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La faillite des élites. La puissance de l'idéal communautaire
Maffesoli Michel ; Strohl Hélène
CERF
8,00 €
Épuisé
EAN :9782204123303
C'est une forme de paresse mentale que l'on risque de payer cher. Tic de langage largement répandu, à gauche et à droite, et qui consiste à voir "du communautarisme" partout. Ce fut la grandeur de l'organisation sociale dans les sociétés modernes que de réduire toute chose à l'unité. Evacuer les différences. Homogénéiser les manières d'être. Bel idéal que celui de la République, Une et Indivisible. Mais, et ce n'est pas la première fois dans l'histoire, on observe une saturation de cet idéal unitaire. Empiriquement, l'hétérogénéité reprend force et vigueur. Réaffirmation de la différence, localismes divers, spécificités langagières et idéologiques, rassemblement autour d'une commune origine, réelle ou mythifiée. Tout est bon pour accentuer des formes de vie dont le fondement est moins la raison universelle que le sentiment partagé. C'est cela même qu'il y a quelques années, Michel Maffesoli a appelé le retour des "tribus". Qu'elles soient sexuelles, musicales, religieuses, sportives, culturelles, elles occupent l'espace public. Voilà le constat. Dès lors, pourquoi ne pas accepter les différences communautaires, aider à leur ajustement et apprendre à composer avec elles ? En effet, il est dangereux de ne pas reconnaître la force du pluralisme. Le centre de l'union peut se vivre dans la conjonction, a posteriori, de valeurs opposées. A l'harmonie abstraite d'un unanimisme de façade est en train de succéder, au travers de multiples essais et erreurs, un équilibre conflictuel, cause et effet de la vitalité des tribus postmodernes. Un livre contre le "bon vieux temps" de l'unité.
Titulaire de la chaire de sociologie à la Sorbonne. Directeur de thèse d'Elizabeth Teissier. Auteur de 12 ouvrages chez Grasset, tous repris en poche, dont deux épuisés.
« Je propose, ici, une hypothèse. La crise économique (financière) dont on nous rebat les oreilles n?est-elle que la forme ultime de la saturation de l?idée de salut individuel (de l?économie du salut). Cette ?crise? pointe le retour de l?idéal communautaire qui, de manière violente (les révoltes en témoignent) ou sous forme beaucoup plus généreuse (le bénévolat, les associations, les modes de vie alternatifs, le commerce équitable, etc.), cherche de nouvelles manières d?exprimer la générosité et la solidarité propres à l?être-ensemble ». Michel Maffesoli nous entraîne dans une vraie spirale de la postmodernité: comment la société contemporaine se vit, s?écrit, se dit, se rêve. Quelle est l?ambiance de l?époque, quels en sont les rituels, les croyances collectives, les comportementsdivers?
Poursuivant depuis trente ans une analyse de la société contemporaine, en faisant attention au présent, à ses diverses tribus, au développement du nomadisme, à la crise du politique, Michel Maffesoli s'attaque, dans cet ouvrage, au délicat problème de la part d'ombre de notre monde la place du mal. Silencieuse ou bruyante, la révolte gronde. Passivité par rapport au travail, abstention politique, retrait de la vie sociale en général, ou encore rodéos automobiles, rassemblements festifs et musicaux et autres formes d'effervescence en sont autant de symptômes. Mais la part destructrice, celle de l'excès, n'est-ce pas ce qui précède une harmonie nouvelle ? Comme il ne manque pas d'avocats d'un Dieu bienfaisant aux noms variables - État, Contrat, Institutions, Individu - ni même de représentants des divers conformismes de pensée, n'est-il pas temps d'observer sereinement, et peut-être d'intégrer, cette étrange " part du diable " ?
« Pourquoi tant de haine? Tant d?hystérie? Pourquoi ses détracteurs, au lieu d?opposer aux discours du président Sarkozy, à ses actes de gouvernement, leur propre programme, au moins une évaluation raisonnée du sien, en reviennent-ils toujours aux attaques ad hominem, aux injures, aux supputations sur son état amoureux, sa santé mentale, son caractère? Ce qui en fait, du coup, un héros de roman, un être de fiction ». Ainsi parle Michel Maffesoli, sociologue reconnu de l?imaginaire et des tribus. Dans ce livre iconoclaste, il décline à la façon des célèbres Mythologies de Roland Barthes un petit traité à la fois ironique et érudit sur l?art de gouverner. Ces « Sarkologies » décryptent le mélange inédit d?hostilité et de fascination que suscite depuis son élection l?actuel président. On comprend à quel point la posture compassionnelle participe d?une stratégie délibérée, celle d?une empathie moins factice que le disent les commentateurs, « l?opinion publiée » comme dit le sociologue, car relevant d?un talent: celui de souffrir avec, les victimes en l?occurrence, quelque soient les malheurs. Son comportement ostentatoire est lui aussi un élément de communication très étudié qui ne doit rien au hasard ou à la maladresse. Un tableau féroce autant que bienveillant, paradoxalement, d?un règne qui promet de susciter jusqu?au bout de furieuses polémiques.