Au tournant des années 2020, un groupe assez large d'internautes (journalistes, médecins, ingénieurs, youtubeurs, etc.) s'est fait connaître en prenant des positions sur les réseaux sociaux en faveur de la science et d'une vision de la rationalité. Leurs cibles : les porteurs de théories du complot, certains militants écologistes hostiles aux produits industriels, les partisans des médecines naturelles, ainsi que de nombreux anonymes qui, dans leur communication numérique, s'écartaient des principes de la méthode scientifique. Ces "clercs" ont ainsi importé dans les espaces numériques des controverses actuelles autour de l'homéopathie, du glyphosate, de la vaccination, du nucléaire ou de l'utilisation de l'hydroxychloroquine. Quelles sont leurs façons d'argumenter, d'échanger, de fonctionner en communauté ? Les réseaux sociaux sont régulièrement considérés comme le lieu privilégié de circulation des fake news, rumeurs et théories du complot. Nombreux sont pourtant ceux qui résistent aux contre-vérités et incarnent une nouvelle tendance de fond de nos sociétés : celle la revitalisation des expertises et des positions rationnelles. Comment luttent-ils contre les fake news et l'infodémie ? Comment assurent-ils les conditions d'un dialogue raisonnable ? Destiné à un grand public éclairé, aux chercheurs en digital humanities ainsi qu'à ceux qui s'intéressent aux grands débats actuels dans le champ de la santé et de l'écologie, cet ouvrage présente de nouvelles approches méthodologiques pour protéger notre démocratie numérique.
Le concours de l'Ecole Polytechnique est le concours de référence pour les élèves des classes préparatoires scientifiques. Aucun ouvrage à ce jour ne comportait d'une manière aussi exhaustive les problèmes posés à l'oral de cette prestigieuse école. J. Vauthier, après huit années passées à interroger au grand oral, livre ses exercices qui, années après années, avaient été mis au point à partir de lectures d'articles de revues mathématiques internationales. J.C. Leccia, professeur de mathématiques spéciales, a apporté sa compétence pour la préparation des élèves aux grands concours. C'est ce travail conjoint qui constitue la deuxième édition de ce livre qui a aidé des générations de taupins dans la tradition des exercices qui remontent à Cauchy ou à Polya-Szegö. Les agrégatifs ont aussi trouvé là une mine d'exemples pour leurs leçons et les professeurs des classes préparatoires des thèmes pour leurs élèves.
Conclusion violente d'une amitié fantasmée, au sein d'une société villageoise déclinante, entre un Corse de la diaspora avide de ressourcements et un berger sarde malheureux de son état : Paul-André et Fredianu. Des âpres terres de Sardaigne aux massifs montagneux de l'Alta Rocca en Corse du Sud et aux pavés parisiens, une histoire dramatique malgré, parfois, la légèreté du ton, où viennent jouer entre complicités perverses et trahisons, Davia la femme libre et Duchagrin l'écrivain à succès. Au-delà de la Corse, ce roman interroge la désespérance du milieu rural, confronté à la réalité d'une inexorable désertification, à la recherche de perspectives individuelles entre le rêve de l'exil et le retour subi.
En 2009, à Nantes, Ange Leccia réalisait Nymphéa, oeuvre permanente d'Estuaire, qui consiste en une projection vidéo à la surface de l'eau : il venait installer, dans la ville de naissance de Jacques Demy, l'image surnaturelle d'une icône de la mode et du cinéma, Laetitia Casta. En jouant des effets éclatants de l'image sur l'élément aquatique, Ange Leccia revenait à l'essence même de la vidéo : la projection de lumière. Le temps de la prise de vue y rejoint le temps de l'eau qui passe. Nymphéa est sous l'eau comme toutes les images que va chercher Ange Leccia sont en lui. Cette quête, ce voyage à l'intérieur de soi, est le programme de "La mer allée avec le soleil" . Une exposition introspective, telle une plongée dans trente-cinq années de pratique dans laquelle on rencontre toutes les figures qui font la singularité et la beauté du travail d'Ange Leccia : l'omniprésence de l'eau, des images comme des souvenirs de sa jeunesse corse ; les explosions, tempêtes, orages et déferlantes qui illustrent sa sensibilité à fleur de peau ; des images télévisuelles retravaillées dans lesquelles la gravité intérieure rejoint la gravité du monde (en contraste, sans cesse, la beauté du monde naturel) ; les jeunes filles ou l'adolescence comme l'état de création artistique de tous les possibles, mais où l'on se sent perdu face à l'inconnu ; la pop music et les tubes qui souvent collent au souvenir d'un sentiment fort. Pensé au départ comme un événement biennal (2007-2009-2012), Estuaire Nantes Saint-Nazaire est aujourd'hui une collection à ciel ouvert de trente oeuvres permanentes réalisées in situ, à Nantes, Saint-Nazaire et dans les communes riveraines de l'estuaire de la Loire qui les relie. Le projet artistique accompagne un projet politique : la construction de la métropole Nantes Saint-Nazaire. Ainsi, chacune des oeuvres de ce "monument dispersé" guide vers un lieu atypique ou un site remarquable de l'estuaire. Entre réserves naturelles fragiles et bâtiments industriels gigantesques, l'estuaire de la Loire est un territoire complexe. Dédales de petits chemins, enchevêtrements d'étiers, portes d'entrées multiples à sa découverte : les oeuvres d'Estuaire sont le fil d'Ariane d'un espace en mutation constante.
La révolte des gilets jaunes a paniqué tous ceux qui font profession de penser ou de diriger. D'une affaire de prix à la pompe, on est passé à des manifestations géantes, à des revendications politiques fondamentales - démocratie représentative versus démocratie directe - à une crise de régime, de croyances et de société. Pour saisir l'incroyable changement, il faut nommer les passions qui ont enflammé les masses (refus du mépris "d'en haut", défiance envers les représentants...) : une crise d'identité oppose la France dite périphérique aux élites politiques ou médiatiques. Dissipant théories du complot et légendes technologiques, le livre montre aussi comment, hors médias traditionnels voire contre eux, les réseaux sociaux donnent un visage et des armes à ceux qui étaient auparavant invisibles.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.