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La Mort à Venise
Mann Thomas ; Tassel Dominique ; Valentin Jean-Mar
BELLES LETTRES
21,00 €
Épuisé
EAN :9782251457451
Dès sa parution, en cette année 1912 où l'esprit européen s'inquiétait déjà de sa décadence, La Mort à Venise fut saluée comme l'une de ces oeuvres rares par lesquelles une écriture prend place dans le grand concert de la littérature universelle. Il y avait là plus qu'un récit : une confession sublimée, un miroir tendu à l'âme moderne. Les transpositions ultérieures - l'opéra de Britten, le ballet de Neumeister, et surtout le film somptueux de Visconti - n'ont fait qu'éclairer la vérité essentielle de la nouvelle : la splendeur inégalée de son écriture. Venise y apparaît comme une invention esthétique, un décor suspendu entre la vie et le songe. Le monde extérieur y est tenu à distance, réduit à une rumeur. Les ruelles, les canaux, les silhouettes du petit peuple composent une toile de fond où le drame intérieur du héros se déploie dans toute sa nudité. Même Tadzio, l'adolescent polonais à la beauté ambiguë, n'est plus tout à fait humain : il est symbole, émanation d'un idéal ancien vers lequel se tend le regard épuisé d'un homme que l'art a déserté. Et qui est donc ce Gustav von Aschenbach, voyageur solitaire venu de sa Bavière natale ? Ni musicien, malgré le prénom qui évoque Mahler, ni prophète. C'est un écrivain qui s'est tu. Le monde, jadis transfiguré par sa plume, ne répond plus à son appel. Alors, dans la cité languissante, sous le vernis des splendeurs vénitiennes, il découvre, au coeur même de la beauté, l'inévitable décomposition. Paradoxe sublime : de l'impuissance naît la perfection, et dans la passion qui le consume, Aschenbach entrevoit l'essence cachée de son être - cette vérité intime que la rigueur du monde bourgeois lui avait ordonné d'oublier.
Les textes qui paraissent ici pour la première fois en français sont restés inédits ou introuvables, en Allemagne même, près de vingt ans après la mort de l'auteur. Si leur forme, leur ampleur et leurs sujets varient, de l'ébauche autobiographique à la polémique politique, en passant par le commentaire d'oeuvres ou la profession de foi, leur préoccupation centrale et presque constamment sous-jacente, c'est la condition malheureuse de l'écrivain allemand contemporain de Staline et de Hitler. L'esthète bourgeois et le piètre démocrate que fut d'abord Thomas Mann devient l'antinazi le plus résolu et le plus acerbe, au point d'être accusé de communisme au retour de son exil américain. Ces textes mal connus révèlent le grand écrivain sous un jour nouveau qui n'a rien d'inactuel.
Dans l'histoire de Joseph, vendu par ses frères aux Ismaélites qui l'emmènent en Egypte, c'est un admirable développement que nous donne Thomas Mann sur le thème de la jalousie et de la provocation. En effet, la prédilection que lui témoigne son père et l'élection divine qui se manifeste dans ses rêves, loin d'inciter Joseph à la modestie, semblent le pousser à une conduite d'enfant gâté. Revêtu du voile nuptial de Rachel, il parade devant ses frères qui, poussés à bout, le jettent dans une citerne. C'est grâce à l'intervention de Juda qu'il en réchappe, et, tandis que Jacob le croit mort, il prend le chemin de l'exil. Comme dans Les Histoires de Jacob, la faveur divine se double ici de la punition des fautes. Avant que la prédiction s'accomplisse, l'initiation sera longue et douloureuse. Mais une autre initiation commence dans ce livre, celle qui conduira Joseph de l'adolescence à l'âge d'homme. Les luttes et les affrontements avec ses frères, les fils de Lia, les fils des servantes, qui tantôt s'allient, tantôt se disputent, dessinent une évolution au terme de laquelle il se retrouvera seul. C'est ce parallèle entre les voies de Dieu et l'infinie diversité des êtres qui donne à ce livre la profondeur où l'on reconnaît l'art de Thomas Mann.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. A cinquante ans, l'avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d'observation et un talent d'écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture : c'est un premier jet qu'on lit sur le vif. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face à l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, ne cessera plus de fustiger "le Vieux". Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Croisées au Palais de justice, les figures du barreau, souvent têtes d'affiche de la politique, deviennent familières. Maurice Garçon connaît tout le monde, est de tous les grands procès, des dossiers criminels aux affaires politiques. Ses plaidoiries érudites ont fait de lui, dès avant guerre, un avocat littéraire, voire mondain, futur académicien. Toute une galerie de personnalités en vue défile dans ses pages, écrivains, peintres, comédiens, éditeurs. Nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante.
Résumé : Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Résumé : "Ce livre parle avant tout d'amour : le grec ancien a été l'histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie. Peu importe que vous connaissiez le grec ou non. Si c'est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d'apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons. Si ce n'est pas le cas, c'est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à remplir. Qui que vous soyez, cette langue recèle des manières de s'exprimer qui vous permettront de vous sentir chez vous, de formuler des mots et des idées qui ne trouvent pas d'expression exacte dans notre langue." Le grec est une langue géniale : voici neuf bonnes raisons d'en tomber éperdument amoureux.