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Lettres sur l'Angleterre
Lichtenberg Georg Christoph ; Plard Henri
CIRCE
16,77 €
Épuisé
EAN :9782908024265
Songez en outre à ceci : depuis que cet homme d'excellente culture, et, qui mieux est, doté par la Nature de tous les dons de l'esprit qui font le grand acteur, une fois son Droit achevé, à vingt-quatre ans, s'est montré sur la scène de Goodmans Fields, et a dépassé dès cette première tous les autres acteurs de son temps, il est devenu l'idole de la nation, le piment de la bonne société et le favori des grands. Il a eu pour amis presque tous les auteurs anglais d'à présent, qu'on lit, qu'on imite et qu'on singe tant chez nous. Il les a aidés à créer. Son sens de l'observation lui a permis de lire clairement dans la nature humaine, depuis les raffinés et les pré- cieux de Saint-James jusqu'aux brutes des gargotes de Saint-Gilles. Il a fait ses classes à l'école qu'a également fréquentée Shakespeare, et où, comme celui-ci, il n'a pas attendu, bouche bée, des révélations, mais s'est adonné à l'étude (car en Angleterre, contrairement à l'Allemagne, le "génie" n'est pas tout), je veux parler de Londres, où un homme pourvu d'un pareil don d'observation peut donner à ses principes tirés de l'expérience, en un an, plus de justesse qu'on n'en pourrait acquérir durant une vie entière dans une petite ville, où chacun craint et espère les mêmes choses, a les mêmes admirations, les mêmes histoires, et où tout n'est que conformisme...".
Ce livre reprend un choix de pensées du Miroir de l'âme, anthologie publiée aux Editions José Corti en 1997. Il compte certains aphorismes inédits et une nouvelle introduction.
Des nombreux essais littéraires et écrits satiriques de G. C. Lichtenberg (1742-1799) seuls ont été traduits, en 1797, les Commentaires sur les gravures de Hogarth, jamais réédités jusqu'à aujourd'hui. Le présent ouvrage propose au lecteur deux chapitres de cette belle traduction, enrichis d'illustrations accompagnant le texte (ici donné dans l'orthographe de l'époque). Graveur et peintre, William Hogarth fut une figure majeure de l'Europe artistique du XVIIIe siècle. C'est dans ce qu'il appelait ses " pièces morales ", où il fustigeait les moeurs de la société britannique, qu'il atteignit sa plus grande virtuosité. Ainsi, c'est le père de l'estampe satirique anglaise et le précurseur de la caricature que Lichtenberg honore à travers la lecture qu'il fait de quelques-unes de ses gravures.
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Simmel entreprend à la fin de sa vie quatre méditations. Il y présente sa propre philosophie. Il s'engage dans une réflexion sur la vie humaine dans son élan incessamment renouvelé, mais aussi sur les formes où cet élan se dépose, qui constituent les oeuvres de la culture : les institutions, les réalisations de la technique ou l'art. En considérant ce qui excède la vie, Simmel fait place à la négativité. Penser la mort à même la vie, c'est considérer la finitude, mais aussi la condition de la culture. La mort est ce qui sépare l'individu, qui rend les mondes partagés nécessaires. Et si, étant mortels, les êtres sont individuels, quelle serait la morale pour un individu séparé, sinon de tâcher de suivre sa propre loi ? Comment penser jusqu'au bout l'individualisme de notre modernité ?
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.