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Mémoires d'outre siècle. Tome 1, D'une résistance à l'autre
Mandouze André
VIVIANE HAMY
29,50 €
Épuisé
EAN :9782878581034
Ces Mémoires sont la démonstration resplendissante que l?engagement se vit au quotidien, s?exerce au quotidien, se remet en cause au quotidien. Aussi lumineuse que son mari, Jeannette Bouissou (qu?il a épousé en 1940), la « compagne-compagnon » de cette vie d?engagement et de résistance, n?éprouve aucun doute quant à la victoire de l?esprit et de la vie, puisqu?elle assume allègrement sept maternités sans qu?aucune ne soit prétexte à choisir le confort et la sécurité au prix d?un quelconque silence ou de la moindre compromission. En 1941, en zone sud ? à Bourg-en-Bresse où il est professeur de première ?, le cinéma de la ville projette le film de propagande Le Juif Süss; Mandouze, avec un collègue et accompagné de quelques élèves va manifester devant la salle de cinéma; il est emmené au commissariat. C?est d?une certaine façon l?entrée en résistance de l?homme avec toutes ses composantes: le Français, le professeur, l?éducateur, le mari, le père de famille, l?homme de gauche, le chrétien porté par une foi vivante et indéfectible, pour qui l?amour du Christ se conjugue avec l?amour de l?homme, celui du faible contre le plus fort, celui qui a besoin d?une vie spirituelle et non pas seulement du confort petit-bourgeois, celui pour qui les notions de « Liberté, Égalité, Fraternité », résonnent dans leur sens le plus fort, non perverti. « Je me suis donc trouvé automatiquement, si je puis dire, diffuseur du premier numéro du Témoignage Chrétien paru en novembre 1941, France, prends garde de perdre ton âme, puis bientôt responsable départemental de la diffusion de TC dans le Var. » (A. Mandouze) Début de 1943, c?est la rencontre avec le Père Chaillet, créateur et fondateur de Témoignage Chrétien, dont il devient très vite le directeur adjoint, puis rédacteur en chef des Cahiers du Témoignage Chrétien clandestins. Il convaincra le Père Chaillet que T.C. doit continuer après la Libération, et c?est lui qui en assumera la rédaction en chef, lui qui en fera un journal moderne d?où sortiront plusieurs générations de très grands journalistes. En 1946, le débat sur l?opportunité de collaborer avec les communistes l?oppose de plus en plus à ceux pour qui il n?y a aucun dialogue possible entre « ceux qui croient au ciel et ceux qui n?y croient pas ». Il donne sa démission du journal. Il s?embarque alors pour l?Algérie, sans savoir que commence ainsi cette « deuxième résistance », contre le colonialisme qui humilie les hommes plutôt que de les élever. Il y séjournera jusqu?en 1956, s?engageant totalement aux côtés des Algériens et du FLN. Il signera le Manifeste des 121, connaîtra la prison pour « trahison envers la patrie », sera une des bêtes noires de l?OAS. Sa générosité, son sens de la « fraternité » lui ont très tôt fait comprendre quelles seraient les solutions pour éviter la guerre. Las! Après l?indépendance, il retournera en Algérie en tant que directeur de l?enseignement supérieur et y restera cinq ans. À l?heure actuelle, avec la main mise des intégristes sur le pays, il est hors de question qu?il puisse y remettre les pieds sous peine d?assassinat. Pourtant, on a donné son nom à l?une des montagnes autour de Tipaza, où il avait si souvent emmené ses étudiants pour faire du « latin et du ski », et du « latin et de la natation ».
A gauche toute, bon Dieu ! " Ce sous-titre du présent volume de ces Mémoires ne doit pas être pris comme une réaction d'ordre rhétorique à la triste conjoncture du printemps 2002. Dès 1998, l'appel avait été lancé par l'auteur, non pas comme simple défi à une droite alors déliquescente, mais d'abord comme une impatiente exhortation faite à une gauche dont la pluralité l'empêche d'aller assez loin, mais aussi en direction d'une Eglise si souvent indigne de son Dieu. A vrai dire, ce qui va sans doute ressortir du rapprochement de l'" autre siècle " pourtant à peine effleuré ici, c'est l'insupportable parallélisme entre ce qu'un siècle, sur sa fin, a tout fait pour cacher et ce que le suivant n'a encore aujourd'hui rien fait pour reconnaître. Qu'il s'agisse en effet de la " collaboration " entre 1940 et 1945, ou de la guerre d'Algérie, entre 1934 et 1962, ces deux tristes périodes n'ont en fait donné lieu ni à un véritable règlement des responsabilités coupables des gouvernants au cours du XXe siècle, ni à une suffisante réparation rétrospective des sanctions avant frappé les " résistants " qui ont indiscutablement sauvé l'honneur dans les deux cas. Résultat : le passage du XXe au XXIe siècle ne cesse de mettre au jour toute une série de " retards de mémoire " dont les interférences subtilement entretenues continuent à masquer les racines de ces négations radicales de l'homme que sont racisme et intégrisme. Scripta manent. N'oublions pas que André Mandouze est d'abord un latiniste inséparable d'un historien. Quitte à les mettre à l'épreuve en ne leur faisant grâce d'aucune des citations (de lui-même et des autres) qu'il a accumulées pour que " restent des écrits " capables de justifier des vérités si longtemps cachées, il compte sur le courage de ses lecteurs pour s'associer à cette austère forme de littérature qui l'a fait ainsi, pour finir, devenir mémorialiste.
Guillon Jean-Marie ; Vidal-Naquet Pierre ; Mandouz
Paul-Albert Février, professeur d'Histoire romaine à Alger, puis à Aix-en-Provence, mort en 1990, était l'un des grands spécialistes de l'Antiquité chrétienne et de l'Afrique romaine. Provençal d'origine, Méditerranéen convaincu, il s'était pris d'une passion lucide pour l'Algérie entre 1959 et 1962, au moment de la guerre. Il avait été envoyé dans la région de Sétif comme soldat. Il y est revenu comme archéologue. Il a laissé des lettres, qu'il adressait à ses parents, et des cahiers. Il raconte, souvent avec humour, observe avec précision, analyse avec clairvoyance. L'ensemble est exceptionnel. Paul-Albert Février s'est trouvé plongé dans l'abjection ordinaire, celle d'un centre de tri et de transit (CTT) où il a été affecté comme secrétaire. Les faits sont là, le système - l'humiliation, la bêtise, la torture - est précisément démonté. Il en rassemble les données recueillies en cachette dans un rapport qu'il adressera à sa libération à la Croix-Rouge internationale. Il témoigne alors de l'engagement d'un chrétien vrai vis-à-vis de musulmans qu'il considère en frères, dont il sait gagner la sympathie, dont il parvient à comprendre les attitudes et les espérances et qui le lui rendent bien lorsqu'il les retrouve au moment de l'indépendance. Le récit est donc immédiat, il court sur plusieurs mois, d'abord entre avril 1959 et février 1960, puis, surtout, de novembre 1961 à septembre 1962. Il dit les joies, les souffrances, les révoltes et les doutes d'un intellectuel chrétien engagé, sur les événements et les hommes, à des moments cruciaux du conflit. C'est aussi un document d'histoire culturelle de première importance, avec le cheminement d'un historien aux idées fermes, modelé par les questionnements des Annales, les réflexions d'un dévoreur d'essais et de textes littéraires, et les prières d'un homme de foi. Ce que l'on découvrira surtout, ce qui donne à ce dossier un prix supplémentaire, c'est une personnalité d'une qualité humaine rare.
L'intérêt de ce recueil, suscité par le premier centenaire de Jacques-Paul Migne en juillet 1975, dépasse de loin les circonstances d'une telle célébration. Une première partie est consacrée à l'étude des Pères de l'Eglise avant les grandes Patrologies grecque et latine de l'abbé Migne, soit celle qui produisit des patrologies semblables (P. Petitmengin), soit celle marque par le contexte de la Réforme (J. Boisset), soit enfin celle du XIXè siècle (J. Leflon, G. Cholvy). La seconde partie de l'ouvrage offre des aperçus neufs sur les principales formes d'activité de Migne en son temps, son journalisme (P. Pierrard), sa lutte contre les idées gallicanes (B. Noël), son oeuvre d'éditeur surtout (C. Savart, M. Chalon, P. Brasseur). A cette oeuvre majeure est encore consacrée la troisième partie. Celle-ci s'ouvre sur une étude, documentée de première main, au sujet des collaborateurs des deux Patrologies grecque et latine (A. Hamman). Elle se termine par une analyse fort éclairante de la traduction latine que la Patrologie de Migne propose pour la Vie d'Antoine par Athanase d'Alexandrie (P . Force). La quatrième partie apporte des élcairages complémentaires dont le plus remarquable aide à situer Migne dans son enracinement local et à saisir les vertus natives de sa personnalité (J. Fouilheron). Le volume a été préparé sous la direction de André Mandouze (Université de Paris IV-Sorbonne) et de Joël Fouilheron (Université de Montpellier III).
Enzo, 13 ans, fugue de sa banlieue natale pour rejoindre son grand frère Greg. C'est l'été, il fait beau et la campagne s'ouvre à Enzo, généreuse et omniprésente. Depuis qu'il a coupé les ponts avec sa mère, Greg vit dans une caravane au milieu d'une décharge rurale. Il connaît cette douleur qu'éprouve Enzo et il va le recueillir le temps d'un week-end. C'est, pour Enzo, le plaisir simple d'être ensemble. C'est la rencontre avec Ninon qui "fréquente" , Charline, la petite amie de Greg, Sofiane l'optimiste, Eddy au tatouage tribal... C'est le bonheur des premières fois, loin d'un quotidien fait de jeux vidéo et de sordides indifférences. Soleil de juin explore les méandres de l'adolescence et décrit à merveille ces pas de côté nécessaires à toute prise de conscience. Une parenthèse bucolique et lumineuse, avec ce sentiment que le bonheur est à portée de main
Résumé : Tuân a quarante ans. Malgré le froid de l'hiver, il se promène dans la forêt de Chantilly avec l'espoir d'assister à la floraison des premières jonquilles. Lentement, il se laisse envahir par les souvenirs enfouis de son enfance indochinoise... S'il reste persuadé d'avoir été " presque parfaitement heureux jusque l'âge de douze ans ", Tuân a cependant été très tôt confronté au mystère effroyable de la mort. Ses parents sont tués une nuit par des voleurs, qui ont eux-mêmes été jugés et sauvagement pendus en présence de l'enfant de sept ans. Recueilli par son grand-père qu'il adore, le petit garçon va développer un goût pour la poésie et un amour immodéré pour la langue française : " En classe, les leçons étaient données en qu?c ng? et en français. " Mais l'aïeul, lui aussi, décède. Il est alors recueilli par l'une de ses tantes, Cô Anh. Et en 1954, il assistera, impuissant, au départ de sa tante et de ses enfants ? notamment Tiên, sa jeune cousine tant aimée ?, contraints de suivre leur mari et père, qui a décidé de rejoindre l'armée populaire. Si l'emploi de la langue des " colonisateurs " fait de lui, aux yeux de son oncle, un " traître à la patrie ", ils signent aussi sûrement son destin : son amour de la langue française et de la poésie de Gérard de Nerval sera son viatique, son talisman. Elle le soutiendra, elle sera son refuge, au coeur des pires atrocités qu'il vivra et rencontrera en traversant son pays déchiré par la guerre, puis par la partition d'un Viêt Nam exsangue. Hoai Huong Nguyen nous fait les témoins de la renaissance lumineuse de Tuân, grâce à la force éphémère des fleurs, les résonnances d'une langue avec ce qu'il y a de plus intime chez l'être humain, la vertu de la poésie, même la plus sombre. Avec une perpétuelle oscillation entre le passé et le présent, évoquant l'enfance comme les pires horreurs de la guerre, serti de haïkus, Sous le ciel qui brûle, qui convoque les plus subtils parfums du Viêt Nam, est une ode bouleversante à la langue française et à la puissance vitale et régénératrice des mots.
Yoram Leker est l'un des descendants du "train Kasztner" . Rezso Kasztner, pour certains, c'est l'homme qui a vendu son âme au diable. Pour d'autres, c'est un héros : ils ne lui doivent rien de moins que la vie. L'Ame au diable prend comme fil rouge l'affaire Kasztner, du nom de celui qui parvient à sauver 1684 juifs quand les déportations commencèrent en 1944 en Hongrie et qui fut condamné plus tard en Israël pour l'avoir fait. Avec humour et truculence, le narrateur déroule une saga familiale foisonnante sur plusieurs générations. Qu'il s'agisse de sa mère, l'exubérante Csillu, rescapée de Bergen-Belsen, ou de Tamàs, le cousin "à la mode de Kolozsvar" , éternel optimiste devant l'inéluctable, les personnages de Yoram Leker symbolisent la vie dans toute ce qu'elle a de tragique et de merveilleux, à la manière des grands contes yiddish.
A sept ans, je n'étais sûre que d'une chose : que tout peut basculer d'un instant à l'autre, que rien ne dure. -J'aurais donc eu tout lieu d'être terrorisée, apathique, repliée sur moi-même, blindée face à ce qui se passait autour de moi. C'est heureusement l'inverse qui se produisit. Je voyais la vie comme une aventure extraordinaire, dont il ne fallait pas perdre une miette en se voilant les yeux et qui réservait toujours, au tournant du chemin, quelque chose d'inattendu, d'incroyablement terrible, ou de terriblement incroyable. Niki, qui vient de mourir, raconte l'histoire de sa famille. D'une jeunesse privilégiée à la clandestinité, du Moyen-Orient aux villes grecques, Niki, c'est aussi l'histoire d'une femme libre, façonnée tour à tour par les drames et les joies du XXe siècle. Une fresque flamboyante et absolue, faite d'espoir, de vengeances, de batailles et d'amour.
Une synthèse vivante et novatrice sur l'affrontement franco-allemand de 1870-1871. Si les images de la guerre de 1870-1871 ont fortement imprimées les consciences, la réalité et les enjeux de ce conflit demeurent méconnus. Pour éclairer cette matrice des affrontements franco-allemands consécutifs, Alain Gouttman a réouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie militaire allemande, la Commune de Paris et la réaction versaillaise... Se faisant, l'auteur resserre les liens qui unissent des événements trop souvent étudiés de manière disparate et propose une vision totale du conflit.
Dreyfus Alfred ; Dreyfus Lucie ; Duclert Vincent ;
Résumé : Innocent du crime de haute trahison dont on l'accuse et condamné à l'issue d'un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l'île du Diable, le capitaine Dreyfus s'est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894. Son courage face à l'effondrement de son existence et à l'enfermement s'exprime tout entier dans les lettres qu'il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l'éloignement et l'épreuve inhumaine de la détention. L'écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour. La violence de l'Etat quand il s'acharne sur un innocent et menace ses défenseurs, l'antisémitisme déclaré qui saisit l'opinion publique et pervertit la République, la confiance inébranlable d'un couple en la justice de son pays, l'honneur et la solidarité de toute une humanité : dans ces lettres retrouvées, tout résonne avec notre siècle.
La cour de France n'est pas morte avec l'Ancien Régime. Au contraire, elle n'a cessé de renaître de ses cendres et de se métamorphoser sous les quatre rois ? Louis XVI, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe ? et les deux empereurs ? Napoléon 1er puis Napoléon III ? qui ont occupé le pouvoir de 1789 à 1870. Ecrit à partir de nombreuses archives inédites, ce grand livre raconte la vie quotidienne des souverains successifs et de leurs courtisans. D'une plume alerte, l'auteur transcrit leurs voyages, leurs fêtes et représentations publiques, mais aussi le coeur de leur intimité, à la fois au zénith de leur apogée puis dans la brutalité de leur chute. Charles-Eloi Vial explique enfin la permanence d'une tendance à l'enfermement et d'une volonté politique d'ouverture, paradoxe fondateur de la cour et plus largement de la vie politique nationale.
Résumé : Jusqu'à l'été 1914, trois prestigieuses familles tiennent les rênes dans la vieille Europe : les Romanov en Russie, les Habsbourg en Autriche-Hongrie et les Hohenzollern en Allemagne. Les années qui précèdent l'attentat de Sarajevo voient une succession d'évènements dramatiques auxquels les membres de ces familles étroitement apparentées participent tout à tour. Liens de famille et politique se cotoîent et se téléscopent, laissant surgir des figures légendaires au c?ur du cataclysme : le tsar Nicolas et sa femme Alexandra, le Kaiser Guillaume II, François-Joseph, François-Ferdinand, puis Charles le dernier empereur d'Autriche. La révolution russe de 1917 sonne leur glas avant la défaite de 1918 qui les entraîne dans la mort ou dans la débâcle. On retrouvera ici avec bonheur la clarté des explications et la fougue du conteur exceptionnel.