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Processus sociaux et types d'interactions
Livet Pierre ; Conein Bernard
HERMANN
33,45 €
Épuisé
EAN :9791037005595
Tenir compte du fait qu'une société est toujours en devenir exige de la comprendre en termes de processus. Les processus de base sont des interactions, mais les processus sociaux ne se bornent pas aux interactions directes, face-à-face. Les auteurs de ce livre, un philosophe et un sociologue, montrent qu'il existe au moins trois autres types d'interactions : celles par lesquelles nous tenons compte des interactions de nos partenaires en notre absence ; les longues chaînes et réseaux d'interactions auxquelles nous appartenons directement ; nos propres interactions qui sont re-décrites de manière symbolique et sont réglées par des institutions. Les processus sociaux, même lorsque nous les vivons comme des reprises, explorent sans cesse des virtualités nouvelles. Sont ici étudiées ces différents types d'interactions et les manières dont elles combinent reprises et virtualités, en analysant les coordinations de mouvements, les conversations - en particulier les commérages -, les formations d'action de groupe, le rôle social des artefacts, le fonctionnement social des connaissances, les réseaux sociaux, les organisations, les institutions, les émotions collectives et les rituels sociaux.
Résumé : Les émotions ont un rôle important dans nos interactions sociales. Sans émotions, nous avons du mal à faire des choix. Quand notre environnement déçoit nos attentes de manière répétée, nos émotions nous signalent qu'il serait rationnel de changer nos attentes, c'est-à-dire de procéder à des révisions. Le partage des émotions, qui est la clé de notre sentiment d'appartenance à une communauté, nous amène à révéler nos valeurs, parce qu'il permet de résister face à un monde décevant. Si même une fois révisées nos croyances, nos émotions se maintiennent, elles manifestent alors des attentes bien enracinées, qui sont nos valeurs réelles. Pour étudier les valeurs collectives, il faut donc étudier les émotions, la manière dont elles incitent à des révisions, et comment leur partage collectif renforce nos résistances. La rationalité morale s'appuie sur les émotions. Celles-ci sont sensibles aux détails des situations, et cette rationalité dépend des contextes, si bien qu'elle propose des arguments qui restent révisables quand le contexte change. Ne résistent à toute révision que nos sentiments d'injustice. L'originalité de ce livre est donc d'étudier les émotions et les valeurs, individuelles et collectives, dans la dynamique de leurs changements, de leurs révisions et de leurs résistances, et d'utiliser ce lien entre émotions et révisions pour mieux définir la spécificité d'une rationalité morale.
Ce livre est le résultat d'un dialogue fécond entre un économiste et un philosophe. Il montre dans quelle mesure et avec quelles limites les apports récents des neurosciences permettent de mieux comprendre aujourd'hui nos interactions sociales. Il revisite ainsi les questions, classiques en économie, de la coordination des actions et de la coopération des agents, en intégrant les différents processus émotionnels et cognitifs qui y contribuent, notamment à travers les réseaux sociaux. Il explore également les conditions d'émergence des conventions sociales et le fonctionnement des normes qui régissent les comportements des individus. Ainsi se dégagent des idées nouvelles, qu'il s'agisse de l'interintentionnalité des sujets, de la dynamique intertemporelle qui guide leurs relations, des diverses modalités que peut prendre la confiance, ainsi que des formes de contrôle explicite sur les comportements sociaux des agents.
Fouqueré Christophe ; Lecomte Alain ; Livet Pierre
Ce livre présente des travaux menés sur la question de l'interaction dans le langage par cinq chercheurs pluridisciplinaires, réunis par une réflexion autour des progrès récents de l'informatique théorique dans leur relation avec les sciences humaines et sociales. Les auteurs abordent les bases de la théorie mathématique de l'interaction dans le contexte d'une grammaire des dialogues et montrent que les principaux concepts (polarité, localisation, convergence) renouvellent notre conception des objets linguistiques. Dépassant le périmètre réservé du dialogue, le modèle permet de voir dans toute construction argumentative une forme dialogique à l'oeuvre, définissable comme un processus calculatoire. Et, par-delà l'étude du langage, les processus pragmatiques y sont aussi analysés comme des processus sociaux par lesquels s'élaborent, se corrigent et s'influencent normes et discours, contribuant à dessiner des espaces de cognition sociale.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.