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L'enquête ontologique. Du mode d'existence des objets sociaux
Livet Pierre ; Ogien Ruwen
EHESS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782713213779
Les sociologues n'ont jamais cessé d'exprimer leur intérêt pour le problème dit de " la nature de la réalité sociale ". Pour nombre d'entre eux, le projet de clarifier ce problème n'est rien de moins que le programme complet de leur discipline. Mais la controverse autour de la nature de la réalité sociale est très loin d'être réglée. Des conceptions diamétralement opposées s'y affrontent, les unes " réalistes ", les autres " anti-réalistes ". Ce genre de controverse, relatif à l'existence ou à la non-existence de certaines entités (l'individu et la société, par exemple), et aux relations de dépendance ou de priorité entre elles, peut être dit " métaphysique ". Dans ce débat, certains des arguments requièrent une enquête sur la signification de termes centraux - " existence ", " état de choses ", " mental ", " physique ", " social ", etc. -, et sur la détermination de leurs relations. On peut appeler " ontologiques " les recherches relatives à ces termes centraux. Elles contribuent à spécifier le mode d'existence des objets sociaux. C'est à la présentation de telles recherches qu'est consacré le présent volume. Son idée principale est qu'une enquête ontologique, ouverte à l'imagination et à l'invention, peut, en enrichissant l'ontologie mobilisée, sortir la querelle sur " la nature de la réalité sociale " de certaines de ses impasses.
Résumé : Il n'est pas de société sans normes. Mais sont-elles simplement des contraintes imposées par les activités des autres, des règles pour des comportements sociaux, ou bien sont-elles liées aux valeurs de notre société ? Analyse de la notion : le juriste pense pouvoir décrire les normes d'un système juridique sans se poser la question de leur valeur. Le philosophe communautariste pense à l'inverse que nous devons nos évaluations aux normes de notre communauté de vie. L'un comme l'autre sous-estiment le fait que les nomes soient instituées. Créer et accepter une institution, c'est supposer qu'une fois devenue le cadre de nos activités, elle modifiera en retour les motivations qui guident les actions de chacun, rendant par là possibles des interaction qui ont pour nous une valeur. Dans cette perspective de l'institution, il est possible de distinguer les normes des valeurs, des règles et des conventions, et de poser la question d'une vérité des normes. Etude de textes : Nous irons des fondations conceptuelles de la règle aux mises en jeu des normes : de Wiggetstein, qui dans ses Recherches philosophiques insiste sur le lien des normes à leur usage, à Leibniz qui dans son Des conditions envisage des obligations conditionnelles à des faits ; puis de Kelsen, qui pense les normes à la fois dans leur positivité et leur caractère d'obligation, à Aristote (Ethique à Nicomaque) qui nous montre sur quels principes de justice peuvent reposer les normes.
Résumé : Les fondements de la théorie du choix rationnel, dans ses multiples déclinaisons (économie théorique, théorie de la décision, théorie des jeux, théorie de l'action que l'on trouve au c?ur de la philosophie analytique, etc.), ne sont plus aussi assurés en cette fin du XXe siècle qu'ils semblaient l'être durant, ou immédiatement après, la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'un John von Neumann ou un Leonard Savage en posaient les prolégomènes. A la source des difficultés présentes, on trouve l'ambition croissante de la théorie du choix rationnel d'expliquer, et surtout de fonder, des phénomènes très éloignés du champ à l'intérieur duquel elle s'était d'abord confinée. Le défi le plus grand que le choix rationnel s'est fixé à lui-même est de rendre compte de la possibilité du jugement moral dans un monde d'individus isolés, autonomes et intéressés (et notamment de la promesse, de l'engagement, du contrat, de la parole donnée et tenue, de la menace, de la dissuasion crédible et efficace). C'est en tentant de relever ces défis que les théoriciens ont rencontré sur leur chemin, comme autant d'obstacles inattendus, des paradoxes redoutables. Ce livre présente les recherches les plus récentes dans le domaine. Il s'en dégage la thèse que le paradigme de la rationalité est radicalement incomplet. L'idéal de transparence qui est au c?ur de la théorie du choix rationnel est incapable de venir à bout de l'extériorité et de l'opacité du collectif. Si elles ne prenaient appui sur des références extérieures qui les guident en les " poussant ", les interactions entre acteurs rationnels seraient en général incapables de produire à elles seules quoi que ce soit de déterminé. Les recherches ici présentées s'attachent à définir ce que sont ces dispositifs collectifs cognitifs qui encadrent et servent de support aux décisions individuelles. Elles s'inscrivent dans cette synergie entre sciences sociales, sciences cognitives et philosophie qui renouvelle aujourd'hui les sciences de l'homme.
Résumé : Ce livre voudrait soutenir une thèse sur le vital : ce n'est tout simplement pas au philosophe d'en parler le premier. Il n'a rien à dire sur cette question avant ce que fait le savant. Et nous voulons même l'affirmer en un sens plus radical : il y a bien des aspects physiques du vital. Ainsi commence à se dessiner une perspective : pour traiter la question du vital, il faut accepter d'abord que le point de vue de la conscience ne soit pas originaire. Ne nous fions pas aux apparences : tout ne commence pas avec le verbe de la conscience. Tout commence donc avec un geste, un geste systémique. Le point de vue systémique est celui de la science et son geste nous précipite hors du monde de la conscience. Il n'est donc pas possible de comprendre le vital, sans interpréter, sans écouter ce mouvement de bascule qui va et qui vient entre le monde de la conscience et le monde de la science interminablement. C'est ainsi que commence à naître une nouvelle métaphysique de la nature, une philosophie, non plus de l'être de l'étant, mais de cet être dans cet étant.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.