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René Maran. Entre poétique du sujet et discours colonial
Malela Buata B.
HERMANN
30,15 €
Épuisé
EAN :9791037038616
Etre écrivain français durant l'ère coloniale s'insère dans l'ordre social et le questionnement du sujet. Le parcours, la poésie, les fictions et essais de René Maran en témoignent. Son discours sur l'intériorité fait état de la désillusion ontologique qui, à partir de la Belle Epoque, donne à voir une manière d'être poète-écrivain. Ce dernier constitue l'authenticité en mantra esthétique et politique à même de se formaliser dans des combustions affectives. Son discours sur l'extériorité problématise le souci de la vérité et de la sincérité à travers l'esthétique vériste. Celle-ci aide à l'examen de sa représentation de l'écosystème et de la géoculture coloniales. Comment cette double part, intérieure et extérieure, se figure-t-elle dans sa posture d'écrivain français, dans sa poétique du sujet et son discours colonial, tout en participant à la bibliothèque coloniale ? C'est cette question qui, dans ce livre, commande l'approche relationnelle de l'interprétation de l'ensemble de l'oeuvre de René Maran en fonction de son contexte d'énonciation.
L'écrivain afrodescendant francophone de la première décennie des années 2000 se réinvente pour reconsidérer la question du sujet qui lui est éminemment contemporaine. Son interrogation manifeste ses multiples postures dans le monde intellectuel et leur traduction littéraire dans ses romans entre 2000 et 2012. Comment son discours romanesque fi gure-t-il le sujet dans le discours social et s'adonne-t-il à la réflexivité qui le clôture sur lui-même ? Comment joue-t-il sur la représentation paratextuelle pour tenir un point d'équilibre entre les attentes de la sphère de production restreinte et large ? L'écrivain francophone se renouvellet-il dans le contemporain ou est-ce le contemporain qui le réinvente ? Pour s'essayer à toutes ces questions, cet ouvrage examine l'ordre temporel et symbolique au début des années 2000, avant d'étudier le questionnement du sujet dans les productions romanesques qui semblent se réajuster à la posture de l'écrivain francophone à l'ère de la mondialisation et de l'hyperindividualisme.
La littérature mondiale, les arts, l'histoire, la politique se sont enrichis de plusieurs oeuvres et auteurs qui désormais viennent de différents lieux de la culture. Ils sont dotés d'un capital social et culturel différent de celui en oeuvre dans les métropoles. Ils intègrent dès lors des problématiques issues directement des marges, en terme aussi bien géographiques que thématiques et se forgent un langage dans les langues comme le français, l'espagnol, le créole et l'anglais. Fort de ce constat, il s'agit de se demander comment la notion de marge peut être pensée dans l'esthétique littéraire et artistique, et envisagée dans une perspective multifocale, qui peut réintégrer la dimension postcoloniale et décoloniale dans les analyses. On comprend alors la présence, dans cet ouvrage, d'une double conception : la marge envisagée comme objet et la marge envisagée comme sujet. La marge se constituet- elle en objet que l'on peut comprendre dans un triple rapport spatio-temporel, discursif et pratique ? Buata B. Malela est maître de conférences en littérature francophone à l'université de Mayotte et chercheur associé à l'université libre de Bruxelles. Ses recherches portent sur les littératures francophones, la théorie de la littérature et les cultures populaires. Gérald Désert est enseignant de langue et civilisation hispanique à l'université des Antilles. Ses recherches portent notamment sur la littérature mexicaine et les relations entre musique et littérature. Hans Färnlöf est maître de conférences en littérature française à l'université de Stockholm. Ses recherches portent sur les formes courtes et les questions de la représentation littéraire du réel, la sémiotique du texte et la production littéraire.
Le présent ouvrage examine l'évolution du fait littéraire de l'archipel des Comores dans le contexte culturel de l'océan Indien et de la postcolonie. A travers une analyse de l'oralité, de la poésie et de la prose fictionnelle, cette histoire littéraire met en lumière la manière dont ces formes captent et interrogent l'identité narrative, sociale et performative du sujet comorien, influencé par des dynamiques locales et globales, notamment postcoloniales. Ce panorama éclaire les voix de l'archipel qui abordent des problématiques telles que la transmission historique, les liens entre mémoire collective et construction subjective, les enjeux sociaux et politiques, ainsi que la compréhension des structures de pouvoir et l'imaginaire dérégulé dans leurs productions littéraires. Comment ce corpus comorien s'intègre-t-il à une francophonie plurielle, affirmant à la fois sa proximité et sa singularité avec ce monde culturel ? Comment participe-t-il activement au dialogue global sur les défis contemporains - tels que la question du sujet, le brutalisme - et enrichit-il la scène littéraire mondiale ?
L'autrice française Belinda Cannone, à travers sa perception de la relation à soi et à l'autre, entend " converser avec le monde " dans ses écrits (non-)fictionnels qui, de ce point de vue, interrogent plus généralement le sujet alors à redéfinir comme une intériorité. Cet essai se demande comment, entre 1990 et 2019, Belinda Cannone assure pratiquement cette prise en charge du sujet dans ses oeuvres qui évoquent de multiples expériences dont le conformisme, le sentiment d'imposture, le féminisme, le désir, la nature, l'émerveillement et bien d'autres choses encore. Comment ces concepts s'articulent-ils avec sa manière d'être écrivaine et intellectuelle impliquée dans un champ littéraire français pourtant affecté par la tradition du nouveau ? Cette même tradition qui l'amène à être infidèle à la pensée de l'histoire littéraire, tout en même temps et paradoxalement, tenterait-elle de répondre du présent par ce biais détourné ? Comment la critique littéraire et médiatique accueille-t-elle son oeuvre à concevoir comme une conversation permanente avec soi, l'autre et le monde ?
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.