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L'eau mate
Manciet Bernard
ESCAMPETTE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782356080905
Une psalmodie lointaine venue de la lande et des pins invite un homme à s'enfuir. On ne sait rien de lui. Il se perd dans une nature tour à tour hostile et bienveillante. Il devient lierre, sa peau se fait sable, le soir l'efface. Il se met à bramer. Dans le temps dilaté des métamorphoses, son coeur de bête manque de s'arrêter net. Au milieu d'une nature souveraine et luxuriante, le fuyard finit par se fondre et trouver une forme de paix. Récit archaïque, comme surgi d'un autre temps, animé d'un souffle sauvage, L'Eau mate, à l'instar de Les Saisons ou de L'Invention de Morel est de ces textes inclassables et prodigieux. Publié pour la première fois à L'Escampette en 2007, il fut vite épuisé. Nous sommes fiers d'en proposer à nouveau la troublante et nécessaire lecture. Stéphane Emond, libraire.
Manciet, né en 1923, construit une ?uvre poétique dont on commence à mesurer l'importance. Son écriture extraordinairement précieuse, nourrie des grands poètes baroques, est portée par le souffle des grands mystiques, celui des psaumes, de Bossuet, d'Hölderlin. Per el Yiyo (Pour le Yiyo), est un hommage à José Cubero (né en 1964), torero tué dans l'arène en 1985. Créé à Bordeaux, puis à Paris dans le cadre du Festival d'automne. Bilingue gascon-français, accom-pagné de peintures de l'auteur.
Résumé : Bernard Manciet est né en 1923. Après différents voyages, il a décidé de faire des Landes où il habite "son lieu fondamental de poésie", et a choisi le gascon comme moyen d'expression privilégié. Son écriture, portée par le souffle des grands mystiques, celui des Psaumes, de Bossuet et d'Hölderlin, et empreinte de spiritualité, est attentive à dégager un sens profond du territoire qu'elle explore, comme Giono ou Faulkner ont su le faire.
Deux personnages à l'orée du monde des hommes. Des marginaux, des braconniers, des déserteurs ? Ils font corps avec la nature sauvage où remuent les bêtes. Ils finiront traqués par des dangers innommés. Tués peut-être. Un récit implacable où flamboie l'écriture superbe de Manciet ! C'est un des grands textes de Manciet. En voici la version définitive. La graphie occitane en a été entièrement revue par Guy Latry.
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Christian Seguin, grand reporter au journal Sud Ouest, a accompli un voyage en Chine, au moment des Jeux Olympiques. Il y a rencontré, non pas une multitude, mais des individus, des gens de milieux sociaux, culturels ou générationnels très divers ; des gens des villes préoccupés par les cours de la bourse ou les débouchés possibles de leurs études ; des gens des campagnes confrontés aux catastrophes naturelles ou dépositaires des secrets de la culture des meilleurs thés ; bref, il a rencontré les Chinois, tout simplement, loin des clichés et des idées reçues. Le petit miracle tient en ceci : ces pages écrites dans un contexte très professionnel, dans l'urgence et sous la pression de l'obligation, composent, réunies sous cette forme, beaucoup plus qu'un document, un vrai livre de littérature par la grâce d'un rare talent d'écrivain, et par un ton qui est la marque de Christian Seguin. ll faut aussi parler de l'humour et de la tendresse qui innervent tout le livre, de cette faculté d'être en empathie avec son interlocuteur qui donne à un portrait brossé par Christian Seguin une proximité très saisissante, même s'il vient à interviewer des sélénites...
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.
Juste avant que nous repartions, du seuil / de cette maison qui désormais va rester vide je regarde au loin un arbre dans le vent, / comme si des déplacements successifs / aussi brusques que brefs / faisaient soudain scintiller / toutes les écailles d'un banc de poissons sous les grands frissons de l'air. / Mais je ne sais quelle métaphore je cherche. Ce n'est peut-être que la mort en mouvement qui ne sort jamais de la vie. / Dans l'absence de vent elle est tapie. / Dans leur balancement brusque les feuilles ne font que de dérisoires morsures / à la face immatérielle de ce qui nous souffle.