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INVENTION DU BARREAU FRANCAIS, 1660-1830 - LA CONSTRUCTION N
LEUWERS HERVE
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713221064
En juin 1780, les avocats de Grenoble cessent de fréquenter les audiences... Ils ne s'y représentent qu'une année plus tard. Provoquée par l'interruption d'une plaidoirie et la remise en cause de l'indépendance de l'ordre, la grève trahit la détermination d'avocats persuadés de défendre non seulement leurs intérêts, mais la cause du " barreau français ". Croisant histoire sociale et professionnelle, ce livre retrace le destin d'un groupe éminemment divers ; aux échelles de la ville, du ressort judiciaire et ce la France entière, il restitue la naissance d'une profession que l'Etat et les barreaux dotent d'un droit commun, et analyse le discours et les mythes par lesquels se forgent des représentations historiques et sociales communes. Par l'examen de l'histoire des avocats et de leurs ordres, l'ouvrage invite à comprendre comment, de l'Ancien Régime au premier XIXe siècle, un ensemble d'hommes partageant un titre et des droits - sans toujours exercer la même activité - se transforme en une " profession libérale ". En s'interrogeant sur les modalités d'harmonisation des pratiques et des langages dans l'espace du pays, Hervé Leuwers montre comment, dans l'histoire des professions, la construction nationale d'un groupe précède la rupture révolutionnaire et impériale ; par l'histoire du " barreau français ", il éclaire les corrélations entre unité professionnelle et unité nationale.
Résumé : " Fermer l'abîme des révolutions ". Cette formule employée en 1820 dans un discours visant à rétablir la censure de la presse révèle le traumatisme engendré par le souvenir de la Révolution française au sein de l'élite de la Restauration. Mais peut-on, en décrétant une sorte d'amnésie d'Etat, annuler l'histoire d'un peuple en oblitérant un passé qui déplaît tant ? À l'inverse, notre époque est saisie d'une passion mémorielle s'accompagnant souvent du désir de juger le passé à l'aune des préoccupations du présent, ce qui ne simplifie pas le travail de l'historien. Loin de ces deux extrêmes, ce livre entend reprendre l'étude de l'impact des révolutions et des guerres révolutionnaires dans la construction des mythologies nationales qui fonctionnent comme autant de marqueurs identitaires. Les auteurs des contributions réunies dans ce volume sont des spécialistes reconnus, d'horizons géographiques et culturels variés (France, Etats-Unis, Chine, Israël) qui, par l'examen de sources de nature différente (gravures et cinéma, presse, documents privés ou institutionnels, histoire du théâtre et histoire des représentations religieuses, histoire du langage...), tentent de comprendre l'inscription des événements dans la mémoire nationale. La violence, destructrice ou régénératrice, est présente par essence dans les nombreuses guerres et révolutions qui ont émaillé l'histoire des XIXe et XXe siècles depuis 1789. Les révolutions françaises, de 1789 à 1848, et les éclats de mémoire projetés à travers le monde par le cinéma occupent une part importante de ce livre, dans lequel on trouvera aussi des réflexions sur la Chine et l'Allemagne des années 1920 et 1930, ou encore sur l'Etat d'Israël, en quête de référents dans les récits de guerres incessantes qui l'opposent à ses voisins arabes.
Résumé : Robespierre, c'est la Révolution, son souffle épique, et son soufre aussi. L'homme est chargé de tous les maux et couvert de tous les éloges avant même son élection au Comité de salut public, en juillet 1793. Aujourd'hui, beaucoup lui associent la Terreur et les massacres de Vendée ; d'autres soulignent son combat pour le suffrage universel, sa dénonciation de la peine de mort et de l'esclavage, sa défense d'un pays menacé, son rêve d'une république qui offre à tous une égale dignité. Comment dépasser ce paradoxe ? Hervé Leuwers s'est lancé sur les traces de l'enfant d'Arras devenu mythe, en véritable historien, bousculant les présupposés, analysant des sources jusqu'à aujourd'hui inédites, creusant les archives pour faire jaillir le portrait d'un juriste et homme de lettres, d'un orateur hors pair, d'un politique intransigeant et désintéressé. Un homme d'état, certes, comme la France en a peu connu dans son histoire, mais aussi une personnalité complexe, dérangeante, et pourtant souvent généreuse. Cette biographie de référence invite à redécouvrir un homme d'exception qui fascine dans le monde entier.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?