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CORRESPONDANCES RUSSES. 2 VOLS
LIGNE CHARLES JOSEPH
CHAMPION
170,00 €
Épuisé
EAN :9782745320957
On connaissait le cosmopolitisme du prince Charles Joseph de Ligne (1735-1814), ses voyages, notamment en Russie. Mais aujourd'hui, grâce à la découverte de nombreux textes inédits, l'étendue insoupçonnée de ses correspondances russes voit enfin le jour. Les éditeurs ont réuni 60 chapitres couvrant plusieurs décennies et qui mettent une fois de plus en pleine lumière ses goûts pour les amours, l'amitié, les armes et la plume. Un véritable monde nouveau est désormais accessible au lecteur, celui des intrigues diplomatiques secrètes, des aventures galantes, des exploits militaires et des échanges littéraires. Catherine II, Paul Ier, Alexandre Ier, Potemkine, Souvorov, Roumiantsev, la princesse Dolgoroukaïa, Ouvarov, Belosselski, etc. apprécient ses lettres et sa compagnie. Certes, quelques lettres avaient été publiées au cours des années, mais la présente publication offre, pour la première fois, l'ensemble complet et authentique de correspondances souvent inattendues, porteuses d'une " russophilie " dans la foulée de Voltaire, assez rare à son époque. Plusieurs lettres, retravaillées par le prince pour leur édition, ont retrouvé leur forme originale. Le contenu du présent volume a incité les éditeurs à en entreprendre un second essentiellement centré sur la guerre de Crimée. L'édition critique des Lettres à la marquise de Coigny sera englobée dans un vaste contexte historique incluant de nouvelles découvertes de taille. Un double index détaillé, nominal et géographique complète ce volume dont le résultat s'impose de lui-même : le prince de Ligne est un épistolier " incontournable ". Les éditeurs, Alexandre Stroev et Jeroom Vercruysse sont des dix-huitiémistes connus. Le premier est professeur à l'Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, le second est professeur émérite de la Vrije Universiteit de Bruxelles.
Le prince Charles-Joseph de Ligne (1735-1814) est célèbre et mal connu. Ce n'est pas le moindre paradoxe de ce militaire spirituel, écologiste avant la lettre, auteur, diplomate, l'homme aux "cinq ou six patries". Mais cet Européen unique est enseveli sous les compliments, les jugements qui ressassent inlassablement les mêmes "bons mots", les mêmes anecdotes vraies ou fausses, citent les mêmes textes, souvent mal édités, et qui ne représentent qu'une faible partie de son oeuvre. Le public cultivé mérite mieux. Depuis une douzaine d'années des signes évidents d'un réveil des études "lignistes" se multiplient. L'absence d'une édition critique et scientifique de ses oeuvres majeures ne s'en fait que plus sentir. Dans cette optique, ses mémoires, les fameux Fragments de l'histoire de ma vie jouent un rôle de première importance. Jeroom Vercruysse a pu travailler sur les manuscrits conservés en mains privées et en découvrir d'autres totalement inconnus. Son travail propose un texte enfin sûr, complet et vivant. Un autre personnage que le "prince rose", libertin ou léger de la tradition émerge ici. Ces pages nous offrent ses analyses souvent hardies, toujours piquantes sur son époque, ses contemporains, Versailles, Vienne, Saint-Pétersbourg, l'Ancien Régime, la Révolution, l'Empire napoléonien. Un homme y confesse avec une rare franchise ses passions, ses doutes, ses douleurs parfois intimes, toujours émouvants.
Je vous écris ce petit mot pour vous dire que j'arriverai chez vous, rue de la Clairière de la Forêt, le mardi 21 décembre à 7h43 du matin. J'en profiterai pour vous rendre visite dans votre charmante demeure et y prendre le petit déjeuner avec vous. Amitiés. Mademoiselle Hiver Winter". Ce n'est pas tous les jours que Madame Ourse reçoit du courrier, et ce n'est pas tous les jours non plus que Mademoiselle Hiver Winter vient prendre le petit déjeuner. Le 21 décembre... mais c'est demain ! Mademoiselle Hiver Winter aime-t-elle les crêpes aux fraises ? Sûrement. Madame Ourse, tout excitée, court faire des emplettes au marché. "Je reçois Mademoiselle Hiver Winter pour le petit déjeuner, demain. Elle-même, en personne ! " dit-elle à Madame Poule, Madame Cochon, Madame Lapine et aussi à la vache Rouquine. La nouvelle fait le tour du marché, si bien que le lendemain, dès 7 heures, il y a foule devant la maison de Madame Ourse. Heureusement, elle a prévu une énorme quantité de crêpes aux fraises. Et pour faire un beau bonhomme de neige, être nombreux c'est toujours mieux.
Résumé : Personnage singulier entre tous, le Prince de Ligne plane comme une figure légendaire à l'écart et au-dessus du siècle des Lumières. Son génie entre en incandescence dans le temps même que ce siècle disparaît. Ayant attendu les vingt dernières années de sa longue vie pour devenir l'auteur des trente-quatre volumes que constitue son oeuvre, le Prince de Ligne dépose au milieu d'une époque qui n'est plus la sienne, au début du XIXe siècle, la puissante synthèse d'un monde tout juste révolu. Aristocrate né à Bruxelles en 1735 dans l'une des plus anciennes familles du Hainaut, il se doit à la carrière militaire et diplomatique, ce qui l'envoie partout en Europe et lui permet de cultiver un goût naturel pour le détachement : car il ne sera l'esclave d'aucune idéologie en un temps où prendre parti est une obligation autant qu'un divertissement. A l'agitation d'un siècle qui aboutit à la Révolution le Prince accorde une réconciliation dans un style, une attitude et un sourire dont aucun de ses prédécesseurs ne sut trouver l'apaisante tonalité. Emblème de son esprit, de sa sagesse comme de ses sentiments, l'ouvrage qui réunit ses maximes, Mes Ecarts, et qui est aussi éloquemment intitulé Ma tête en liberté, regroupe la somme de ses pensées et dresse le portrait d'une âme autant que le système d'un esprit. Souvent publiés par bribes alors qu'on n'a jamais vraiment pu les lire depuis leur première parution, les Ecarts sont ici édités en entier. Le Prince de Ligne est l'ultime grand moraliste de langue française : Ma tête en liberté porte à son dernier mot le génie d'une tradition inaugurée par La Rochefoucauld. Mélange " sentimentaire " d'un militaire paradoxalement empli de préciosité, d'un rêveur alliant métaphysique et fantaisie, Ma tête en liberté est l'oeuvre d'un auteur classique dont la pensée veut se constituer à l'écart de ce qu'il a vu et qu'il a connu, dont il a tiré une éthique de la hauteur de goût et une morale de l'élégance sans implication. Maxence Caron.
Pourquoi un nouveau livre sur Napoléon ? C'est que les textes présentés sont issus de la plume d'un feld-maréchal autrichien, Belge de naissance et Français de culture. Le prince de Ligne, qui se veut objectif, admire le savoir-faire militaire de Napoléon et le hait comme personnage. Son hostilité a grandi en suivant le cours des événements. Depuis les campagnes d'Italie jusqu'à la chute de 1814, une soixantaine de textes concernent le Corse, la plupart inédits à ce jour, évoluent, se crispent, tournent à l'hostilité la plus directe. L'empereur des Français, Bonaparté selon la mode du temps, devient un nouveau Charlemagne pour finir en Satan 1er. Pourquoi ? Le prince de Ligne, l'Européen aux "cinq ou six patries" est un patriote inconditionnel. Il a servi ses souverains avec ardeur, zèle et même avec témérité. Dès lors il ne supporte pas qu'un conquérant, sorti du rang, s'empare coup par coup de la plus grande partie de l'Europe, et s'en prenne à cette Autriche qu'il a toujours servie loyalement. Le prince de Ligne voit, non sans quelque nostalgie, disparaître sans retour une certaine Europe, un style de vie aussi. Ses textes sur les relations franco-autrichiennes enrobent les portraits les plus divers de Napoléon à la manière de son maître Voltaire, s'affublant de dignités diverses, souvent fictives et multipliant sans cesse les tons. De l'analyse lucide et froide il passe la rêverie utopique sans oublier les parodies, les portraits, et les confidences de ses lettres amicales. Ces textes sont demeurés inconnus, à l'exception d'une série de missives qu'il laissa échapper et lui valurent bien des ennuis. Si le lecteur se donne la peine de lire tous les textes, il en sera rapidement convaincu. Un enlèvement, un accident, l'aurait bientôt fait taire à tout jamais. On découvrira donc ici non seulement un nouvel aspect de la personnalité complexe du prince de Ligne mais aussi une verve, une fougue méconnues.