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La cage d'acier. Max Weber et le marxisme wébérien
Löwy Michael
STOCK
24,10 €
Épuisé
EAN :9782234070226
Extrait de l'introduction Cela fait quelques dizaines d'années que je m'intéresse à Max Weber et que je rumine des réflexions sur son oeuvre. Mon premier essai de «wébérologie», écrit en 1969, était une discussion méthodologique de son maître livre L'Éthique protestante et l'Esprit du capitalisme, visant à démontrer que les critiques qu'il portait au matérialisme historique n'étaient pas justifiées. Une démonstration somme toute classique, même si mes arguments étaient (relativement) nouveaux. Le plus intéressant, à mes yeux, dans ce premier essai, était l'appréhension du concept wébérien d'«affinité élective». Quelques années plus tard, alors que je rédigeais ma thèse de doctorat sur Lukacs, j'ai découvert l'existence du «cercle Max Weber de Heidelberg», qui réunissait tous les dimanches de nombreux sociologues chez Max et Marianne Weber. Ce qui m'a conduit à nuancer mon approche et, d'une certaine façon, a également orienté mon parcours. Quelques passages de mon livre ayant suscité l'intérêt de Jean Séguy, chercheur du Groupe de sociologie des religions, ce dernier m'a invité à venir exposer devant son équipe la curieuse histoire de ce cercle, aux réunions duquel participaient notamment deux jeunes juifs de culture allemande: György Lukács et Ernst Bloch. Au fond, c'est grâce à ce détour par Weber que je suis «entré en religion», c'est-à-dire devenu sociologue des religions. Dans les années 1980, j'ai retrouvé Weber, cette fois sous l'angle de la sociologie de la connaissance. Je m'intéressais à sa conception de l'objectivité dans les sciences sociales, qui combine un aspect historiciste - l'importance des valeurs pour la connaissance - et un aspect plus discutable, mis en avant par les lectures positivistes de son oeuvre: la proposition d'une science Wertfrei (libre de jugements de valeur). Par la suite, le concept d'«affinité élective» est devenu le principal outil d'analyse de mon livre sur la culture juive d'Europe centrale. Il m'a, en effet, permis de rendre compte des «correspondances» ou des analogies structurelles entre messianisme juif et utopie libertaire dans l'oeuvre de penseurs juifs de culture allemande comme Martin Buber, Gustav Landauer, Walter Benjamin ou Ernst Bloch. Outre les références à Weber dans mes livres, j'ai consacré, surtout au cours de ces dernières années, plusieurs essais à son oeuvre, à son rapport à Marx et à ce que j'appelle, à la suite de Merleau-Ponty, le «marxisme wébérien». On en retrouve certains développements, largement réécrits et reformulés, dans ce volume, dont le fil conducteur, ainsi que l'indique le titre, est la civilisation capitaliste comme «cage d'acier». Une précision sur ce terme s'impose: il s'agit d'une traduction approximative, due au sociologue américain Talcott Parsons, de l'expression allemande Stahlhartes Gehäuse, qui signifie en réalité habitacle dur comme l'acier. Je conserve néanmoins la première version, malgré son imprécision, parce qu'elle est largement entrée dans le langage - pas seulement dans le vocabulaire sociologique - et a ainsi gagné une sorte de vie propre.
Les thèses Sur le concept d'histoire" (1940) de Walter Benjamin constituent un des textes philosophiques et politiques les plus importants du XXe siècle. Dans la pensée révolutionnaire c'est peut-être le document le plus significatif depuis les Thèses sur Feuerbach de Marx. Texte énigmatique, allusif, voire sibyllin, son hermétisme est constellé d'images, d'allégories, d'illuminations, parsemé de paradoxes étranges, traversé d'intuitions fulgurantes " écrit Michael Löwy, en ouverture de cet "avertissement d'incendie" qui en propose une interprétation au mot à mot, phrase après phrase pour en comprendre tous les enjeux. Au croisement de ce qui est au coeur de la pensée de Benjamin, les Thèses proposent une vision de l'histoire à contre-courant de l'idée de progrès, témoignant d'une véritable fusion dialectique entre romantisme allemand, pensée marxiste et messianisme juif. Elles incarnent un moment de la pensée du XXe siècle où l'intelligence a supplanté le dogme.
Vers la fin du XIXe siècle apparaît en Europe centrale une génération d'intellectuels juifs dont l'?uvre allait marquer la culture moderne. Puisant en même temps à des sources allemandes (le romantisme) et juives (le messianisme), leur pensée s'organise autour de l'idée (kabbalistique) du Tikkoun: la rédemption. Quelques-uns parmi eux sont plus orientés vers la religion: Martin Buber, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig. D'autres sont plus attirés par les utopies sociales: Ernst Bloch, Georg Lukàcs, Erich Fromm. Entre les deux, à la fois à l'écart de tous les courants et à la croisée des chemins: Walter Benjamin et Franz Kafka. Malgré leurs différences, il existe entre tous une étonnante communauté spirituelle, fondée sur l'affinité élective entre la rédemption messianique et l'utopie libertaire. Ce livre est la première tentative de retrouver le réseau occulte qui les relie.
Résumé : La littérature peut-elle contribuer de façon significative, et peut-être mieux que la sociologie, à la connaissance de la réalité sociale ? se demandent Erwan Dianteill et Michael Liiwy. Peut-elle même apporter des éclairages qui vont au-delà des acquis des sciences sociales ? A travers l'étude de différents textes littéraires, de Huysmans à Ahmadou Kourouma, de Brecht à Umberto Eco, de Borges à Alison Lurie, les auteurs explorent les richesses du corpus littéraire quand il s'agit de comprendre les phénomènes religieux. Après les " approches classiques ", les " approches insolites ", les " approches dissidentes ", voici l'" approche littéraire " de la sociologie des religions qui complète ce cycle initié aux PUF en 2003.
Peu d'auteurs ont saisi avec autant d'acuité les caractéristiques de la modernité occidentale comme Max Weber: désenchantement du monde, rationalité instrumentale, domination rational/bureaucratique, différentiation des sphères, polythéisme des valeurs. Peu d'auteurs ont laissé une empreinte aussi profonde sur les débats historiques, sociologiques, épistémologiques et philosophiques du XXe siècle, suscitant controverses, interprétations et réinterprétations. Ce qui ne veut pas dire que son oeuvre n'est pas rigoureuse et cohérente. Simplement, par sa richesse, sa subtilité, son approche pluraliste des causalités, sa méthodologie complexe, mais aussi son ambivalence envers les manifestations centrales de la modernité l'État bureaucratique, l'économie capitaliste il se prête à des lectures différentes, sinon opposées.
Résumé : Homme secret, cinéaste exigeant, Michael Haneke se révèle de manière étonnante dans ce livre, le premier en français qui lui est consacré. Fruit d'une soixantaine d'heures d'entretiens entre Vienne et Paris, cet ouvrage, illustré de 136 photos rares ou inédites, permet au réalisateur de Funny Games et du Ruban blanc d'exprimer sa conception du septième art et sa perception du monde contemporain. Face à Michel Cieutat et Philippe Rouyer, deux critiques de la revue Positif, Michael Haneke revient sur ses années de jeunesse et ses mises en scène au théâtre avant d'évoquer, film par film, son travail à la télévision et au cinéma, de ses débuts en 1974 à son dernier film sorti en 2017, Happy End. Au gré d'échanges libres et passionnés, se dégage l'image d'un créateur singulier, perfectionniste et plein d'humour, qui compte parmi les grands humanistes de notre temps.
C'est l'histoire d'un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d'une cité. C'est l'histoire d'un été, saison dangereuse et violente. C'est l'histoire de Jérémie, de son obsession pour Sami. L'histoire d'une désertion aussi. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir.
Résumé : Du temps de ses exploits sportifs, la presse comparait Thierry Rey à un chat. Et ce chat a bel et bien eu sept vies. Minimum. L'une de celles-ci, épisode traumatique, l'a décidé à raconter les autres, pour rassembler les pièces de son puzzle. Du judo - il fut champion d'Europe, champion du monde et champion olympique - aux plateaux de cinéma. Des grandes années Canal+ au Lagardère Paris Racing. Sa vie sentimentale l'entraînera, sous le septennat de Jacques Chirac, jusqu'aux portes de l'Elysée. Qu'il franchira plus tard en devenant conseiller sport du président Hollande. Après avoir fait campagne pour la candidature victorieuse de Paris aux JO de 2024, il a intégré son comité d'organisation. Des sphères qu'il réexplore sans nostalgie, mais non sans humour. Sept vies, mais portées par une détermination unique.
Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d?hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu?il n?était qu?un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l?époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu?est-elle devenue ? L?absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s?exile en Amérique, tournant la page d?une enfance meurtrie.Mais à l?appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l?Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.Notes Biographiques : Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l?auteur de romans, de contes et d?essais. Elle préside la fondation WWF France. Son dernier roman, Soudain, seuls, a été un véritable succès. Il s?est vendu dans dix pays, et est en cours d?adaptation cinématographique.