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Cette nuit-là
Lustiger Gila ; Hermann Marie
STOCK
24,10 €
Épuisé
EAN :9782234058705
LISANon, rien n'avait encore changé. C'est la pensée qui la sauva cette nuit-là. Tout suivait son cours en surface, sans transformation apparente. Si quelqu'un était soudain entré dans cette cuisine, il l'y aurait vue assise à sa place habituelle, dans le fauteuil en rotin qu'elle avait poussé contre le mur, près de la fenêtre, sans deviner que, cette fois, loin de veiller sur son oncle, elle attendait sa soeur occupée à consoler leur mère au premier étage. Il l'aurait vue assise, là, effleurant du regard le couloir qui s'ouvrait, sombre et flou, face à elle, tandis que derrière elle s'étendait le jardin où un printemps précoce tentait de s'éveiller. Les jours passés avaient été particulièrement chauds, et les deux buissons d'hortensias, près du mur qui menait à une petite entrée, laissaient prudemment éclater leurs bourgeons en déployant un doux duvet bleuté.Il l'aurait vue avec ce printemps et un ciel désormais presque charbonneux dans le dos, une tasse de thé posée sur les genoux. Comme tous les soirs depuis des semaines, le poste de télévision qu'ils avaient, quelques mois auparavant, déplacé du salon à la cuisine était allumé, le son coupé. Elle fixait l'écran d'un oeil distrait. Était-ce un documentaire sur le jazz, New York ou les années soixante? Elle n'en avait pas la moindre idée. Depuis que son oncle était tombé malade, elle avait cessé de s'intéresser à la marche du monde. Elle, Lisa Bergmann, l'assidue signataire de pétitions en ligne qui s'indignait régulièrement (et à peu de frais, soyons honnêtes) contre la famine, les centrales nucléaires, la violence conjugale, l'huile génétiquement modifiée, elle qui s'était faite le défenseur des pauvres, de la viticulture bio (la vraie, de la vigne à la bouteille), des sans-papiers, qui, aussi loin qu'elle s'en souvienne, avait été habitée par la colère, ne se sentait depuis quelque temps plus concernée du tout lorsqu'elle allumait la télévision et ingurgitait au hasard films, journaux télévisés ou des émissions de divertissement d'une vulgarité abyssale. Entre ce qui arrivait dans le monde et ce qui leur arrivait à eux, il n'y avait aucun point de jonction. Dans le tourbillon de la maladie, tout ce qui était étranger à la vie de la maison, à leurs journées qui s'érodaient en buts infimes, au silence d'une consistance épaisse et solide qui les enveloppait, surtout le soir, n'avait à ses yeux plus d'importance.Il était mort comme il l'avait souhaité, chez lui. Certes pas dans sa chambre au premier étage, mais tout de même, dans la maison où il avait grandi. «Ramène-moi chez moi», avait-il intimé à leur mère, le calme fait homme, avant de refermer les yeux. Et bien entendu il n'avait pas songé une seule seconde à l'appartement qu'il habitait depuis trente-quatre ans avec Anne, sa femme, ni à Anne tout court ou à ce que les médecins, les aides-soignants et sa famille, tous ces braves gens, imaginaient être le mieux pour lui, mais juste à ce que lui, Paul Bergmann, prévoyait de faire. Rien d'autre, rien de plus. Sa décision prise, il s'était donc immédiatement préparé: il s'était rasé, avait troqué sa chemise de nuit d'hôpital verte contre son costume sombre, avait rangé ses affaires dans sa valise et s'était couché tout habillé pour attendre sa soeur afin qu'elle le ramène à la maison.
Gila Lustiger est née en Allemagne en 1963 et a vécu en Israël avant de s'installer à Paris. Elle est l'auteur de plusieurs romans dont cette nuit-là (Stock, 2013).
Les siècles, du Xe au XIXe, ont laissé sur Saint-Ayoul les marques de leurs styles, dans un mouvement continu de l'histoire. Il ne manquait à cet ensemble d'art sacré que la marque de notre XXe siècle. Voilà qui est fait. " " A-t-on le droit d'apposer sur un portail gothique des sculptures modernes ? Une église doit-elle mourir en se figeant sur un moment de son histoire, avant l'écroulement final ? Ou doit-elle continuer à vivre comme elle a vécu, c'est-à-dire en se transformant ? " A. P.
Le premier livre signé par Jean-Marie Lustiger n'a jamais été écrit pour être lu ! C'est un recueil d'homélies prononcées, semaine après semaine, par un curé de Paris dans sa paroisse. Il ne savait pas qu'elles étaient enregistrées. Il se doutait encore moins qu'elles seraient publiées, et même rééditées, sans une ride, près de vingt ans plus tard. Mais le curé de Sainte-Jeanne-de-Chantal a d'abord fini par se " laisser convaincre que des transcriptions pouvaient être utiles si elles permettaient à un lecteur de l'Evangile de retrouver, dans sa méditation personnelle, l'encouragement et l'écho de l'assemblée liturgique ". Ensuite, ce même curé _ précédemment aumônier d'étudiants _ est devenu, après cette publication, évêque d'Orléans, puis archevêque de Paris et cardinal, avant d'entrer à l'Académie française ! Ces Sermons d'un curé de Paris sont donc les premiers pas d'un pasteur appelé malgré lui à devenir un auteur. On découvre là, comme à sa source, une manière de vivre et de dire la foi dont le rayonnement n'a cessé de croître.
Résumé : Dix-sept lignes ? c'est tout ce que son rédacteur en chef demande à Marc Rappaport au sujet du meurtre d'une prostituée perpétré vingt-sept ans auparavant à Paris et considéré aujourd'hui comme résolu grâce à l'obtention de l'adn du meurtrier présumé. Suivant son intuition, le journaliste cherche à en savoir davantage sur le destin de cette jeune femme. Son enquête fiévreuse le confronte aux manquements graves d'une usine chimique, responsable de la mort d'une quarantaine d'ouvriers. Des Insatiables, tout en haut de l'échelle sociale, oeuvrent dans l'ombre ; les révéler expose à tous les dangers. Une fiction belle et haletante qui explore avec virtuosité les pistes politiques, économiques, historiques et émotionnelles menant au véritable meurtrier.
Les hommes ont tendance à vivre en jouant avec logique à certains jeux"" dans leurs relations avec autrui. Ils jouent à ces jeux pour toutes sortes de raisons: pour éviter d'affronter la réalité, pour cacher des motifs profonds, pour rationaliser leurs activités, ou pour rester ""en dehors du coup"". Ces jeux - sauf quand ils se révèlent destructeurs - sont à la fois souhaitables et nécessaires. Le docteur Berne présente une analyse fascinante de trente-six jeux qu'il classe sous diverses rubriques: les ""jeux vitaux"" qui transcendent un mode spécifique de réaction dans une situation donnée, et affectent chaque action du joueur; les ""jeux conjugaux"", auxquels deux personnes peuvent recourir afin de supporter une vie de frustration ou d'insatisfaction (un jeu conjugal des plus joués est celui de ""la femme frigide"", où l'un des deux joueurs provoque une discussion menant à la colère, à l'aliénation des sentiments, pour éviter les rapports sexuels); les ""jeux sexuels"", où quelqu'un provoque des réactions sexuelles chez quelqu'un d'autre, puis, agit comme si lui ou elle était la victime innocente; les ""jeux de société"", sociaux par définition, et qui vont du cancan perpétuel au gémissement chronique; les ""jeux des bas-fonds"" tel que ""aux gendarmes et aux voleurs"", pratiqués le plus souvent pour des gains matériels, mais pouvant aussi viser à des avantages psychologiques; les ""jeux du cabinet de consultation"", peuvent être joués par un malade avec un médecin afin d'éviter la guérison. Le docteur Berne, poursuit dans cet ouvrage le développement et l'élaboration d'un concept qu'il a déjà décrit pour le spécialiste, et qu'il emploie dans son nouveau système de psychiatrie individuelle et sociale, où la thérapeutique de groupe tient lieu de méthode fondamentale, et où l'analyse des jeux forme un élément majeur du traitement. Le docteur Berne montre en outre comment ce concept peut aider à prendre une nouvelle conscience de soi, ainsi qu'à mener une existence plus constructive. Ce livre dont le succès est considérable aux Etats-Unis, traite de façon concise, claire et spirituelle un sujet profondément sérieux qui concerne chacun de nous de la façon la plus intime.
Résumé : Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres... Eduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Mais ce domestique astucieux sera aussi le témoin des événements de son temps, au moment où la Révolution française s'emballe. Narrateur candide au coeur de la Terreur, il fera au lecteur le récit picaresque autant que tragique de la dernière année de vie de son maître. Le 24 novembre 1793, sous le coup d'un mandat d'arrêt, le chimiste se cache un temps dans Paris. Une nuit durant, Balthazar le conjure de s'exiler. Son maître décide de se livrer. Sans répit, le fidèle valet court Paris pour apporter au Comité de sureté générale la pétition signée par des savants en faveur de son maître. Rien n'y fait. Une dernière chance subsiste. C'est sans compter sur les passions humaines, exacerbées par la Terreur. La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l'urgence sont racontées à hauteur d'homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l'Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais elle coûte cher, cette liberté.
C'est l'histoire d'un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d'une cité. C'est l'histoire d'un été, saison dangereuse et violente. C'est l'histoire de Jérémie, de son obsession pour Sami. L'histoire d'une désertion aussi. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir.
Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l?engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l?en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j?irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l?inventerai. Pour qu?il revive. » J.-L.C.Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.Notes Biographiques : Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint à Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001, prix des Deux-Magots), Le Gouverneur d?Antipodia (Le Dilettante, 2012, prix Nimier), Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013), et, chez Stock, Fortune de mer (2015) et Mes pas vont ailleurs (2017, prix Femina Essai).
Par envie de se divertir, Irene Wagner, épouse d'un riche avocat, entretient une liaison avec un musicien, jusqu'au jour où, en sortant de chez son amant, elle est bousculée par une femme qui la reconnaît. Dès lors, Irene vit dans la peur. Victime d'un odieux chantage, elle paie des sommes de plus en plus folles, sans savoir comment expliquer ces dépenses inconsidérées à son mari, et perd tout ce qui fait son existence. Par souci à la fois de modernisation et de fidélité à la version originale, la collection " Pavillons Poche " publie ce chef-d'oeuvre de Stefan Zweig dans une traduction inédite en poche.
Résumé : Une belle nuit de pleine lune, quelque part en Norvège, dans les années 1970. Un couple dort. Soudain, madame se réveille, se transforme en loup-garou, trucide son époux - puis se rendort paisiblement. Au matin, les jumeaux Iselin et Edvard découvrent avec consternation la scène de carnage conjugal. Ils comprennent alors qu'ils sont les héritiers d'une très ancienne malédiction lycanthropique, et décident de fuir. Ils trouveront refuge, l'une auprès de terroristes passablement niais, l'autre dans une communauté de hippies ahuris. Mais rien ne sert de courir : on ne renie pas sa propre bestialité - pas plus qu'on n'échappe à celle d'un monde où l'homme est littéralement devenu un loup pour l'homme. Fable anarcho-animalière ? Satire politique ? Thriller nihiliste ? Délire surréaliste ? Les Violences est un OLNI (objet littéraire non identifié) qui, sous des abords baroques, se lit comme une allégorie terriblement actuelle et lucide, réglant son compte, dans un éclat de rire sauvage, à toutes les utopies de notre siècle barbare.
Résumé : Alors qu'elle travaille à un nouveau livre, Lieve Joris apprend que son frère Fonny est dans le coma après un accident de voiture. Enième épisode du drame familial tissé autour de la trajectoire de cet aîné magnétique et tourmenté qui, par ses égarements et son énergie (auto)destructrice, a toujours occupé une place à part. Mue par le besoin d'écrire ce nouveau bouleversement, peut-être pour conjurer les distances, les tensions, les manquements, l'auteur décide de consigner les conversations, visites et péripéties occasionnées par l'événement, qui mobilise toute la famille ? un véritable grand huit émotionnel. En contrepoint du récit de ce rassemblement au chevet du blessé, elle livre ses souvenirs d'enfance dans la commune flamande de Neerpelt, esquissant les étapes de son itinéraire, amorcé comme une évasion. Et convoque également les histoires que lui a transmises sa grand-mère, notamment le destin de ses oncles missionnaires, figures tutélaires de sa jeunesse. Avec lucidité et courage, Lieve Joris, qui n'a cessé d'arpenter des contrées lointaines pour recueillir et transcrire la parole de l'autre, s'aventure ici sur le territoire de l'intime, portant son regard clair sur son propre cheminement ? un retour sur ses racines après une vie de voyages.
En trois tableaux et trois voyages, ce roman dessine des itinéraires italiens, loin des sentiers battus. Le premier trajet qu?emprunte la narratrice, seule, avait été planifié à deux. Mais M., l?être aimé, est décédé deux mois plus tôt. Nous sommes en janvier, et les brumes enveloppent les collines autour d?Olevano, près de Rome, où une maison avait été louée par le couple. La narratrice a emporté quelques vêtements du défunt, mais on lui dérobe la valise juste avant son arrivée. Elle essaie de prendre ses marques malgré tout, se promène dans les oliveraies, va jusqu?au cimetière de la petite commune, se renseigne sur les gens enterrés sur place. Un autre souvenir d?Italie lui revient. Elle est adolescente, son père est amoureux de la langue italienne et du pays. Une effrayante dispute entre ses parents précède alors un incident sur la plage, quand le père nage si longtemps et si loin de la côte que tout le monde le croit noyé. La petite fille pense qu?elle devra rester en Italie et se débrouiller avec les quelques mots que le père lui a appris? Puis la narratrice adulte entreprend un autre voyage en explorant la région du delta du Pô. Elle cherche le jardin des Finzi-Contini à Ferrare, longe des canaux déserts et découvre des stations balnéaires abandonnées. Elle visite une nécropole étrusque, et devant les mosaïques de Ravenne, repense à son père et à ses explications.Les choses rapportées, les anecdotes et péripéties se déploient sous nos yeux dans des nuances infinies pour dire les couleurs, les odeurs d?un bosquet, d?une colline, d?une plage, d?un canal, d?un olivier, du ciel. En creux, ce texte d?une infinie richesse, sublimant les paysages et les lieux traversés par une langue inouïe de précision, raconte le deuil, l?absence et l?amour.Traduit de l'allemand par Olivier Le LayNotes Biographiques : Esther Kinsky est née en 1956. Traductrice renommée en Allemagne, notamment de poésie anglo-saxonne, elle a longtemps vécu à Londres, puis séjourné en Europe Centrale et en Italie. Parmi les nombreuses distinctions qu?elle a reçues, citons le Prix Paul Celan et le Prix Franz Hessel, et, pour Bosquet, le prestigieux Prix de la Foire de Leipzig. La traduction de son roman La Rivière chez Gallimard en septembre 2017 lui a valu un accueil enthousiaste.