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Un bateau pour l'Argentine
Makouchinski Alexeï ; Jurgenson Luba
LOUISON EDITION
24,99 €
Épuisé
EAN :9791095454106
Le roman d'Alexeï Makouchinski est une biographie imaginaire de l'architecte Alexandre Vosco, né à Riga en Lettonie avec le siècle et établi à Paris après la défaite des armées blanches (militaires ayant combattu le pouvoir bolchévique en Russie de 1918 à 1922). Le livre se présente comme une enquête sur la vie de cet architecte que le narrateur rencontre à la fin des années 1980, lorsque le rideau de fer séparant l'URSS de l'Occident se fissure. Effectuée au gré de découvertes et de rencontres, sur une toile de fond contemporaine qui renvoie à l'expérience de la "quatrième vague d'émigration", celle qui quitte la Russie dans les années 1990-2000, cette enquête constitue aussi une réflexion sur la création littéraire. Cette tentative d'investigation quasi archéologique s'accompagne d'une appropriation progressive du passé par un ex-soviétique en quête d'une mémoire historique effacée dans son pays. En effet, Alexandre Vosco a traversé les deux guerres mondiales, il est également dépositaire de l'expérience de l'exil, expérience mise en abyme par son long séjour en Argentine. Si, ayant émigré, il n'a pas vécu la terreur stalinienne en Union soviétique, cette page de l'histoire sera en revanche visitée à travers l'histoire de son meilleur ami, Vladimir Grave, retrouvé par hasard sur le vapeur qui voguait vers l'Argentine en 1950. Vladimir Grave, lui, a vécu le cauchemar des années trente en URSS. Il a également été témoin des exactions commises par les Soviétiques comme par les nazis. Sa fille est morte de faim pendant le blocus de Leningrad. Un des héros de ce livre est, sans conteste, l'architecture contemporaine, qui, par le biais de superbes métaphores, permet de mieux comprendre le monde. Nourri de réflexions sur l'histoire et la mémoire (Walter Benjamin, Hannah Arendt), et de l'héritage littéraire européen, ce roman original et envoûtant répond à la carence de mémoire dont souffre la culture russe contemporaine. Il est aussi, pour le lecteur français, un plongeon dans l'atmosphère parfois oubliée de la France de la fin des années 80 et des années 90, décrite avec humour et dans un style irréprochable.
Qu'y a-t-il de commun entre le naufrage du Titanic, un singe en jupe rouge, la pyramide de Cestius à Rome et une tentative de république dans une ville cossue de Russie en 1918 ? Eh bien c'est la poésie et toute la culture européenne qu'Alexeï Makouchinski interpelle et combine avec ses réflexions et ses souvenirs personnels pour en faire des récits denses et originaux, dans le style particulier qui lui a valu les plus prestigieuses récompenses en Russie ("Russkaïa Premia" en 2014 pour Un bateau pour l'Argentine).
Le thème de la décadence est souvent présenté comme central dans l'oeuvre cinématographique de Visconti. Vincent Petitet prend le contre-pied de cette idée - qui est peut-être bien une idée reçue - préférant insister sur l'effervescence des pulsions et la sensualité des épidermes. Il brosse ainsi le portrait de Visconti en infatigable chasseur qui observe, traque, tranche et prélève ce qui satisfait ses visions d'artiste. Ses acteurs n'en ressortent pas indemnes, dressés au génie ou condamnés à la disparition.
Eté 1966. Bob Dylan entre en dissidence de sa propre dissidence en refusant d'être le guide de sa génération. Vivant jusqu'alors en roue libre — Like a Rolling Stone — l'artiste, ébloui par le soleil d'un petit matin neuf à Woodstock, après trois nuits passées sans sommeil, zigzague sur sa moto et chute sur l'asphalte déjà tiède. Blessé aux cervicales, le chanteur est hospitalisé. Bientôt sevré de la drogue, il se met au vert dans les environs de New York, à Byrdcliffe. Donné pour mort, absent médiatiquement, cherchant à tout prix à fuir la célébrité pour honorer son mariage et devenir un bon père, Bob Dylan amplifie malgré lui sa légende. Nicolas Comment suit à la trace cet homme de vingt-sept ans en lutte contre son double. Au fil des pages, passent d'autres garçons sauvages, tels Brian Jones, Allen Ginsberg, The Band, Jimi Hendrix, ainsi que les silhouettes élancées de quelques femmes d'exception : Edie Sedgwick, Sally Grossman, et surtout, la "Dame aux yeux tristes des basses terres" de Blonde On Blonde : Sara. Pour elle, pour ses enfants, Dylan tente d'échapper à la "Société du Spectacle" au moment où il en devient un des mythes, par son absence même.
Résumé : Novak Djokovic n'est pas un tennisman, c'est un un prêtre. La balle, c'est le diable que les deux adversaires se renvoient en espérant qu'elle ne revienne plus de leur côté. Sur le court, le Serbe a l'air de flotter, tel un merveilleux nuage baudelairien au-dessus des drames historiques de son pays. La Yougoslavie était une grande nation sportive ; aujourd'hui la Serbie continue d'occuper les stades - peut-être est-ce cela qu'on appelle la Grande Serbie. En 2022, coup de théâtre : non vacciné contre la Covid-19, Djokovic est interdit de tennis comme on est interdit de jeu. Le pourquoi et le comment de cet événement dramatique au retentissement mondial pourrait se résumer en un mot : refus. Le refus de se soumettre.
Orsted Sauzet Mikkel ; Tchekhov Anton ; Zagoulaïef
Ennemis est l'adaptation d'une nouvelle de Tchekhov parue en 1887. Dans la nouvelle de l'écrivain russe, le docteur Kirilov vient de perdre son fils de huit ans quand un homme sonne à sa porte et lui demande de le suivre immédiatement, afin de porter secours à sa femme. Il insiste tant et tant que Kirilov finit par accepter, mais c'est pour s'apercevoir, une fois arrivé chez son riche solliciteur, que la " mourante " a disparu. Tout cela n'était qu'une mise en scène pour éloigner son mari et lui permettre de s'enfuir avec son amant... Le vaudeville heurte le tragique. Si Mikkel Orsted Sauzet suit cette trame narrative, il situe l'histoire dans un futur indéterminé où les rapports sociaux se sont encore durcis et les inégalités creusées. Son roman graphique illustre la réplique du docteur Kiritov au mari trompé : " Vous vous êtes habitué à ne considérer les médecins et tous les travailleurs en général, dont les personnes ne dégagent aucun parfum délicat, que comme des êtres inférieurs ". Le parallèle avec l'époque contemporaine, où les " travailleurs essentiels " mobilisés pour faire face à la pandémie sont peu considérés, est évident. Tchekhov a-t-il jamais été aussi actuel ? Mikkel Orsted Sauzet semble penser que non.
Résumé : Ce sont les récits des dix dernières années. Parmi eux, des oeuvres très développées, telles que La Salle n° 6, Trois années, etc., que gouverne toujours l'irrésistible simplicité tchékhovienne. Même lorsque se sent l'influence du théâtre - La Maison à Mezzanine aurait pu faire une excellente pièce, et le cinéma a "visualisé" sans peine La Dame au petit chien -, subsiste la règle d'or de la discrétion et de la vérité.
TOME I : André Kolossov - Les Trois portraits - Un Bretteur - Le Juif - Pétouchkhov - Mémoires d'un chasseur - Le Journal d'un homme de trop - Trois rencontres - Moumou - L'Auberge de grand chemin - Deux amis - Les Eaux tranquilles - Une Correspondance - Jacques Passynkov - Roudine. Appendice : Le Bureau particulier du domaine.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.
Boulgakov travailla jusqu'à sa mort au Maître et Marguerite. Le roman parut dans la revue Moskva en 1966-1967, amputé d'un bon tiers, pour cause de censure. Il fut néanmoins le grand événement littéraire de la période du «Dégel». Les Russes furent sidérés d'y découvrir une représentation à la fois délirante et plus vraie que nature de la réalité soviétique dans laquelle ils étaient encore plongés, et qu'ils avaient fini par ressentir comme plus ou moins «normale». Ils furent, aussi, incroyablement fiers de ce livre vite reconnu comme un chef-d'oeuvre, et dont on propose ici une nouvelle traduction - la première depuis plus de trente ans. Les théâtres, les comédies, les coulisses et les plateaux sont présents dans Le Maître et Marguerite comme dans les deux autres romans retraduits pour cette édition : La Vie de M. de Molière et Mémoires d'un défunt (Roman théâtral). Boulgakov était un passionné de théâtre. En partie inédites en français, ses oeuvres dramatiques - drames, comédies satiriques ou d'anticipation, pièces sur Molière ou sur Pouchkine -, viennent logiquement compléter ce volume. Sans oublier Batoum, pièce de commande sur la jeunesse de Staline, finalement non agréée par la maître du Kremlin. Une fois de plus, Boulgakov avait écrit «pour son tiroir» ; le Choix de correspondance qui clôt le volume révèle les conditions dramatiques dans lesquelles il composa l'une des plus grandes oeuvres de notre temps.La Vie de M. de Molière - Mémoires d'un défunt - À ma secrète amie - Le Maître et Marguerite. Théâtre : Les Jours des Tourbine - L'Appartement de Zoïka - L'Île pourpre - La Fuite - Adam et Eva - Béatitude - Alexandre Pouchkine - La Cabale des dévots - Ivan Vassilievitch - Batoum - Choix de correspondance suivi de THÉÂTRE (?UVRES, II)