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De Perec etc., derechef. Textes, lettres, règles & sens
Magné Bernard ; Beaumatin Eric ; Ribière Mireille
JOSEPH K
28,01 €
Épuisé
EAN :9782910686468
Ce livre est un hommage aux travaux de Bernard Magné, dont l'apport décisif dans les études perecquiennes est aujourd'hui unanimement reconnu. Perecquien, ce volume l'est à plusieurs titres : par le choix des auteurs, par la nature des contributions, dont la plupart sont consacrées à où inspirées de Georges Perec, et par leur diversité. On trouve an sommaire: les noms de proches de Perec, d'écrivains ou artistes ayant collaboré avec lui on dont l'?uvre témoigne de préoccupations communes, et ceux de plusieurs générations de spécialistes de littérature française. Ainsi, listes et autres contributions à dimension ludique y côtoient allègrement l'érudition la plus pointue. Les analyses arpentent les quatre champs que Georges Perec lui-même disait avoir cultivés: autobiographie ("un travail sur la mémoire"), interrogation sociologique ("comment regarder le quotidien " ), ludisme (un "goût prononcé pour les contraintes et les prouesses "), romanesque ("l'envie d'écrire des livres qui se dévorent à plat ventre .sur son lit "). Elles sont l'occasion d'un retour sur les outils de lecture développés par Bernard Magné, d'une mise en écho avec d'autres ?uvres clés de la modernité (Sterne, Hergé, Queneau, Roussel, Barges, Barthes etc.) ou d'une interrogation sur certaines pratiques esthétiques actuelles. Cet ouvrage est dirigé par Eric Beaumatin, co-fondateur avec Bernard Magné de l'Association Georges Perec, et Mireille Ribière, co-éditrice avec Dominique Bertelli des deux volumes d'Entretiens et conférences de Georges Perec parus chez Joseph K.
Avec le recul du temps, l'œuvre de Georges Perec a trouvé sa place dans la littérature. Unanimement tenue pour majeure, elle reste soumise à deux lectures parallèles, que deux figures de l'écrivain pourraient symboliser : l'oulipien, l'orphelin. Ici le virtuose des contraintes, là le scrutateur attentif d'un passé traversé par " l'Histoire avec sa grande hache ". Ce livre propose une approche où tous les textes tissent des réseaux de formes et de sens récurrents. Ce sont les aencrages qui, en même temps et d'un même geste, organisent les structures de l'œuvre et disent, de manière indirecte, oblique, inattendue mais incontestable, l'histoire de l'écrivain. A la fois traces graphiques (encrages) et repères autobiographiques (ancrages), ils s'entrecroisent selon d'étranges parcours. Voici, en 128 pages, une tentative d'inventaire de quelques-uns de ces lieux d'aencrages perecquiens.
Récit en une seule longue phrase, d'une quête improbable: l'obtention d'un entretien avec un chef de service fuyant devant les demandes d'augmentation. Première version d'un texte à l'origine de la première pièce de l'écrivain, L'augmentation
Temps Noir publie un important dossier consacré au roman policier sous l'Occupation. Michel Chlastacz propose une étude générale sur l'édition des livres et fascicules policiers des années 1940-1944 qui, malgré les difficultés du moment, n'a jamais cessé d'alimenter les kiosques et les librairies. Hervé Bismuth mène une réflexion sur l'évolution du discours "masculin" dans la série des aventures de San-Antonio. Benoît Tadié, spécialiste du roman noir américain, s'entretient avec Richard Layman, l'auteur de la biographie de référence sur Dashiell Hammett. Patrice Allain nous fait découvrir un Louis Chavance inédit. Associé aux plus grands noms du cinéma français, on ignore souvent qu'il dirigea aussi durant les années de guerre une collection de romans policiers pour l'éditeur Georges Ventillard et qu'il écrivit une petite dizaine d'ouvrages sous les pseudonymes de John Irving et de Jack River, permettant à Léo Malet de publier sa première oeuvre noire.
Perec Georges ; Bertelli Dominique ; Ribière Mirei
Ce florilège des entretiens de Perec permet de suivre le cheminement de l'écrivain à partir de l'automne 1965, où son premier roman publié, Les Choses, obtient le prix Renaudot, jusqu'à l'automne 1981, où - très sollicité depuis La Vie mode d'emploi qui lui a valu le prix Médicis en 1978 et l'a imposé définitivement sur la scène littéraire - Perec effectue plusieurs séjours à l'étranger. Si au tournant des années 80 La Vie mode d'emploi reste au coeur de nombreux échanges, l'heure est souvent aux entretiens thématiques (le jeu, la judéité, le rôle de la mémoire et des contraintes), mais aussi aux bilans et retours en arrière: ses interlocuteurs l'invitent ainsi à jeter un regard rétrospectif sur son oeuvre et à s'interroger sur son évolution. Autre aspect important des propos de cette époque: l'écrivain s'identifie de plus en plus nettement à la cause de l'Ouvroir de littérature potentielle réuni depuis 1960 autour de Raymond Queneau et François Le Lionnais et au sein duquel Perec a été coopté en 1967.
Claude Mesplède et son équipe proposent une édition revue, mise à jour et augmentée. Amoureux des dictionnaires, Daniel Pennac dit dans sa préface l'extrême importance de cette édition : "Si les littératures policières décrivent le monde et l'individu tels qu'ils ne vont pas, Le Mesplède, lui, décrit le monde des littératures policières tel qu'il va et où qu'il aille. Ce ne sont pas seulement des auteurs, des titres, des personnages, ou des thèmes qui sontrépertoriés ici, mais tout ce qui constitue la vie même autour de ces romans et de ces nouvelles : leurs collections, leurs séries, leurs maisons d'édition, leurs librairies, leurs fanzines, leurs historiens, leurs dessinateurs, leurs films, leurs festivals, leurs prix locaux et internationaux⦠Oui, c'est bien Le Mesplède que j'emporterais sur une île déserte ; ce dictionnaire si minutieusement achevé est un roman sans fin".
Concernant ma modeste rubrique cinématographique, de nombreux lecteurs m'écrivent. Le dépouillement de ce courrier me tient lieu chaque matin de douche écossaise. Quel dommage, en vérité, que l'on ne puisse plaire à tout le monde ! Enfin... renonçant à faire, pour ou contre moi, l'unanimité, j'évolue tant bien que mal entre les envois de fleurs et les plus agressifs torpillages. On a beau s'y faire, il n'empêche que les fervents du Septième Art ont parfois la dent dure. Exception faite de vibrants (je n'ose écrire pertinents) hommages relatifs à ma clairvoyance et à mon objectivité en matière de pellicule, je me fais quotidiennement traiter de "rebutant crétin", "démolisseur obtus", "analphabète prétentieux", tandis que les épithètes "vendu" et "refoulé" (sic), sont monnaie courante. Certain correspondant (signant illisible et demeurant rue des Pyramides, Paris 2e) devrait toutefois se renseigner quant à ma date de naissance avant de me traiter péremptoirement de "vieux c..." comme il l'a fait dans une récente missive. Je ne discute pas l'épithète, mais je conteste l'adjectif." Michel Audiard, L'Etoile du Soir, "Courrier-spécial", 17-18 août 1946. 1946, le jeune Michel Audiard, âgé de vingt-six ans, reprend son métier de journaliste. Dans L'Etoile du Soir, privé de carte de presse pour avoir écrit dans des journaux collaborationnistes, il multiplie les reportages qu'il signe de divers pseudonymes. Sous celui de Jacques Potier, il tient la rubrique cinématographique où il bénéficie d'une totale liberté de ton pour fustiger la prolifération des films sur la Résistance ou le rôle de Jean Gabin dans L'Imposteur, pour encenser Citizen Kane et les nouveaux films de Billy Wilder, John Ford, Robert Siodmak, Leo McCarey ou Walt Disney, pour railler le jeu de Pierre Blanchar, acteur, metteur en scène et épurateur zélé, lui préférant Pierre Fresnay, Michel Simon, Paul Meurisse ou Michèle Morgan "dont l'Amérique n'est pas parvenue à sophistiquer les yeux de petite fille triste". Celui qui deviendra l'un des plus célèbres dialoguistes français est alors l'une des plumes les plus acérées de la critique cinématographique française qui poursuit à Cinévie sa défense d'un cinéma exigeant contre les choix des spectateurs dont le "mauvais goût est élevé à la hauteur d'un sacerdoce".