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La nostalgie du sacré. Le retour du religieux dans les sociétés postmodernes
Maffesoli Michel
CERF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782204130561
Se penchant sur le retour du religieux, le prophète du Temps des tribus dénonce notre pessimisme : c'est à la fois la totalité de l'individu et du collectif, de l'esprit et de la chair que vise la révolution en cours, celle de la raison intégrale. Une somme. Après La Parole du silence, qu'il considère comme un traité de théologie pour la postmodernité, Michel Maffesoli s'attache dans son nouvel essai à décrypter ce qu'il nomme la " religiosité postmoderne ". Il étudie ainsi les étapes qui jalonnent ce " retour du sacral " : la réhabilitation des sens et d'une raison sensible, l'importance du partage, du mystère, de l'initiation - mais aussi l'ancrage nécessaire dans la tradition. C'est ainsi que les figures catholiques de la Trinité (l'unicité de Dieu en trois personnes) ou de la communion des saints représentent pour le penseur des " tribus " les métaphores les plus adaptées à l'imaginaire contemporain du sacré. Un essai profond, qui propose au lecteur non pas un retour au catholicisme comme institution et dogmatisme, mais une véritable résurgence de la catholicité. Ainsi que le retour à une appréhension populaire et émotionnelle de la transcendance.
Comme le notait Chateaubriand, il est fréquent de prendre pour conspiration politique ce qui n'est que le "malaise de tous ou lutte de l'ancienne société avec la nouvelle, combat de la décrépitude des vielles institutions contre l'énergie des jeunes générations". Nous sommes en un de ces moments où, journalistes, universitaires et politiques confondus, l'intelligentsia est en total déphasage avec la vitalité populaire. Aussi, afin de mieux apprécier cette dernière, n'est-il pas inutile de repérer la logique du conformisme intellectuel ambiant. C'est lorsqu'on cessera d'être obnubilé par le ronronnement du "moralement correct", que l'on sera à même d'être attentif au véritable "bruit du monde".
Cet essai propose une réflexion sur la dimension cyclique inaugurée par une violence destructrice, fondatrice d'une nécessaire circulation sociale et d'une nouvelle organisation de la cité. L'auteur, professeur à la Sorbonne, explique comment les fondements de la société contemporaine technocratique, liée à l'idée de progrès et d'utilité, ont privilégié l'économique et le contrôle rationalisé, jetant aux oubliettes les autres dimensions sociales.
La connaissance ne saurait se réduire à une conception de la science héritée du XIXe siècle. En un moment où s'esquisse une mutation sociale, il faut en appeler à une audace de la pensée qui sache en particulier rendre compte de la prévalence de la communication, de l'information sur l'action ou la production. La réflexion de Michel Maffesoli sur les modalités de la connaissance est centrée sur la supposition que le sens commun, la connaissance ordinaire, est au fondement de tous les phénomènes sociaux: la recherche sociologique doit donc partir de ce sens commun pour pouvoir appréhender la dynamique de la vie collective. Cette sociologie qui a pour but d'étudier et de comprendre la vie quotidienne adopte une attitude compréhensive, tournée vers la pluralité des faits sociaux, abordant leurs multiples contradictions comme telles. Il s'agit, ainsi, de dégager les formes sociales de la postmodernité naissante.
« Pourquoi tant de haine? Tant d?hystérie? Pourquoi ses détracteurs, au lieu d?opposer aux discours du président Sarkozy, à ses actes de gouvernement, leur propre programme, au moins une évaluation raisonnée du sien, en reviennent-ils toujours aux attaques ad hominem, aux injures, aux supputations sur son état amoureux, sa santé mentale, son caractère? Ce qui en fait, du coup, un héros de roman, un être de fiction ». Ainsi parle Michel Maffesoli, sociologue reconnu de l?imaginaire et des tribus. Dans ce livre iconoclaste, il décline à la façon des célèbres Mythologies de Roland Barthes un petit traité à la fois ironique et érudit sur l?art de gouverner. Ces « Sarkologies » décryptent le mélange inédit d?hostilité et de fascination que suscite depuis son élection l?actuel président. On comprend à quel point la posture compassionnelle participe d?une stratégie délibérée, celle d?une empathie moins factice que le disent les commentateurs, « l?opinion publiée » comme dit le sociologue, car relevant d?un talent: celui de souffrir avec, les victimes en l?occurrence, quelque soient les malheurs. Son comportement ostentatoire est lui aussi un élément de communication très étudié qui ne doit rien au hasard ou à la maladresse. Un tableau féroce autant que bienveillant, paradoxalement, d?un règne qui promet de susciter jusqu?au bout de furieuses polémiques.
Consacrée en 2017 pour son courage intellectuel et politique, Fatiha Boudjahlat dénonce dans ce nouveau livre nos aveuglements, compromissions et lâchetés, et en appelle au sursaut de la République contre le voile. Les femmes voilées ne sont pas des victimes : telle est l'affirmation sans concession de Fatiha Boudjahlat. Pour elle, ce ne sont pas les femmes voilées qu'il faut combattre, mais plus exactement le " voilement ", acte politique qu'elle dénonce et analyse dans ce livre. Pour Fatiha Boudjahlat, la culture du voilement se répand en France grâce à un soft power d'un nouveau genre. L'essayiste revient d'abord sur le scandale provoqué par la représentante de l'UNEF, et la chanteuse Mennel arborant un voile tout en revendiquant une culture occidentale et faisant ainsi de ce symbole oppressif un élément de la panoplie des filles à la mode... Cet ouvrage de combat est aussi une réflexion sur la place du voilement dans la société. Ainsi, le " droit " pour les mamans voilées d'accompagner des sorties scolaires est une aberration : les femmes s'habillent comme elles veulent, mais l'école est une institution de la République qui, en tant que telle, doit l'emporter sur les revendications particulières. Exemples juridiques, factuels et médiatiques à l'appui, Fatiha Boudjahlat livre ici un discours construit en faveur d'une République exemplaire qui ne doit rien concéder à son exigence de neutralité et d'unicité.
Mais qu'est-ce que c'est que porter le voile, habiter un corps voilé ? Que signifie être condamnée à l'enfermement dans un corps voilé puisque féminin ? Pourquoi voile-t-on les filles, seulement les filles ? Pourquoi cache-t-on leur corps, leur chevelure ? Qui a le droit d'en parler ? J'ai porté dix ans le voile. C'était le voile ou la mort. Je sais de quoi je parle. "
Il est des ouvrages qui, très vite, s'imposent comme des classique: contemporains. Depuis sa parution en 1985, cette Histoire politique de la religion est tenue pour telle. L'ouvrage comble, il est vrai, une grande lacune, depuis les travaux pionniers de Durkheim, Max Weber et Rudolf Otto, en rendant au sujet la place qu'il mérite. Car le religieux a modelé activement, et plus profondément qu'il n'y paraît, la réalité collective dans toutes les sociétés jusqu'à la nôtre, en particulier les formes politiques. Marcel Gauchet propose un renversement de perspective : on a voulu voir l'histoire des religions comme un développement; or la religion pure est au commencement. Ce que nous appelons " grandes religions " correspond, en fait, à autant d'étapes d'une mise en question du religieux dans sa rigueur primordiale. De ce point du vue, il faut mesurer la spécificité révolutionnaire du christianisme et son rôle à la racine du développement occidental. Marcel Gauchet caractérise le devenir des sociétés contemporaines, depuis l'essor des techniques jusqu'à l'enracinement des procédures démocratiques, comme un mouvement vers une société hors religion. Le monde d'aujourd'hui ne s'explique que par la sortie et l'inversion de l'ancienne économie religieuse. Sa particularité, c'est le désenchantement du monde.
Parler des questions qui fâchent en islam à propos des femmes n'est pas une provocation, mais une nécessité. Il s'agit de clarifier, de rectifier, mais aussi souvent de dénoncer. Clarifier la confusion entre le message spirituel du Coran et l'orthodoxie interprétative institutionnalisée. Rectifier le grand nombre de préjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom des préceptes divins. Dénoncer ce qu'une culture patriarcale a forgé dans l'esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes. Voile, polygamie, inégalité dans l'héritage... Asma Lamrabet inventorie les discriminations imposées aux femmes au nom de l'islam. Car la plupart des interprétations classiques, d'origine médiévale, produits de leur milieu social et culturel, se sont construites à la marge et parfois à l'encontre du Texte sacré, porteur, lui, d'une vision plus égalitaire et ouverte. Nul ne pourra dire désormais qu'il ignorait.