Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La panique identitaire
Macé-Scaron Joseph
GRASSET
14,45 €
Épuisé
EAN :9782246853947
Extrait Extrait de l'introduction Verra-t-on bientôt une carte identitaire prendre la place de notre vieille carte d'identité ? Devra-t-on décliner nos origines sur quatre générations, notre ethnie, notre religion afin que nos contemporains nous rangent dans une boîte, prélude à l'ultime rangement que nous connaîtrons tous ? Ceux qui réduisent la percée des listes nationalistes (lors des dernières élections européennes) au déclin irréversible d'un continent travaillé par la haine de soi, ceux qui ramènent le triomphe de l'hindouisme en Inde à un particularisme en sari, ceux qui imaginent que le monde musulman est le seul à devoir relever le défi de l'intégrisme religieux, ceux qui pensent que la cathédrale russe couronnée de bulbes d'or que Poutine s'apprête à construire en plein coeur de Paris n'a aucun lien avec son souci de refaire de Moscou la troisième Rome, ceux qui limitent le Tea Party à une version un peu plus à droite du parti républicain... Tous ceux-là n'ont rien compris à ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. Davantage que l'histoire politique, l'histoire des idées ne se répète pas, elle bégaie. Entre les deux guerres, nos clercs mirent vingt ans à comprendre que l'irruption totalitaire était un seul et même phénomène et qu'il était vain de trier entre totalitarisme fréquentable ou infréquentable, entre Rome et Berlin. Plus près de nous, les stratèges américains ont, semble-t-il, accepté l'idée qu'il était illusoire de vouloir dissocier les différentes formes prises par l'islamisme politique. Combien de temps faudra-t-il pour prendre la mesure de la panique identitaire qui envahit les esprits ? Sois et éternellement demeure, surtout, garde l'étiquette que l'on t'a apposée et qui va t'accompagner durant l'existence. Telle est la prière qui s'élève, aujourd'hui, des temples anciens et des modernes : des édifices religieux et des hypermarchés. Cette injonction nous presse et nous oppresse. Nos sociétés sont devenues de gigantesques foires aux identités où il est désormais impossible de descendre du manège à moins de sauter dans le vide. Le sujet n'est pas de faire ici le procès de l'identité. Pour éviter un grave malentendu, une précision s'impose d'entrée de jeu. Quoi de plus normal, de plus humain que de s'interroger sur soi ? Les Grecs voyaient dans ce questionnement la source de la philosophie, le fondement de la métaphysique, l'aube de la conscience intérieure. «Connais-toi toi-même !» est, si l'on en croit Platon, le plus vieux précepte gravé au fronton du temple de Delphes. Il a, en tout cas, traversé les siècles, devenant le cours le plus intérieur de la pensée occidentale. Pourquoi ce qui a été pendant des siècles le mot clé de l'humanisme nous est-il un fardeau ? Que s'est-il passé pour que la question de l'identité se transforme en une colérique assignation à résidence ? Comment ces identités nationales qui étaient, dès le XIXe siècle, un formidable levier conduisant à la démocratie, à la libération et au Printemps des peuples, se sont-elles transformées en un outil provoquant l'abrutissement des masses et l'asservissement des individus ?
Résumé : Résolu à dompter la Création, comme autrefois les maîtres du Golem, un milliardaire excentrique usurpe des pouvoirs divins. Pour mener à bien ses expérimentations, il doit retrouver la vénéneuse Ile des morts de Böcklin... fût-elle en enfer. Il lance sur la piste du tableau, Simon Lagide, jeune marchand d'art à la nonchalance étudiée. Cette première mission n'est bien sûr qu'un prélude. La chasse est ouverte, mais le gibier, cette fois, n'est autre que Simon, entraîné dans une course-poursuite aux vertus initiatiques. Il plonge alors dans un monde où le rêve et la vie s'entremêlent, où s'affrontent au nom de la vérité un vieillard tout droit sorti de la nuit des temps, un mystérieux cavalier et le Prince des ténèbres. Un thriller au décor historique en trompe l'?il ; une exploration des textes de la Kabbale, de l'ésotérisme et des sociétés secrètes ; un voyage de Trieste à Prague, dans la mémoire de la vieille Europe, pour mieux montrer la vanité d'une époque qui croit tirer les ficelles de l'avenir alors que "demain s'est écrit hier".
Résumé : Nos experts en expertologie nous avaient promis hier " la Mort de Dieu " et voici qu'aujourd'hui, la religion s'invite à tous nos banquets. Fanatisme, obscurantisme, intégrisme : pas une journée sans qu'il ne soit question de ses faits d'armes, pas un domaine qui n'échappe à sa pulsion de mort et à sa haine de la raison. Attentats, guerres, oppressions, ce qui devrait être consolation est désolation. Toute quête légitime d'un sens de la vie se noie désormais dans le grand bain collectif de cette servitude volontaire. La religion a beau se présenter sous les masques les plus divers, elle n'en demeure pas moins un totalitarisme primitif, une entreprise fondée sur la peur, le mentir-vrai et la déshumanisation de l'Homme. Montrer que nous pouvons encore choisir de ne pas entrer dans cette longue Nuit historique et retrouver le chemin des Lumières. Montrer qu'un monde sans religion n'est pas seulement souhaitable mais possible : tel est le pari de ce livre.
Y a-t-il encore un libéral dans la salle ?? Le libéralisme n'a pas, aujourd'hui, bonne presse. Il est vrai qu'il est soumis à rude épreuve entre ceux qui l'utilisent pour justifier leurs lâches abandons et ceux qui s'en servent pour déconsidérer leurs adversaires en le réduisant à l'économie. Or dans un monde de plus en plus complexe et soumis au diktat de l'immédiateté, il n'a jamais autant été une idée neuve. Jamais il n'est autant apparu comme le meilleur des remèdes au cynisme politique, aux passions extrémistes, au politiquement correct et aux folies identitaires. Riche de rappels et d'explications, d'événements et de portraits, Joseph Macé-Scaron rappelle avec érudition comment la liberté individuelle a construit la France moderne et combien elle est apte à édifier celle de demain. Loin de tout esprit de système, le libéralisme nous apprend enfin, dans un monde où l'irrationnel règne, qu'on peut être modéré avec passion.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.