C'est par la traduction qu'en fait Pierre Coste que l'Essay concerning human understanding de John Locke se fait connaître en France. Voltaire y voit l'oeuvre d'un sage qui, après tant de raisonneurs qui ont fait le roman de l'âme, vient en faire modestement l'histoire. Modestement, certes. L'ouvrage n'en est pas moins polémique pour autant. Il s'agit en effet d'un débat chaudement engagé avec plusieurs adversaires à la fois : les innéistes, les Enthousiastes, Hobbes aussi (mais sotto voce), et même avec ceux dont il s'inspire pourtant : Aristote et Descartes. C'est le contexte de ces débats que cette édition s'efforce de recréer. La traduction de Coste y contribue beaucoup. Elle situe cet ouvrage résolument dans la mêlée, non seulement par les annotations qu'y apporte ce traducteur, mais aussi par le fait qu'on y retrouve, dans un français classique qui répond à l'anglais tout aussi classique de Locke, toute la force de l'argumentation, toute l'éloquence des plaidoyers : la précision du langage philosophique et la fidélité à l'original y sont manifestes. Locke en aura d'ailleurs eu lecture au fur et à mesure qu'elle avançait, et l'aura approuvée. Les annotations qui y sont apportées aujourd'hui visent à la rendre accessible au plus vaste public possible : étudiants autant que spécialistes. Elles tentent également d'apporter quelque éclairage sur ce que Coste estimait sans doute aller de soi et qu'il pouvait donc se permettre de passer sous silence, aussi bien que sur ce qu'il n'aurait pu anticiper : les prolongements éventuels de la doctrine de Locke chez ses successeurs et ses répercussions auprès de ses critiques plus lointains.
Résumé : Les écrits sur la monnaie de John Locke ont été publiés à la fin du XVIIe siècle, à une époque de bouleversements politiques et économiques, où l'on se détachait peu à peu des pratiques et des habitudes de pensée héritées du Moyen Âge. Textes de circonstances, souvent polémiques, ils jettent aussi les bases, avant Adam Smith, d'une science économique naissante. Souvent cités, ils ont été peu traduits. Cette première traduction intégrale en français du recueil de 1696 permettra à chacun - philosophe, économiste, historien - de les redécouvrir, en approchant au plus près du texte original.
La Lettre sur la tolérance, publiée anonymement en 1689, est l'un des textes majeurs du débat qui s'est déroulé en Europe, du XVIIe au XVIIIe siècle. " L'excellente Lettre de Locke " (dixit Voltaire) annonce le débat sur toutes les formes de liberté individuelle (goûts, mœurs, croyances, sexualité...) et sur les limites qu'impose le respect de l'autre. Ce texte fondamental eut une influence déterminante sur le siècle des Lumières. Il n'est pas vain de s'y reporter à une époque où l'esprit de la tolérance se raréfie.