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L'Enfant de Calabre
Locandro Catherine
H D ORMESSON
18,00 €
Épuisé
EAN :9782350872124
DIÊN BIEN PHU. 17 FÉVRIER 1954. La jeune fille lui racontait des choses anodines. Sa vie de tous les jours. Mais elle le faisait avec application, n'omettant rien de ses longues heures de travail à la filature de coton, ou de ses sorties du samedi après-midi, lorsqu'elle retrouvait ses amies de l'usine au Caffè Mulassano, sous les arcades de la Piazza Castello. Elle s'appelait Lidia et avait dix-neuf ans. Sa lettre, cinq feuilles rose pâle recouvertes d'une écriture régulière, détaillait au fil de lignes droites et sans ratures les gestes simples d'une existence ordinaire. Il avait le sentiment de lire une langue étrangère. Les mots résonnaient dans sa tête, il en murmurait certains, comme pour mieux les comprendre, mais ils demeuraient des sons vidés de leur sens. Ce qu'ils dépeignaient appartenait à un monde qui n'était plus sien. Lui vivait comme un insecte, sous terre, dans des alvéoles qui menaçaient à chaque tir d'obus de s'effondrer pour l'ensevelir. Une termitière à échelle humaine cernée de collines sombres. Cette histoire de lettres, c'était un ordre du commandant de compagnie. Dès l'arrivée à Hanoi, la veille d'être transportés par avion à Diên Bien Phu, il avait demandé aux hommes du bataillon qui étaient célibataires et sans contact avec leur famille de se trouver une marraine de guerre, une femme issue de leur pays d'origine avec qui correspondre. Le lieutenant Cabiria, dont le père était italien, avait donné l'adresse de son cousin à Turin en disant: «Écris-lui. Il connaît sûrement une fille qui a envie de remonter le moral d'un jeune légionnaire...» Effectivement il en connaissait une, c'était Lidia, sa soeur cadette. Dans la première missive qu'elle lui avait envoyée, elle avait surtout évoqué sa famille. Son père, ouvrier chez Fiat, et sa mère couturière. Son frère s'était marié deux ans plus tôt. Ils habitaient tous dans la même maison, qui avait résisté à cinq générations et aux bombardements de la guerre. Son frère et son épouse occupaient le second étage, ses parents et elle-même le premier ainsi que le rez-de-chaussée. Une vraie famille. Face aux mots d'affection et de tendresse qu'elle avait employés à leur égard, il s'était senti démuni. Il avait répondu en racontant les nuits froides et les matins brumeux du pays thaï, les journées passées à creuser des abris pour s'y enterrer la nuit, le lit de paille humide sur lequel il dormait... Et cette attente d'une attaque ennemie qui ne venait pas, usant les nerfs et le moral des hommes. La deuxième lettre de Lidia était arrivée le matin même, amenée par un avion Dakota qui, en plus du courrier, avait transporté jusqu'au camp du matériel médical. Il profitait d'une soirée sans tir d'artillerie viet ni mission de reconnaissance pour la lire, allongé sur sa paillasse, dans son alvéole, à la lueur vacillante d'une bougie. Des ombres noires dansaient sur les parois de terre rouge. Il partageait cette caverne exiguë avec trois autres légionnaires, mais seul Matteo était présent, couché à un mètre de lui. Celui-ci s'était rapproché de la bougie, dont la lumière douce rendait son visage moins pâle qu'à l'ordinaire mais creusait davantage ses joues. Allongé sur le côté et légèrement redressé sur un coude, il écrivait. Lui aussi avait une marraine de guerre, grâce à Lidia qui avait recruté sa meilleure amie Barbara, une fille du même âge qu'elle qui travaillait également à la filature de coton. Concentré, il semblait imperturbable. Matteo, son frère d'arme, son seul frère, pensait-il souvent... Barbara avait glissé une photo d'elle dans la lettre qu'il avait reçue le matin. Il la lui avait montrée, un sourire de victoire sur les lèvres et sans faire aucun commentaire. Il gardait ce même cliché posé devant lui pour répondre à cette jeune fille blonde à l'air timide, qui paraissait le fixer de ses grands yeux clairs.
Présentation de l'éditeur Rome, 10 novembre 1995. Luca, marié et père d'une jeune femme, Guilia, est un professeur de philo sans histoires, qui enseigne depuis quatorze ans dans le même lycée. Pourtant, ce matin-là, quelques minutes avant le début des cours, la lecture d'un article de La Repubblica, qui le ramène vingt ans en arrière, va le bouleverser. Sans refermer le journal, ni payer son café, il part sans but à travers la ville. En 1967, le jeune Luca est figurant pour une émission de variété de la RAI. Il y rencontre la Chanteuse, diva tristement célèbre pour sa tentative de suicide après la mort tragique de son compagnon, un poète de renom. D'un simple regard, Luca mesure toute la douleur de cette femme. Elle, reconnaît en lui son amour disparu. Il entre ainsi par effraction dans ce cœur qu'elle pensait éteint. Leur liaison sera aussi secrète que passionnée. Mais rapidement les amants se heurtent à d'infranchissables obstacles, en dépit de la dévotion du jeune homme. La rupture est brutale. Si la Chanteuse se mue en bienfaitrice, jamais plus leurs chemins ne se croiseront. Huit ans après la mort de la Chanteuse, une biographie révèle la vérité sur leur amour. Luca va devoir faire un choix. Cette histoire, qui a fait de lui un homme à part, l'a tenu à distance du monde. Va-t-il enfin reprendre son existence en main, retenir sa femme sur le point de le quitter, et cesser de se laisser dévoré par le souvenir de cette fulgurante passion ? Après L'Enfant de Calabre, Catherine Locandro revient avec délicatesse et émotion sur la question de la perte amoureuse et du poids des secrets. Son écriture renferme cette part de vide, cette couleur sépia, qui habite son héros. Un personnage déchiré et poignant, qui a laissé filer sa vie, sans s'y accrocher.
Résumé : Luca, professeur de philosophie d'une cinquantaine d'années, prend chaque jour son café au comptoir de l'Alfredo, sur la Via Treviso, à Rome, en attendant le début des cours. Un matin, au hasard d'un article de journal, il retrouve un ancien amour, une femme qu'il a follement aimée puis perdue, près de trente ans auparavant. Elle était alors une star internationale, et lui, pas grand-chose. Le secret de leur liaison, dévoilé au grand jour, oblige Luca à reprendre le douloureux chemin des souvenirs...
Résumé : Ce soir-là, je ne redescendis pas sur le trottoir. Je regagnai ma chambre habituelle et me livrai à une introspection minutieuse. La conclusion de cette plongée en moi-même tenait en deux questions-réponses très simples : avais-je eu peur ? Non. Allais-je recommencer Oui. Le lendemain, j'achetai des porte-jarretelles à ma taille. "
Résumé : Mona n'a de Los Angeles que des images de cinéma. Alors, quand sa meilleure amie lui propose d'aller y passer deux mois pour réaliser une interview, elle se dit pourquoi pas.Elle, la quarantaine engourdie par la dépression, dévastée par une rupture.Elle, tranchant tellement avec son environnement, étrangère à tout, ville, pays, chaleur.Elle, absente d'elle-même, qui accepte pourtant et prend son envol. Pourrait-elle, sous le soleil californien, entre rencontres et introspection, se perdre un peu plus ou trouver, enfin, la route qu'il lui faut ?" Avec pour toile de fond les sublimes paysages californiens, Catherine Locandro réussit l'exploit, dans son quatrième roman, à la fois intrigant et nostalgique, de nous tenir en haleine jusqu'à la dernière ligne. Un vrai bonheur ! " Point de vue
Un roman choral tourbillonnant, rempli de tendresse, qui sent bon les embruns et le vent breton. Le temps d'un week-end, riche en émotions et en révélations, les personnages vont discuter, se souvenir et envisager l'avenir d'un œil neuf. Chaleureux, faussement léger et résolument optimiste !!!
Avec ce livre testament Jean d'Ormesson achève sa trilogie (Comme un chant d'espérance, Guide des égarés) qui constitue trois tentatives de réponse à la question : Que fais-je là ? Détective métaphysique, il poursuit ce questionnement et tente avec gaieté de percer ce mystère. Et au fil des pages nous invite à rêver, à espérer, à croire. "Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde. Comme vous. Avant vous sans doute : ma vie est déjà longue, j'approche du bout du chemin. Mais rien de plus capricieux que cette mort si certaine. L'histoire est imprévisible. Ce qu'il faut dire avec force dès le début de ce petit livre, c'est que personne n'est sûr de rien". Ainsi s'ouvre Un hosanna sans fin. "Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet. Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : "Il n'y a pas de Dieu". Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu".
Amour perdu de Bruges à Gand Lorsqu'ils se rencontrent Paul et Ava sont fraîchement séparés. Paul se remet à peine de son divorce, tandis qu'Ava - éternelle insatisfaite - a quitté son petit-ami pour la énième fois. Naît entre eux une amitié-amoureuse qui s'installe sans heurts, entre confessions, rires et séances de cinéma. Ils se frôlent, se réconfortent et se réparent, mais cette relation sur le fil peut-elle durer ? Faite de distance, d'humour et de pudeur, L'Année du chien est une variation subtile sur le sentiment amoureux, la jalousie, le désir et la duplicité. Chacun des deux protagonistes essaie de tirer le meilleur parti de la situation - ou du moins l'espère-t-il. A travers le prisme de cette relation en équilibre, Stefan Brijs ausculte le caractère versatile de l'amitié homme-femme.
Le protocole de la conférence de Wannsee est aujourd'hui considéré comme le symbole même de l'organisation calculée, froide et bureaucratique du génocide des Juifs d'Europe." Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee réunit quinze dignitaires du IIIe Reich autour de la "question juive". Si toute la lumière n'a pu être faite autour de la tenue de cette rencontre, elle est considérée comme le point de bascule du régime nazi vers sa politique génocidaire. Selon Peter Longerich, deux visions s'y sont confrontées quant au sort des Juifs, celles de Himmler et de Heydrich. Révélant les tensions au sein de la direction de la SS et clarifiant les approximations qui entourent la rédaction du protocole de la conférence, l'historien s'attelle à en démonter le mythe et construit une lecture étayée des coulisses de ce moment charnière de la Seconde Guerre mondiale.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...