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Art et existence
Maldiney Henri
KLINCKSIECK
27,90 €
Épuisé
EAN :9782252034255
Qu'est-ce donc enfin qu'une oeuvre d'art, enfin... dès l'origine? Parmi tous ces ouvrages qui prétendent à l'art, qu'est-ce qui fait le départ entre le propre et l'impropre? Voilà la question de granit, en dehors de laquelle toute esthétique est fuyante. L'art est irréductible et inaccessible à tout critère scientifique ou sentimental - comme l'existence. De même que l'existence, au sens non trivial, est une faille dans la trame du destin, même historique, l'art est une faille dans le réseau de tous les systèmes, logiques, symboliques ou culturels. De cette faille qui sépare infiniment l'étant de l'existant, l'effet de l'événement et le signe de la forme, l'oeuvre d'art est à la fois l'ouverture et le franchissement. Un événement - avènement est une déchirure dans la connexité de l'étant; et de cette déchirure l'art est le jour. Qu'une oeuvre d'art soit peinture ou sculpture, architecture ou poésie, le Rien, le Vide en est l'origine, le milieu et l'issue. Elle n'est pas objet. Elle existe: hors-soi, en soi, plus avant. Ce livre entend le montrer à partir des oeuvres elles-mêmes, en acte
Surgissez bois de pins ! Surgissez dans la parole !" Appelant choses et mots à venir paraître au jour de l'existence, c'est entre ces choses et ces mots, dans les mots eux-mêmes que se cherche la poésie de Francis Ponge qui, du parti-pris des choses à la rage de l'expression, aura tenté le plus extrême : oser dire. Le plus extrême, car extrême est toute parole qui, prenant son inspiration de l'appel muet des choses, veut les dire, veut, leur répondant, co-naître avec elles au monde. Mais comment dire la chose sans faire d'elle un objet mort ? Comment se rapporter à la langue sans en figer le lexique en un système pré-construit de significations qui n'ouvre rien du monde qu'il entend décrire ?
L'aître, nous dit le Littré, est, dans une église, "ce corps avancé qui précède le portail", ce vestibule par lequel il nous faut accéder afin d'entrer dans l'imposant édifice. Avant d'habiter la langue en laquelle nous pensons, nous faut-il en passer par ses aîtres, lesquels, s'ils ne sont eux-mêmes la demeure, nous y donnent accès. Une langue, en effet, ne se parle usuellement qu'en nous imposant son état construit, et le plus souvent, intentionnel. Or, tout l'enjeu de cet ouvrage, publié pour la première fois en 1975, consiste à méditer, en deçà de la logique de la signification établie, son état pré-construit, son moment d'ouverture par lequel elle surgit à l'état naissant, forte de cette lucidité puissancielle qui la rend inventive et proprement pensante. En méditant le rapport du verbe et du temps, l'instance du parfait dans la langue philosophique grecque ou encore la puissance comme l'impuissance du logos dans l'ensemble de ses acceptions, les trois études qui composent cet ouvrage ont pour vocation de nous rendre attentifs à ce qui, nourrissant toute signification, n'en relève pas encore.
Penser l'homme et la folie : dans ce recueil d'études où s'est condensée, au fil des dernières années, sa réflexion, Henri Maldiney se propose de penser ensemble l'énigme de l'humanité et l'énigme de la "catastrophe" qui survient à certains d'entre nous. Double décentrement de la pensée, qui la met à la fois hors de l'anthropologie, fût-elle philosophique, et de son envers dans les théories psycho-pathologiques. Double décentrement où s'éprouvent donc au mieux la tradition philosophique et en particulier celle qui est issue de Heidegger et la tradition de la Daseins-analyse et de la Schicksalsanalyse, telle qu'elle est représentée par Binswanger, Straus. Minkowski, von Weizsücker et Szondi. Dans une démarche authentiquement phénoménologique, où il s'agit de retourner à la "chose même" de l'humain et de la folie, de penser en va-et-vient de l'énigme à penser à ce qui en a été dit, Henri Maldiney dégage, par sa conception toute nouvelle de la transpossibilité et de la transpassibilité, une "compréhension" globale du phénomène humain qui le rend moins intraitable que par le passé. Le "séisme" de la folie, montre-t-il, vient d'un énigmatique court-circuit de la transpossibilité et de la transpassibilité, qui est seul propre à les mettre véritablement en relief comme la dimension profonde et cachée de notre expérience : celle de l'"événement" ou de l'émergence du nouveau, de la surprise de l'inattendu. La transpassibilité est une "possibilité" qui nous excède, en ce qu'elle fonde toute possibilité pour nous d'exister, parce qu'elle est en deçà de tout projet, transpossibilité de l'accueil - et de l'accueil transpassible -, y compris de l'accueil par nous-mêmes, de nous-mêmes. "Le réel répète Henri Maldiney comme un leitmotiv qui traverse tout l'ouvrage-, est toujours ce qu'on n'attendait pas".
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.