enfant est présent, avec dans la chambre à côté sa mère. On ne sait si elle dort, elle est absente — à elle-même, à la vie, à l'enfant. Bedroom eyes fait entendre la voix de l'enfant qui alterne le "je" et le "il". Elle dit la parole déchirée, qui avance avec des mots simples et ordinaires pour reconstituer l'événement de cet après-midi là. Une pièce sur la violence du silence.
Il peut exister, dans l'étendue, des formes de n'importe quoi. La forme de tout ce qui peut jaillir. Car la forêt s'élance. Je marche entre les arbres. La forme entre les arbres. Quelque chose bouge. Quelque chose pleure.
On s'est rencontrés à Vienne il y a quelques années, en plein hiver. Ou alors c'était le début du printemps. Mais Natacha avait la crève. On a passé pas mal de temps à discuter dans des cafés remplis de vieilles dames pomponnées. A discuter ou pas du tout. Pas mal de temps à marcher dans les rues de Vienne. Ou pas. Et puis, on a vu l'exposition des toiles de Munch. Natacha m'a demandé: tu as vu, toutes ces diagonales? Alors on a observé ces diagonales qui soutiennent portraits, cris et madones. Je n'avais lu qu'une seule de ses pièces, sans doute la plus connue, Mickey la Torche. Depuis, j'en ai découvert d'autres et je reçois un poème de temps en temps, au milieu de notre correspondance. A chaque fois, je suis saisi par la force et le tranchant de ses textes. Ne le prenez pas mal, mais je trouve toujours épatant les femmes qui n'écrivent pas comme des femmes, les femmes qui n'écrivent pas d'abord en tant que femmes. Un texte n'a pas de sexe. Ou alors, il en a au moins trois: mâle, femelle et poétique: la poésie est sexe tout entière, béance des mâles et saillie des femelles, dans tous les cas terriblement animale. Natacha de Pontcharra construit des mondes poétiques parmi les plus singuliers du théâtre contemporain: planètes rouges et noires, à la mélancolie poisseuse, où la nuit n'est jamais loin, où la mort s'entretient comme une arme de précision, dont on pourrait user n'importe quand, n'importe où, pour n'importe qui.
Résumé : J'ai vu les rassemblements sur les places. J'ai vu les premiers départs vers la forêt. La façon dont quelque chose basculait avec le plus grand calme. Chapeau, d'ailleurs, pour le calme. Pas évident, quand on nous prend à ce point-là pour des idiots ou des esclaves. J'ai bien vu comme en face ils perdaient leurs moyens. Plus personne à diriger. J'ai trouvé cette idée géniale, moi qui n'ai pas beaucoup d'idées. Ne pas casser la machine, mais la laisser tourner à vide. Quitter le jeu. Bien vu. Un peuple entier qui glisse entre les doigts, qui se fond dans une forêt. Un peuple entier qui tourne le dos. J'ai eu envie d'être quelqu'un de ce peuple. J'ai eu envie de vous aimer.
Un grain de figue raconte l'histoire d'une jeune femme, Juive d'Oran qui épouse son voisin espagnol. Mais elle s'est trompée d'amour, car elle aimait le jeune frère de celui qu'elle a épousé dans le feu de la jeunesse. C'est en somnambule qu'elle enfante un fils de cet homme, et qu'elle le suit loin de l'Algérie. C'est dans un demi-sommeil qu'elle se laisse porter dans une époque en guerre. Découverte et hésitations de l'amour, exil et maternité, lente disparition du goût de vivre, c'est tout ce qui est contenu dans un seul grain de figue égaré sous la langue.
Résumé : Cc n'est pas leur faute. C'est leur vie minable qui leur a tordu l'esprit. J'ai de la peine pour eux mais j'ai surtout de la peine pour nous. Maman a raison : l'amour c'est un boulet qui mord la cheville jusqu'à en faire de la pâté pour chien. On ne peut s'en débarrasser qu'en laissant courir ses jambes droit devant. Courons Gabi. Courons jusqu'à ce que nos têtes tournent enfin dans le sens qu'il faut.