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Hermès N° 91 : La marche
Liquète Vincent ; Le Breton David ; Paquot Thierry
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271142313
Hermès aux sandales ailées est le dieu des voyageurs, des bergers, des commerçants, des voleurs et des orateurs. A l'occasion de cette quatre-vingt-onzième livraison d'Hermès, nous l'avons fait marcheur et transformé en guide pour la composition de ce sommaire. La marche est davantage qu'une fonction physiologique, anatomique ou musculaire, c'est la révélation de l'Autre. Et cette découverte de l'altérité, participe de la communication. Dire que l'être humain est relationnel, c'est dire qu'il va vers autrui pour construire une relation, relation qu'il ne cesse, sa vie durant, de lier, relier, délier et pour se faire, il marche. La marche ne consiste pas seulement à mettre un pied devant l'autre. Elle vise à satisfaire notre curiosité et à combler notre besoin de liberté. La curiosité de la découverte du monde et de soi-même (ses forces et ses limites), lors de randonnées, d'excursions, de déambulations, de flâneries... La liberté, avec les manifestations de rue, les pèlerinages, les processions et autres modalités collectives pour partager un même objectif, un même transport qui facilite l'unité d'un groupe. Mais la marche est parfois tragique, forcée et porteuse de la violence faite à l'Autre, jusqu'aux marches de la mort. Ainsi la marche est multiple, complexe et cette diversité de formes confirme sa grande importance pour faire société et analyser diverses composantes de la communication sociale. Elle révèle parfois même des situations d'incommunication voire d'acommunication au sein des sociétés et groupes d'individus. C'est ce que montrent les quarante contributions ici réunies qui fournissent la matière d'un original vade-mecum pour le marcheur contemporain. Vincent Liquète et David Le Breton Automne 2023
Résumé : Que deviennent les stéréotypes dans un monde surinformé, interactif et globalisé ? En réalité, ils n'ont jamais été aussi nombreux, divers et puissants qu'à l'ère des réseaux socio-numériques et de l'intelligence artificielle. Ils irriguent les discours, les pratiques et les imaginaires. Depuis l'apparition du mot dans son sens moderne de " représentation sociale partagée ", il s'est banalisé, tout en restant essentiel, sans pour autant susciter beaucoup de curiosité scientifique et intellectuelle. Pourquoi a-t-on encore besoin de cette forme de schématisation, de généralisation et de standardisation, qui permet de concevoir la réalité dans une représentation partagée et rassurante ? Ne faut-il pas repenser le mot dans toutes ses complexités, positives et négatives ? Comment se construisent et voyagent les stéréotypes et les représentations selon les modes de communication ? Quel rôle la culture, la diplomatie, la politique, la société, le sport... jouent-ils dans les transformations des stéréotypes et des catégories qu'ils contribuent à construire ? Hermès réinterroge le stéréotype dans sa complexité, son efficacité et l'évolution de ses formes, notamment dans les processus de communication et de cognition. Retravailler la relation entre représentation sociale et stéréotype, dans une perspective interdisciplinaire et comparative. Ceci afin de mieux comprendre les systèmes de valeurs, les cultures et les idéologies qui les structurent.
Résumé : Depuis les années 1980, les technologies de l'information et de la communication (TIC) et le numérique sont entrés à l'école. De nombreuses transformations ont affecté tous les systèmes éducatifs du monde. Ainsi, en France, ces changements se sont traduits par plus d'une dizaine de réformes successives. Mais au-delà des technologies impliquées, des équipements nécessaires et des apprentissages incontournables, le numérique véhicule avec lui des aspects de modernité, d'innovation et d'évidence. Dès lors, est-il encore possible de s'interroger sur les résonances ou dissonances qu'il apporte dans le monde "formaté" de l'école ? C'est ce que propose ce numéro de la revue Hermès en réfléchissant aux nouvelles modalités du face-à-face pédagogique, aux difficultés comme aux idéaux liés à l'entrée du numérique dans l'école, de la maternelle au lycée. Quel est le sens à accorder aux investissements financiers colossaux que ces programmes appellent ? En quoi le métier d'enseignant et le rôle de l'élève ont-ils changé ? Comment l'école s'est-elle organisée face aux géants de l'Internet ou face aux logiques du logiciel libre et des biens communs ? Quelles idéologies traversent ce mouvement, où cohabitent les utopies numériques autant que les promesses de l'immense marché du savoir ? Entre demandes sociales et exigences du marché du travail, que reste-t-il de la dimension critique et revendicative vis-à-vis de l'information ? Chercheurs, penseurs et acteurs examinent ici les logiques à l'oeuvre dans ce domaine et certaines lignes de tension qui le traversent. Le corps enseignant subit des injonctions pour utiliser, intégrer et s'approprier massivement le numérique. Facteur d'émancipation ou d'inégalités, de modernité ou de dépendance aux industries du numérique, la question fait controverse. Les contributions de ce numéro invitent à adopter un regard analytique et critique sur la place de ces nouveaux outils à l'école. Vincent Liquète et Benoît Le Blanc.
La volonté de l'école de personnaliser les parcours des apprenants pose aujourd'hui de manière renouvelée la problématique du travail de l'élève, de son individualisation, dans une logique d'autonomisation, ainsi que celle de la nécessaire adaptation des enseignants: il ne suffit plus d'acquérir à l'école des connaissances, l'élève doit apprendre à apprendre, être capable de s'approprier des méthodes personnelles de travail, de gérer son apprentissage. L'enseignant soucieux de développer ou d'améliorer le travail autonome trouvera dans cet ouvrage tous les repères et outils nécessaires tant au niveau historique et théorique que méthodologique et pratique, en tenant compte notamment des "nouveaux" dispositifs pédagogiques (itinéraires de découverte, éducation civique, juridique et sociale, travaux personnels encadrés, projets pluridisciplinaires à caractère professionnel, etc.). Outre un bilan analytique des pratiques existantes, sont envisagées des pistes de mise en ?uvre et d'expérimentation favorisant l'autonomie de l'élève.
Résumé : Classer, classifier, catégoriser : les objets culturels d?hier et d?aujourd?hui sont mis en ordre par des acteurs de plus en plus dépendants des institutions, des logiques, des idéologies et des cadres de la structuration des savoirs. Imposer un classement, ou s?en servir, c?est hiérarchiser les phénomènes et les êtres, en créant un ordre social et politique. A l?époque des "Big data", ces hiérarchisations et classements, générés par des algorithmes ou soutenus par des normes et des standards (ISO, W3C, WAI...), forgent des rapports de force et jouent un rôle de plus en plus visible dans le monde politique et social. Ce numéro d?Hermès analyser la nature même du pouvoir exercé par les acteurs du classement et de la classification (domination politique et intellectuelle ou au contraire d?exclusion, de stigmatisation, de marginalisation voire de déclassement). Les spécialistes de la communication décryptent ici leur place souvent contestée dans l?espace public. Ils reviennent également sur les grandes traditions classificatoires (scientifiques, disciplinaires) à travers l?histoire, et les idéaux qu?elles véhiculent, tout comme les moments de rupture et de controverse qui traversent en particulier les domaines professionnels (santé, documentaire, scolaire,...). Avec pour objectif de faire comprendre le rôle symbolique des acteurs-classificateurs dans l?histoire des idées. Dépassant le cadre institutionnel, ce numéro s?intéressera aussi aux communautés professionnelles et informelles qui génèrent puis mettent en oeuvre des nouveaux types de classements : entre représentants d?une intelligence universelle rêvée et acteurs-négociateurs d?un consensus souvent fragile, jouant un rôle de médiation scientifique, culturelle et politique majeur.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
(Texte provisoire) En bref Tout sur la monarchie à son âge d'or. Le livre Issue d'un ouvrage collectif sur les monarchies à toutes époques, cette contribution d'Yves-Marie Bercé, synthèse sur une forme politique dominante en Occident de la Renaissance à la Révolution française, est une formidable introduction à l'histoire de l'Europe à l'époque moderne. Il ne s'agit pas d'un catalogue des rois et reines du XVIe au XVIIIe siècle, mais bien d'une histoire de la monarchie à travers l'analyse des fonctions royales. Roi-père, roi-justicier, garant de la Paix. Les nombreux attributs du souverain - vrais ou supposés - soulignent le caractère sacré alors attaché à cette fonction. Mais qu'en est-il vraiment du pouvoir du roi ? Que nous disent les chutes de trône du caractère supposément divin de leur élection ? Quels sont les rapports du roi à l'Etat, alors naissant dans le courant du XVIIe siècle ? Comment l'épithète " absolue " que l'on accole alors à " royauté " se traduit-il dans la pratique ? Et surtout, quelles relations le roi entretient-il avec son peuple ? De François 1er à Louis XVI, d'Elisabeth 1re à Jacques II, de Charles Quint à Charles III le Bourbon, c'est l'âge d'or de la monarchie que nous fait revivre Yves-Marie Bercé, en fin connaisseur de la période. L'auteur Yves-Marie Bercé, chartiste, ancien membre de l'Ecole française de Rome, est professeur d'histoire moderne. Arguments - Une synthèse claire et accessible.