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Avec une légère intimité. Le concert d'une vie au coeur du siècle
Malraux Céline ; Malraux Madeleine
LAROUSSE
23,45 €
Épuisé
EAN :9782035861498
7 avril 1944Il y a trente ans, soit un minimum de 22 000 heures d'immersion musicale (à raison de deux heures par jour, et Dieu sait qu'il y en a bien plus), je naissais, petite madeleine bien en chair dans la ville que l'on dit rose. Une part de mille-feuille (faiblesse avouée à ma mère à l'âge soi-disant divin dont, c'est regrettable, on ne se souvient pas), un verre de mousseux - point trop n'en faut (je suis «embarazada», comme le roule et le siffle Mme Rosario, la gardienne), le sourire forcé de mes parents, résigné de ma soeur Anne-Marie, absent de mon beau-frère Paul, touchant de mon neveu Charles. Eh bien, c'est ce que l'on nomme une petite fête de famille, mais j'ajouterais: sans grande joie (à moins que ce ne soit un pléonasme, auquel cas je le retire, mais le sarcasme ne me sied pas). Je m'appelle Madeleine Lioux (ou devrais-je dire Malraux? Je n'ai pas encore meublé mon nom d'épouse, donc je n'y habite pas encore). «Pianiste et professeur des classes supérieures, conservatoire de Toulouse», fanfaronne mon père à qui lui prête une vague oreille. «Félicitations, Hippolyte», lui répond-on le plus souvent. Je l'admets, j'ai longtemps aimé que mon père soit fier de moi. Ce carnet est neuf et vieux tout à la fois. Il date de mes années de pension à Paris! La colle tient encore les pages bien serrées à la reliure, que j'ai recouverte de feutre rouge. Sur sa couverture de carton épais, j'ai collé le début de la partition de la Toccata de Poulenc, comme un manifeste pour le courage et la vitalité. Je commence ce journal pour combler l'absence, la carence de mon seul amour, Roland. J'écris ces lignes pour ne pas étouffer. Jusqu'à présent, mon piano me nourrissait et m'abreuvait dès que ma source principale s'éloignait. Maintenant, j'ai besoin d'écrire.Autour de mon ventre rond, sous lequel pousse notre enfant, il y a ce grand creux indéniable, ce vide vertigineux qui me fait peur. J'ai tant de prières à dire et personne vers qui me tourner. Faites que mon bébé ne souffre pas au creux de ma chair crispée et qu'il dorme, lui (ou elle?), toutes les nuits que je passe seule frissonnant aux côtés de l'angoisse. Roland et moi nous sommes quittés il y a bientôt trois semaines, à la sortie du train qui nous faisait fuir Paris et ses uniformes vert-de-gris. J'entends encore le coup de fil nous annonçant l'arrestation de Claude. Impossible de rester plus longtemps rue Lord-Byron. Nous avons tout laissé, sauf la grande malle de cuir noir pleine de faux papiers et d'armes, sous le piano, et sommes partis dès la nuit tombée, en vélo-taxi, direction la gare... À la concierge, nous avons dit que nous partions pour quelques jours. Roland est descendu à Brive-la-Gaillarde alors que je poursuivais jusqu'à Toulouse. Nous nous sommes dit au revoir si rapidement! Je revois son sourire, son regard appuyé en me quittant. Sa main glissant l'air de rien sur mon ventre. Il avait du «travail» dans la région et m'a appelée dès le lendemain matin. Il était prévu que je le rejoigne, le week-end suivant, à Brive, mais j'attendais son coup de fil de confirmation, le vendredi soir... Roland, pourquoi ne m'as-tu pas appelée? Il s'est passé quelque chose et je ne sais rien. Dans deux mois, notre enfant sera là. Roland, ce journal sera notre sanctuaire. La sarabande que je joue en pensant à toi. La trame de ces moments qui nous ont été volés et dont je ne veux rien oublier - moi qui ne vis plus qu'à moitié - pour te les raconter en détail.15 avril 1944Croiser toutes ces têtes habituelles, ici, me flanque un cafard à vous rendre neurasthénique. Têtes insipides parce que bien-pensantes. Je donne encore quelques leçons de piano à la maison. Sans grand enthousiasme, mais, au moins, je pense à autre chose. Comme il me paraît loin, le temps des demi-semaines à Toulouse avec mes bonnes élèves du conservatoire, le reste du temps à Paris avec mon tendre Roland. Mon Ausweis en main (la ligne de démarcation était à Vierzon), je prenais le train (souvent de nuit), à la rencontre de l'une de mes deux passions. Malgré la présence des Allemands, je voyageais sans ennuis. C'était hier, ou presque.(...)
Résumé : Il était son neveu et est devenu son fils adoptif. Alain Malraux, le fils de Madeleine, a grandi auprès de ce père, homme de génie au parcours exceptionnel, militant antifasciste aux écrits inoubliables, résistant, ministre emblématique de De Gaulle. Il a ainsi côtoyé les plus grands esprits de son temps : Romain Gary, Françoise Sagan, Jacques Chirac, Jacqueline Kennedy et autres écrivains, musiciens, artistes célèbres en leur temps. A travers eux, c'est une époque qui revit, qui se dessine, celle des années 60 et 70. Des anecdotes personnelles, des impressions, des moments uniques ressuscitent sous une plume alerte et enlevée une époque charnière, un homme d'exception, un cercle intellectuel unique.
Résumé : Victoire se demandait ce qu'elle devait faire des croyants. S'ils pensent aller au paradis, faut-il accélérer leur ascension ou au contraire prolonger la conscience qui leur est peut-être un grand bonheur de leur cheminement vers la sortie. "Tout dépend de leur état, conclut-elle, ce qui compte, c'est de ne pas souffrir. Enfin, de ne pas laisser souffrir, c'est presque pareil. Notre métier, c'est prendre le relais de Dieu. Le comble pour une athée comme moi ! On nous demande d'aller contre la fatalité de la vie quand elle n'est plus qu'une ombre, contre celle de la mort quand on peut encore la regarder de haut, contre celle de la souffrance quand la chimie lui est opposable. On nous demande de juger en notre âme et conscience, d'administrer le bon geste mais personne, personne ne peut savoir qui a raison ou qui a tort. Dans notre monde, il y a les vivants et les mourants. Autant de différences parmi les premiers que parmi les seconds..."
Qu'avaient vu, jusqu'en 1900, ceux dont les réflexions sur l'art demeurent pour nous révélatrices ou significatives, et dont nous supposons qu'ils parlent des mêmes oeuvres que nous [...] ? Deux ou trois grands musées, et les photos, gravures ou copies d'une faible partie des chefs-d'oeuvre de l'Europe. [...] Aujourd'hui, un étudiant dispose de la reproduction en couleurs de la plupart des oeuvres magistrales, découvre nombre de peintures secondaires, les arts archaïques, les sculptures indienne, chinoise, japonaise et précolombienne des hautes époques, une partie de l'art byzantin, les fresques romanes, les arts sauvages et populaires. [...] nous disposons de plus d'oeuvres significatives, pour suppléer aux défaillances de notre mémoire, que n'en pourrait contenir le plus grand musée. Car un Musée Imaginaire s'est ouvert, qui va pousser à l'extrême l'incomplète confrontation imposée par les vrais musées : répondant à l'appel de ceux-ci, les arts plastiques ont inventé leur imprimerie."
Le phénomène du harcèlement moral est aujourd'hui dans tous les esprits. Il participe aux peurs de notre époque et de notre société, particulièrement individualiste, rivale et violente. Est-il un prétexte à une nouvelle chasse aux sorcières ou un véritable fléau? Qui sont les bourreaux et qui sont les victimes? Quel est donc ce mal? Ce livre, illustré d'exemples vécus, a pour objet de clarifier ces notions, d'appréhender le harcèlement moral et la perversité tant dans le couple que dans l'entreprise, et de permettre aux personnes concernées de trouver des réponses aux questions, parfois urgentes, qu'elles se posent.
Résumé : Comédie de caractères et farce dans la pure tradition du genre, l'Avare est aussi une satire subtile de la bourgeoisie au XVIIe siècle. Avarice et tyrannie d'un père, dissimulation, misère matérielle et morale du foyer : l'ambiance chez Harpagon n'est pas gaie ! Mais voilà que par ses deux enfants l'amour entre dans la maison. Dans leur course au bonheur, Cléante et Élise apprendront la désobéissance, assistés par le valet La Flèche : ils y gagneront leur indépendance.
Le sultan Schahriar, déçu par une première femme adultère, a décidé d?épouser l?une après l?autre les jeunes filles de son royaume, pour les exécuter le lendemain de la nuit de noces. Mais Schéhérazade, en lui racontant des histoires qui ne se terminent jamais, va l?obliger à différer encore et toujours la sentence de mort. Le lecteur des Mille et Une Nuits se retrouve donc dans la même posture que ce despote passionné, charmé par la belle conteuse? devenue par la suite l?un des grands mythes de la littérature.Les autres contes de ce recueil : « Histoire du pêcheur », « Histoire du roi grec et du médecin Douban », « Histoire du mari et du perroquet », « Histoire du vizir puni ».
Figure universelle du panache français, Cyrano est un héros complexe. Orateur redoutable mais aussi poète, coriace avec ses ennemis mais fraternel avec ses amis, épris de beauté mais affligé d'un nez monumental, cet as de l'épée est amoureux de sa cousine Roxane, qui. hélas. aime ailleurs : le beau Christian a conquis son c?ur. Tel est le trio que met en scène cette comédie héroïque en forme de drame romantique. La farce y côtoie la tragédie et le destin fatal des personnages s'accomplit sur fond d'imposture.
Parce qu'il a choisi la révolte plus que la révolution, Albert Camus (1913-1960) nous a laissé une oeuvre toute de netteté et d'"affirmation visible", éclairée par le soleil de son Algérie natale. Toujours à l'écoute des événements de son temps, il n'a jamais oublié de rappeler à l'homme ses vraies valeurs. Acteur de son époque, il n'a jamais cessé de raconter la beauté du monde. Essayiste, dramaturge, romancier, journaliste, il a obtenu en 1957 le prix Nobel de littérature. Porteur d'un humanisme sans illusion ni mensonge, il croit en la puissance de la vérité. Raisonnant avec son coeur, il n'en cultive pas moins une conscience exigeante. Refusant tous les dogmes, il plaide pour une innocence de l'homme et un monde solidaire. En un mot, il est plus que jamais notre contemporain nécessaire, et son oeuvre nous parle d'aujourd'hui.
« N'allez pas croire que j'aie foi en une amélioration prochaine de l'humanité, ce visqueux monstre aux mille têtes. Mais ne s'améliorera-t-elle pas, l'humanité, que si l'on cesse de lui répéter qu'elle a emprunté quelque voie mystérieuse, alors qu'elle ne fait vraisemblablement que s'entortiller autour de son propre axe ? Allez, l'"illusion" fait partie intégrante de la mixture magique de l'existence. »Né à Vienne, Stefan Zweig (1881-1942) a peut-être souffert de sa trop grande renommée qui l'a mis à l'écart du monde littéraire. Cet écrivain tourmenté et secret, acharné de travail, a élaboré une oeuvre multiple entre nouvelles, romans, biographies et théâtre. Ce voyageur qui se décrivait avant tout comme un Européen a vu ses deux autres identités d'humaniste et de pacifiste voler en éclats dans l'horreur du monde nazi. Réfugié au Brésil, il se donnera la mort avec sa femme en 1942.
Résumé : "Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix". Qui est Homère ? A-t-il seulement existé ? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui ? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon ?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.
Résumé : Parti à l'aventure en Asie à vingt-deux ans, prix Goncourt avec La Condition humaine à trente-deux, héros de la lutte antifasciste dans l'entre-deux-guerres, chef d'une escadrille d'aviateurs pendant la guerre civile espagnole, ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle, romancier, essayiste, orateur de génie... André Malraux (1901-1976) eut plusieurs vies, comme les chats qu'il aimait tant. Flamboyant, révolté mais hanté par la mort, il a traversé son siècle et sillonné le monde, avide de grandeur et de beauté. Fascinant et agaçant, pudique et ambitieux, fraternel et secret, Malraux fut l'artisan de sa propre légende et s'inventa un destin. On a souvent dit que sa vie était sa plus belle oeuvre. Et si ses livres étaient plus grands encore ?