Où soigner les pratiques. et comment ? De ce qui se transmet, en particulier lors de la formation du futur professionnel soignant, que reste-t-il sur le terrain ? Ce qui se transmet entre acteurs engagés dans les institutions, comment le traduire et l'interpréter ? Quels sont les apports aujourd'hui issus de la psychologie clinique ? Outre la place réservée à l'enseignement, qu'en est-il du ressort de l'expérience ? Ne sommes-nous pas confrontés, chacun, à ce point de la praxis - l'invention d'une pratique originale - articulée aux savoirs de nos pères ? Et que transmettons-nous à nos patients ? Et que nous enseignent-ils ? N'y a-t-il pas à faire le deuil d'un idéal pour revenir à une réalité aménageant un espace de compromis qui permet de supporter l'impossible confrontation avec ce qui se trame du côté de l'autre, de l'étrangeté, du réel de la folie ? Pris dans le transfert à un autre idéalisé, comment se déprendre de cette aliénation, et qu'en reste-t-il ? Certains diront que c'est dégagé de ses idéaux qu'un clinicien a une chance de réussir dans sa rencontre avec un patient. Les pratiques soignantes perdurent et mutent à la fois, au gré des mouvements de pensée, des idéaux de société, de la politique en oeuvre, des discours... quels que soient les formes et les " styles " que cela prend. A chacun son style pourrait-on dire ! Lequel style se transmet. De quoi se soutient la transmission qui ne peut pas être une transposition ? Comment, dans notre expérience de psychologue, allons-nous passer d'une posture imaginaire à une position permettant la rencontre ?
Books n°105 - mars 2019 Deux dossiers dans ce numéro 1. Testostérone et masculinité toxique On prête beaucoup de vertus et de vices à la testostérone. Dans un livre récent, deux universitaires américaines déclinent les "mythes" qui sont d'après elles associées à cette hormone. Pour résumer : ce n'est pas l'hormone masculine, ni même une hormone spécifiquement masculine. Elle ne joue pas de rôle significatif dans les agressions masculines et la violence sexuelle. Augmenter le niveau de testostérone dans le corps ne procure pas de vigueur particulière, ni chez les hommes ni chez les femmes. Elle n'est pas en cause dans ce qu'on appelle la masculinité toxique. Mais que faut-il entendre au juste par ce dernier concept ? Là nous donnons la parole à un sociologue australien. Il en montre l'intérêt mais aussi les dangers, celui en particulier de caricaturer la condition masculine. A l'arrière-plan de ces discussions se profile la vieille question de la part de la nature et de celle de la culture dans la détermination des comportements. Notre dossier illustre la diversité des points de vue sur cette question troublante. 2. Les illusions de l'éolien Sous la pression des pouvoirs publics et des industriels, la France se couvre d'éoliennes. Quelles sont les véritables justifications de cette politique ? Books présente les analyses de divers spécialistes. Ils montrent que dans notre pays les éoliennes ne servent en rien à lutter contre le changement climatique mais renchérissent les coûts de l'électricité et sont un désastre environnemental.
Lévy Alexandre ; Kanaan Jean-Sélim ; Ockrent Chris
Résumé : " Jean-Sélim Kanaan croit aux vertus de l'action et de la concertation. Son droit est celui de l'ingérence pour mieux protéger victimes et malheureux. Il n'est ni planqué ni résigné, et quand il dénonce, c'est pour réussir un monde meilleur. Avec sincérité, avec naïveté parfois, et générosité toujours, il nous confie ici les aspirations d'un jeune homme valeureux, de ceux dont a besoin le monde d'aujourd'hui. " Christine Ockrent. Après dix années passées comme humanitaire volontaire, Jean-Sélim Kanaan, fonctionnaire à l'ONU, vide son sac sur les coulisses parfois peu réjouissantes de l'action des ONG (Organisations non gouvernementales). Français, d'origine égyptienne, né et ayant grandi à Rome, diplômé de Harvard, Jean-Sélim Kanaan a été témoin et acteur des pires conflits de la décennie, de la Somalie à Sarajevo, en passant par le Kosovo où il fut le "ministre des Sports" de Bernard Kouchner. Il a aujourd'hui trente-deux ans.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.