Si cette recherche sur la nature de l'entendement permet de découvrir ses pouvoirs (leur portée, ce à quoi ils sont plus ou moins adaptés, les cas où ils font défaut), je crois que cette recherche peut être utile : elle permettra de maîtriser l'esprit agité de l'homme, d'être plus prudent quand il traite de choses qui excèdent sa saisie, de s'arrêter quand il est arrivé en bout de laisse et de se satisfaire d'une tranquille ignorance concernant les choses que l'examen révèle hors d'atteinte pour ses capacités. Alors, peut-être, serons-nous moins pressés, sous prétexte de connaissance universelle, de soulever des problèmes et de nous inquiéter (nous-mêmes et autrui) de débats sur des objets auxquels notre entendement n'est pas adapté, des objets dont nous ne pouvons élaborer dans notre esprit aucune perception claire ou distincte, ou dont nous n'avons absolument aucune notion (ce qui sans doute est arrivé trop souvent). Si nous pouvons découvrir jusqu'où l'entendement peut porter son regard, jusqu'où ses facultés lui procurent de la certitude, et dans quels cas il ne peut que juger et conjecturer, alors nous pourrons apprendre à nous contenter de ce qui nous est accessible dans l'état où nous sommes ".
Résumé : Houston, Texas, 1996. Les élections municipales approchent, qui voient s'affronter Sandy Wolcott et Axel Hathorne, l'ancien chef de la police. Pour la première fois, un Afro-Américain est sur le point de l'emporter, grâce au soutien massif des habitants de Pleasantville, bastion de la classe moyenne noire. Alors que la campagne bat son plein, une femme disparaît. S'agit-il d'un crime de rôdeur ? D'une manipulation ? L'avocat Jay Porter mène l'enquête et fait de troublantes découvertes...
Locke rédige autour de 1693 plusieurs notes sur la philosophie de Malebranche. Ces critiques n'ont pas eu le succès de celles d'Arnauld. Elles participent pourtant à la même controverse sur le statut des idées. Mais l'idée n'est pas l'essentiel ; Locke en traite dans le cadre d'un débat plus large : comment accroître notre savoir limité ? La critique a une visée pratique : s'opposer à la vision immédiate des vérités éternelles et à l'assurance qui en découle. La tolérance et la liberté individuelle dépendent de la modestie de chacun dans la recherche d'une connaissance limitée. La critique de Locke est loin de toujours respecter la pensée de Malebranche, mais elle manifeste les risques encourus quand on fait de Dieu un instrument de la connaissance plutôt que son terme inaccessible. Cette nouvelle édition traduit les textes connus, ajoute des manuscrits inédits et les insère dans une présentation à deux voix, pour mieux déployer la cohérence interne de chacun des protagonistes.
Conçu intialement par Locke comme un chapitre supplémentaire de l 'Essai sur l'entendement humain et publié pour la première fois dans un volume d'oeuvres posthumes, ce texte aborde les thèmes majeurs qui ont occupé Locke, tels que la théorie de la méthode, l'art de penser et la logique, et offre ainsi une vision de la pensée en développement et en devenir du philosophe.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.