Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Autour de moi et la main. Correspondance
Mallarmé Stéphane ; Valéry Paul ; Jarrety Michel ;
FATA MORGANA
22,00 €
Épuisé
EAN :9782851949974
Un jeune homme perdu au fond de la province, à qui de rares fragments, par hasard découverts en des revues, ont permis de deviner et d'aimer la splendeur secrète de vos oeuvres, ose se présenter à vous. Il croit que l'art ne peut plus qu'être une étroite Cité où règne la Beauté solitaire. Il désire se joindre, avec son rêve personnel, aux quelques amants de la chasteté esthétique. Ainsi commence cette adresse tout en retrait du jeune Paul Valéry à son Maître, Stéphane Mallarmé. Parmi ces rares lettres, jusqu'ici jamais publiées, Valéry entrevoit la poésie comme "une explication du Monde délicate et belle, contenue dans une musique singulière et continuelle" et libérant au passage le poète "du pesant secours des banales philosophies, et des fausses tendresses" . Chaque lettre est un appel pudique et solitaire. Nous publions les lettres inédites de Paul Valéry et les réponses de Stéphane Mallarmé.
Né à Paris en 1842, bureaucrate, puis professeur d'anglais en province, Stéphane Mallarmé regagne Paris en 1871 où il devient le chef de file de la génération symboliste et l'ami des peintres impressionnistes. Il est mort à Valvins (en Seine-et-Marne) en 1898.
Mallarmé, pour gagne-pain, avait choisi l'emploi de professeur d'anglais. Plus d'un de ses anciens élèves vit encore, dont aucun, que je sache, n'a retiré de ses leçons des fruits certains? L'enseignement des langues, il y a cinquante ans, n'était point ce qu'il est: il admettait, par-ci par-là, la méthode approximative. Le premier maître que j'ai eu, dans mon collège de province, était un brave homme borgne, qui n'avait, de son oeil unique, jamais vu un Anglais de sa vie. La prononciation s'en ressentait. Je m'assure que les choses ont beaucoup changé depuis lors. Les rapports de Mallarmé avec sa fonction étaient difficiles. Toutefois, avant qu'il se soit dépris jusqu'au dégoût de sa besogne professionnelle, Mallarmé avait prononcé quelques tentatives d'accommodement avec la pédagogie. Il eut l'idée de composer quelques ouvrages destinés aux personnes qui veulent apprendre l'anglais. Il pouvait s'en promettre un double avantage: d'abord, celui d'accroître un peu ses ressources; ensuite, il pensait exposer ses vues personnelles sur la langue anglaise et une certaine méthode pour en acquérir la connaissance.", Paul Valéry, 1937.
De tous les poètes du XIXe siècle, Mallarmé - mort il y a tout juste cent ans - est sans doute celui qui s'est le plus tôt et le plus durablement identifié à la destinée de la poésie moderne, une destinée qu'il a vécue comme une aventure intellectuelle et spirituelle hors du commun et qui a fait de lui un pur héros de l'esprit, un chercheur d'absolu : «tout au monde existe pour donner forme à un beau livre».Nul poète n'a plus simplement et a plus simplement et plus radicalement posé la question primordiale de l'écriture, c'est-à-dire de la nature, mais aussi de la raison d'être de ce qui est d'abord, à ses yeux, un acte, et par là même une façon d'être au monde : «Sait-on ce que c'est qu'écrire ? Une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du c?ur.».
La coquetterie littéraire n'a point sa place ici. De cette attente "avant que l'horizontalité ne l'emporte sur tout le reste" , de cette agonie d'un homme sur le point de mourir, du quotidien d'un malade sans protection dans ce qu'il a de plus désarmant, décrits avec un prosaïsme délibéré, il ne reste que l'essentiel : une odeur evanescente ou une sensation diffuse.
Dans cette nouvelle inédite d'Henri Thomas, le personnage échappe à son auteur et au carcan de l'intrigue pour vagabonder parmi les souvenirs que lui remémorent le ciel maussade et la mer grise de la petite ville côtière où il séjourne et à travers les fantasmes que lui inspirent la tenancière de l'hôtel et ses voisins de chambre.
Au coeur de cette Agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l'écrasement de la civilisation d'oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de ré? exions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent ? : "La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ? ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs".