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Nid d'hommes
Lu Wenfu ; Chen-Andro Chantal
POINTS
10,10 €
Épuisé
EAN :9782020635219
Après que Xu Dawei avait été déclaré droitier, on l?avait condamné à transférer sa carte de résidence à son lieu d?origine, et aux travaux forcés sous surveillance. Or son lieu d?origine était le Jardin de la famille Xu; c?était un peu une farce car, à l?époque, on était envoyé à la campagne pour y être rééduqué par le travail, personne n?avait jamais été transféré de la campagne vers la ville. On ne sait qui lui avait donné ce coup de pouce et l?avait réexpédié en ville tout en envoyant quelqu?un pour rester en contact avec lui. Lin Awu avait donné son accord sans hésiter: «Aucun problème, nous l?acceptons et garantissons que nous surveillerons sa rééducation par le travail manuel, afin qu?il fasse peau neuve. » C?est ainsi qu?avec les siens il avait quitté ce petit village de montagne sur les bords du lac Taihu pour revenir à Suzhou. À l?époque, c?était un exploit extraordinaire car, en ville, il y avait toutes sortes d?approvisionnements planifiés, et même dans les moments les plus difficiles, on n?y mourait pas de faim. [...] Au départ, Xu Dawei fut employé comme homme à tout faire, il gravit tous les échelons jusqu?au neuvième grade, en passant par les postes de tourneur, d?ajusteur. Il faut expliquer cette qualification sans quoi on ne peut comprendre l?humour qui lui est sous-jacent et qui est directement lié au contexte de l?époque, ceci étant vrai d?ailleurs pour de nombreuses autres expressions. En ce temps-là, il y avait huit échelons qui classaient les ouvriers selon leur niveau technique. Les mauvais éléments de la société avaient été divisés en neuf catégories, à savoir: les propriétaires fonciers, les paysans riches, les contre-révolutionnaires, les mauvais éléments, les droitiers, les traîtres, les espions, les gens du parti engagés sur la voie du capitalisme, les intellectuels. Ces derniers, placés tout à la fin, avaient la plus mauvaise réputation, on les avait appelés les «vieux neuvièmes puants». Toutefois, quand ils furent nombreux à être envoyés travailler à la base dans les usines, comme ils apprenaient très vite les techniques, ils se retrouvèrent au-dessus du lot. Aussi, par boutade, de «vieux neuvièmes puants» ils furent baptisés: «les ouvriers de la neuvième catégorie», un peu au-dessus de ceux de la huitième. Si les dictionnaires ne font pas entrer cette rubrique dans leurs colonnes, dans quelques dizaines d?années, personne ne comprendra plus ce qu?elle signifie, ni l?humour complexe qui lui est sous-jacent.
Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s'épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l'usage de la langue vernaculaire et s'en prend au moralisme confucéen. Certaines d'entre elles, comme "Le Journal d'un fou" ou "L'édifiante histoire d'A-Q", sont devenues canoniques. D'autres, comme "Terre natale" ou "L'opéra de village", représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du bas-Yangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Ce recueil, qui balance entre la dénonciation iconoclaste et la nostalgie d'un monde perdu, se compose donc de "cris" ambigus, dont l'auteur ne se soucie guère de savoir s'ils sont "hardis ou tristes, s'ils inspirent la haine ou le ridicule", et dont la seule gloire sera d'éveiller une petite minorité de lecteurs à "la souffrance d'une mort imminente et irrémédiable".
En 1926, trois ans après Cris, où sont rassemblées les nouvelles de la période d 4 mai 1919 (dont " Le journal d'un fou ") Lu Xun publie Errances. Si ce recueil est resté inédit en français, c'est sans doute qu'il correspondait trop peu à l'image idéologique qu'on s'est longtemps faite d son auteur. Les onze nouvelles qui le composent sont en effet autant de variations sur l'errance des intellectuels chinois des années 1920, anciens lettrés devenus petits fonctionnaires, piégés entre leurs souvenirs d'un passé rural familier mais cruel et la modernité incertaine ou trompeuse des grandes villes occidentalisées où ils peinent à trouver une place. A travers ces textes et l'essai " Les chemin divergents de la littérature et du pouvoir politique " que nous leur avons joint, le lecteur pourra découvrir un autre Lu Xun le moderniste hésitant, confronté à l'effondrement du monde traditionnel qu'il a pourtant souhaité, mais dont ne semble sortir aucun nouvel ordre historique et politique.
Conor, Abéké, Meilin et Rollan viennent de découvrir que l'ami d'Abeke, Shane, était le Dévoreur, et qu'il était à la solde du serpent Gerathon. Ensemble ils cherchent à rassembler les talismans pour délivrer Kovo le Singe et contrôler l'Erdas. Si les enfants veulent avoir une chance de les anéantir à jamais, ils doivent gagner le Nilo pour atteindre un lieu sacré. Là se dresse un arbre massif à l'écorce d'argent, et aux feuilles d'or : l'Arbre Eternel. A l'origine de la vie, il fait le lien entre Bêtes Suprêmes et humains, vie animale et végétale...
Résumé : Adelina a survécu à l'épidémie qui a ravagé son pays. Elle en a gardé des marques. Ses cheveux sont passés du noir à l'argenté et une cicatrice barre le côté gauche de son visage. Son père voit en elle une disgrâce pour son nom et sa famille : une malfetto, impossible à marier.Et la rumeur dit que les survivants comme Adelina n'auraient pas récolté que des cicatrices... Ils auraient acquis des superpouvoirs et se seraient regroupés, menaçant l'autorité en place. Bien que leurs véritables identités demeurent secrètes, tout le monde connait leur nom : les Young Elites.
Résumé : Les trois essais qui composent ce livre constituent la synthèse des recherches poursuivies par Lorenz dans le domaine de la biologie du comportement, et pour lesquelles le prix Nobel de médecine et physiologie lui a été décerné en 1973. S'appuyant sur des observations précises, Lorenz donne à l'éthologie son premier contenu scientifique positif. Il souligne la continuité des sociétés animales et humaines et montre les prolongements philosophiques de son étude de l'instinct.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Erwin Schrödinger, le grand pionnier de la théorie quantique, est-il vraiment mort en 1961 ? On peut légitimement en douter à la lecture des textes ici rassemblés, qui montrent que sa pensée n'a rien perdu de son actualité. Il y évoque la "barbarie de la spécialisation" et la nécessaire intégration de la science à la culture, convaincu que la recherche scientifique doit aller de pair avec l'"enquête" philosophique et la réflexion épistémologique. Il y parle de la science d'une voix étonnamment proche, avec cet inimitable mélange de profondeur et de légèreté, et ce lumineux sens de l'analogie qui a fait le succès du célèbre article (inédit en français) du "Chat de Schrödinger". Un chat qu'il faut bien - comme Schrödinger lui-même - imaginer à la fois mort et vivant. Né à Vienne. Son oeuvre de physicien culmine en 1926 avec la formation de l'"équation Schrödinger", élément décisif de la théorie quantique qui venait alors d'être crée. Ce travail lui vaut le prix Nobel en 1933. En 1939, il émigre en Irlande, où il demeure jusqu'en 1956. Passionné par la philosophie depuis son adolescence, il s'y consacre presque exclusivement à plusieurs reprises durant sa vie.
Résumé : Les légendes et récits traditionnels de l'Iran antique racontent les combats entre le Bien et le Mal, les victoires des dieux, tel Mithra, le dieu du soleil, les exploits des héros et des créatures surnaturelles, comme le Simourgh, l'oiseau magique, les méfaits des démons. Une grande partie de ce que nous savons du passé préislamique de l'Iran vient du livre saint de la religion Zoroastre et aux récits évoquant Ahura Mazda, le Seigneur Sage, l'Avesta intègre aussi des mythes païens, le Livre des rois, splendide épopée en vers achevée vers 1010 après J.C. par le poète Firdousi qui chante en particulier le héros Rustam. L'auteur s'appuie sur toutes ses sources pour réécrire à l'intention du lecteur moderne ces légendes captivantes de l'Iran antique, qui ont inspiré pendant des siècles l'art de la miniature sur manuscrit.