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De la structure autistique et des faux autistes
Maleval Jean-Claude
PU VINCENNES
21,00 €
Épuisé
EAN :9782379245732
La dissolution de la notion d'autisme, passée en quelques décennies d'une pathologie gravissime à une identité valorisante, appelle une approche plus rigoureuse contribuant à cerner l'émergence contemporaine des faux autistes. En quelques décennies, l'autisme est passé d'une pathologie grave à une identité valorisante dont Einstein et Gould sont devenus bien à tort les figures emblématiques sur Internet. Cette évolution brouille considérablement la recherche contemporaine. Face à l'absence de biomarqueurs et aux imprécisions des critères comportementaux, ce livre propose une approche novatrice : appréhender l'autisme comme une structure subjective originale qui persiste toute l'existence. La psychanalyse structurale met en lumière comment la rétention initiale des objets pulsionnels (voix, regard) entraîne une acquisition non sociale du langage, avec des conséquences spécifiques sur l'affectivité et la cognition. Cette perspective permet d'esquisser une épure de la structure autistique et révèle pourquoi Einstein et Gould ne sont pas autistes. Fait remarquable, les préconisations pratiques issues de cette approche convergent avec celles des méthodes développementales comme l'approche cognitive de Mottron et le SCERTS Model de Prizant. Jean-Claude Maleval est psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause freudienne, membre de l'Association mondiale de psychanalyse et professeur honoraire de psychologie clinique. Il est notamment l'auteur de Logique du délire (Masson, 1997), L'Autiste et sa voix (Seuil, 2009), Ecoutez les autistes (Navarin, 2012), Etonnantes mystifications de la psychologie autoritaire (Navarin, 2012) et Repères pour la psychose ordinaire (Navarin, 2019).
Souligner l'existence d'une logique inhérente au délire ne passe plus aujourd'hui pour un paradoxe: la thèse freudienne selon laquelle il constitue une tentative de guérison n'est pas ignorée. Un paradoxe subsiste pourtant, rarement soulevé, il réside dans la conviction, presque unanime, selon laquelle ce travail auto-thérapeutique doit être contrecarré, réduit. jugulé. À l'encontre de cette approche, ce qui est proposé ici constitue un plaidoyer pour un respect et un accueil du travail subjectif à l'oeuvre dans le délire. Il ne s'agit certes pas de prétendre qu'il faille le favoriser au nom d'une nouvelle mouture de l'anti-psychiatrie ou du surréalisme. Il convient seulement de prendre au sérieux la découverte freudienne dans son approche du délire. Il faut à cet égard cesser de la couper du trésor clinique recueilli par la psychiatrie classique pour rendre intelligible une intuition lacanienne peu exploitée concernant l'existence d'une "échelle des délires". Dès lors, plutôt que de morceler l'étude du délire en diverses formes indépendantes, plutôt que de privilégier un moment, nous invitons à sa saisie globale, considérant qu'une prise en compte de toutes les phases de son évolution constitue la condition du dégagement de sa logique. Il s'agit ici de renverser la perspective, en mettant l'accent sur une dynamique inconsciente et non sur des déficiences de la pensée. La possibilité d'appareiller la jouissance du sujet par le langage est la condition du délire. Il y trouve le fondement de ses ressources. S'opposer au bénéfice que certains psychosés tirent de ce travail peut conduire à verser dans l'acharnement thérapeutique. L'éthique de la psychanalyse doit non seulement inciter à respecter les complexes productions défensives du paraphrène, issues d'une longue et difficile élaboration, mais elle doit surtout ouvrir la possibilité d'accueillir le délire dans le cadre de la cure. En-dehors de celle-ci, quand le sujet s'engage sur la progression de l'échelle logique des délires, on peut constater que s'accentue un travail défensif d'atténuation de l'angoisse. Il témoigne des ressources créatrices dont dispose le sujet de l'inconscient. La spécificité de la clinique psychanalytique en résulte. Celle-ci se situe dans un champ épistémologique autonome nettement différenciable de la clinique neurologique toute entière consacrée à l'étude de déficits psychiques. En un temps où certains placent l'avenir de la psychanalyse dans la neurobiologie, il n'est pas inutile de souligner l'incompatibilité du travail du délire avec des modèles explicatifs issus de la clinique neurologique. Cette troisième édition est non seulement revue, mais enrichie de plusieurs chapitres par rapport aux précédentes.
La psychose interroge. Elle inquiète : on préconise des protocoles sans même écouter les patients... L'enseignement de Lacan sur la structure psychotique et la notion de psychose ordinaire donnent une boussole. L'auteur relève les nouages originaux qui caractérisent la psychose ordinaire, un mode qui trouve ainsi à se stabiliser. Quand manque un serre-joint au noeud du réel, du symbolique et de l'imaginaire, des phénomènes élémentaires perturbent le sujet. Il s'agit de repérer des signes discrets révélateurs d'un nouage restauré, bien que non borroméen, permettant un arrimage dans le lien social. Nous découvrons ici nombre d'inventions des sujets pour suppléer à la fonction paternelle : création d'un sinthome, étayage sur une identification, raboutage de l'ego, orientation sur un fantasme, etc. ? suppléances que favorise et soutient l'analyste. La clinique de la psychose ordinaire débouche sur l'égarement de la jouissance contemporaine.
Trois récentes épidémies de troubles mentaux ont été induites par des psychothérapeutes américains: enlèvements extra-terrestres, sévices subis dans l'enfance, troubles de la personnalité multiple. Comment ces théories rocambolesques ont-elles pu trouver créance et avoir parfois des vertus curatives ? Ce livre savant, divertissant et polémique, détaille aussi les excès des techniques cognitivo-comportementales, prêtes à tout pour rendre chacun conforme au mythe de l'homme normal Quels sont les artifices utilisés pour les préconiser ? Jean-Claude Maleval explique les pouvoirs de la suggestion, qui sont au principe de toute psychothérapie. Conmient s'y retrouver ? Il trace une ligne de démarcation radicale entre la psychothérapie autoritaire et les psychothérapies relationnelles, ces dernières ayant des points communs avec la psychanalyse.