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Ils me traitaient de sauvage
Littlemoon Walter ; Rombauts André
MEO
17,00 €
Épuisé
EAN :9782807004764
Ces pages ont contribué à sauver un homme de son passé. Sonhistoire, Walter Littlemoon l'a longtemps gardée en lui. C'est sa compagne, Jane, qui l'a patiemment aidé à assembler ses souvenirs en prenant note sous sadictée de la tragédie d'une existence, la sienne, qui fait écho à celle de sonpeuple". Tuer l'Indien dans l'enfant pour sauver l'homme" fut ladevise immonde des pensionnats fédéraux dans lesquels Walter et tant de sesfrères ont été enfermés ! Il faut se représenter la scène : le SiouxLakota de 80 ans, dans la réserve de Wounded Knee, parlant, le regard fixe, à lamanière des anciens, pendant que Jane rapporte les persécutions, les brimades, le déclassement social, le racisme, la tentation d'en finir, mais aussi lesursaut qu'a permis une vision des anviens, et la résilience. Enoctobre 2021, après la parution de cet ouvrage, le Musée des Confluences de Lyona invité Walter Littlemoon à prononcer une allocution lors de la grandeexposition Sur la piste des Sioux. Il y a découvert, sauvés d'un passé qu'ilcroyait perdu, les parures et les vêtements de sa famille venue danser àBruxelles lors de l'Exposition universelle de 1935. A travers letémoignage d'un homme, cet ouvrage nous dit un peuple malmené par l'Histoire, qui se bat aujourd'hui encore pour la survie de sa langue et de saculture. Walter Littlemoon est né en 1942 à Wounded Knee, siège dudernier massacre d'Amérindiens, dans la réserve de Pine Ridge. A l'âge de 5 ans, il a été arraché à sa famille pour être place de force dans un pensionnatfédéral où il a été soumis aux vexations et à la maltraitance qui l'ont marqué àvie. Après un séjour à l'armée, il s'est engagé dans un travail de résilience àpartir de ses racines et dans la défense des valeurs et de la dignité de sonpeuple.
Jacinthe. Joli prénom que je déteste car j'ai des yeux brun fleur fanée. Par contre, j'adore ma tignasse. C'est elle qui m'entraîne dans des dessins de plus en plus fous. Alors j'oublie ma mère qui m'est presque étrangère, que j'appelle meman. Ou mèman. Et ce père, merveilleux à 75%. J'oublie aussi ce nuage infernal au-dessus de ma tête : le secret que me cachent mes parents." Nous plongeons dans sa vie, de ses huit ans à ses vingt-cinq ans. Avec son tempérament de feu, ses défis, crises, délires, révoltes, prises de risques. Mais aussi son humour ! On l'accompagne dans sa quête de la vérité. Et la construction de sa vie d'artiste.
Aux obsèques de Mia, Jean disjoncte et révèle à l'assistance médusée sa liaison avec la "parfaite épouse, mère de famille et enseignante" que l'on enterre, déclenchant une échauffourée dans une église qui n'en demandait pas tant. Relâché après une brève garde à vue, il revit leur amour nomade dans des chambres d'hôtels, chacune représentant un nouveau commencement et une ode à la vie, après avoir longtemps végété comme ami de la famille entre la femme qu'il aimait en silence, le mari obnubilé par son musée des deux guerres, deux ados révoltés contre la discipline à l'ancienne imposée par leur père, sans oublier sa propre mère mêle-tout et quelques figurants peu banals. La vie, toutefois, ne s'arrête pas avec la disparition d'une femme follement aimée… Un roman qui louvoie en permanence entre tension dramatique, non-conformisme social et humour aux confins du non-sense.
En 1966, un Boeing de la Sabena en provenance de Bujumbura débarque à l'aéroport de Bruxelles une fillette de six ans, tenant à la main une petite valise brune, que réceptionne un "Monseigneur". Celui-ci emmène l'enfant, "candidate" à l'adoption. Soulever le rideau, ouvrir le cadenas de la petite valise brune, c'est parcourir un trajet singulier imbriquée dans une histoire collective longtemps remisée au placard, un secret d'Etat et d'Eglise : l'arrachement forcé des métis, ces enfants de la honte nés sous la colonisation belge à l'heure des indépendances. Tout au long du récit, la part cachée de la narratrice interpelle sa part "licite" dans l'espoir qu'un jour les deux se rejoignent. Le lecteur suit la lente métamorphose de l'enfant et l'amputation de sa mémoire jusqu'à ce que son combat farouche contre l'oubli, ses efforts pour "recoller" ses moitiés éclatées débouchent sur la découverte de son étonnante identité. Une autofiction émouvante et lucide, qui nous montre à quel point une institution religieuse peut se placer au-dessus des lois et faire souffrir au nom d'une pseudo-morale dévoyée.