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De la nature. Edition bilingue français-latin
LUCRECE
FLAMMARION
8,90 €
Épuisé
EAN :9782081444614
Au Ier siècle avant notre ère, Lucrèce ne se contenta pas d'offrir à ses compatriotes la doctrine "salvatrice" d'Épicure, leur permettant d'accéder pleinement à sa philosophie, mais il traduisit en visionnaire le mou-vement incessant des atomes et le perpétuel devenir des choses au sein du vide infini. Son oeuvre explore l'univers physique et le savoir grec, mais aussi notre vie quotidienne. Gardien essentiel de la doctrine épicurienne, vivant à une époque de violence et d'oppression, le poète latin révéla non sans ferveur les moyens d'un bonheur accessible à tous. La version française que l'on présente ici se veut l'écho de la tension jamais abolie entre la poésie et la raison dans le De rerum natura. Inventant un langage de la nature, Lucrèce lui a donné des cadences que cette traduction essaie de transposer.
Le bonheur est à notre portée. Chaque être humain peut y accéder. Il suffit de se défaire des craintes inutiles, idées fausses et égarements qui sont les nôtres. Telle est la leçon fondamentale d'Epicure et de Lucrèce, son principal disciple. Dans son poème philosophique, Lucrèce expose de façon grandiose le système de la philosophie épicurienne. Son athéisme souverain, son matérialisme intégral en font l'un des auteurs les plus subversifs du panthéon philosophique.
Guérir le mal de vivre par la promesse du néant, soigner l'angoisse par la contemplation des lois d'un monde fruit du hasard, de la liberté et de la logique, où rien ne se perd ni ne se crée, composer un traité de physique en vers enluminés de poésie et de beauté, de désespoir et de gaîté, tel est le pari réussi de Lucrèce, dont le De rerum natura nous donne le seul exposé systématique de la doctrine épicurienne que nous ait légué l'Antiquité, amère absinthe enrobée de miel, mais aussi potion magique, grosse pour le meilleur et pour le pire de la "maîtrise et possession de la nature", livre de chevet de Montaigne, de Pascal et de Frédéric le Grand. "Il faut parler avec respect de Lucrèce" (Gustave Flaubert).
Donner la plus grande force persuasive à la parole philosophique salvatrice, celle qui mène au bien et éloigne des maux, qui guérit des vaines peurs, celles des dieux et de la mort en particulier, tel est le projet de Lucrèce (Ier siècle avant J-C), qui compose en latin son célèbre poème, De rerum natura, à la gloire d'Epicure et de sa philosophie. Exposé doctrinal d'une richesse exceptionnelle et ?uvre littéraire majeure, ce poème se donne comme une ?uvre totale, où le vrai s'allie au beau, et les séductions de l'imagination à la rigueur de l'analyse. Pour s'approcher de sa singularité, il fallait une transposition précise et poétique à la fois: ce sont là les mérites de la traduction de Bernard Pautrat - faite en alexandrins non rimés - qui permet d'appréhender dans notre langue le style philosophique propre à Lucrèce.
«L'esprit et l'âme se tiennent étroitement unis, et ne forment ensemble qu'une seule substance ; mais ce qui est la tête et ce qui domine pour ainsi dire dans tout le corps, c'est ce conseil que nous appelons l'esprit et la pensée. Et celui-ci a son siège fixé au milieu de la poitrine. C'est là en effet que tressautent l'effroi et la peur ; c'est cette région que la joie fait palpiter doucement : c'est donc là que résident l'esprit et la pensée.» Joyau de la pensée matérialiste de l'Antiquité, ce fragment du De natura rerum ouvre à une question qui traverse toute l'histoire de la philosophie : qu'en est-il du rapport de l'âme et du corps ?