Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Pierre Bourdieu. Vers une économie du bonheur
Lescourret Marie-Anne
FLAMMARION
27,40 €
Épuisé
EAN :9782082105156
La sociologie, c'est moi": ainsi s'exprime Bourdieu dans les années 70. Il vient pourtant après Durkheim, Aron, pour ne citer que les Français. Mais c'est pour lui qu'est créée, en 1981, la chaire de sociologie du Collège de France: en une trentaine d'ouvrages, il est devenu l'intellectuel français le plus influent dans le monde, sans successeur depuis sa mort en 2002, à l'âge de 72 ans. Fils de postier, normalien, agrégé de philosophie, c'est un "sociologue né". II pratiquera toujours une sociologie de terrain, fût-elle relayée par les statistiques, dont il sera l'importateur en sciences sociales. C'est au milieu des années 60 que se lève l'étoile "bourdivine" - le mot est une trouvaille d'Aron, qui lui confie le Centre de sociologie européenne à son retour d'Algérie. Bourdieu enseigne alors à l'université de Lille. Il la quitte assez vite pour rejoindre l'EHESS en devenir, qui, sous la houlette de Braudel, s'honore d'accueillir les cursus atypiques. Après la guerre d'Algérie et la décolonisation, c'est 68, le marxisme, l'anti-marxisme, le développement des médias, la starisation des intellectuels... Bourdieu retrouve Foucault pour dénoncer Jaruzelski, soutient, avec Deleuze et Baudrillard, la candidature de Coluche aux présidentielles de 81, pourfend l'économie libérale, la presse, la droite, la gauche... Il ne se contente pas de démonter les mécanismes qui font que l'ordre social se pérennise, notamment parce que les dominés contribuent à leur domination, il entreprend aussi de "transformer le monde". L'ouvrage qu'il dirige en 1993, La Misère du monde, lui vaut une véritable reconnaissance populaire. Omniprésent, des cabinets ministériels aux manifestations de rue, directeur de collection dans de prestigieuses maisons d'édition, il possède tous les attributs du pouvoir qu'il dénonce... Certains ne voient en lui qu'un jeune homme pauvre assoiffé de revanche sociale, souhaitant supplanter Sartre dans le rôle de maître à penser. Lui prétend apporter les analyses nécessaires à la compréhension des problèmes, et utiliser sa notoriété à leur solution. Biographie de l'auteur Marie-Anne Lescourret est docteur (HDR) en philosophie et professeur associé d'esthétique à l'Institut d'histoire de l'art de l'université de Strasbourg. Auteur de plusieurs biographies intellectuelles, elle a plus spécialement signé un Emmanuel Levinas (Flammarion, 1993) régulièrement réédité.
Plus que discret durant sa longue vie, Emmanuel Levinas est de fait une figure centrale de la pensée contemporaine: introducteur de la phénoménologie en France, il articule les traditions philosophiques juive et grecque, les traditions religieuses judaïque et chrétienne; enfin, il incarne la continuité de la pensée éthique. Il est né en 1906 dans la Lituanie encore russe où survivait un judaïsme réfractaire aux sirènes du hassidisme et qui donna naissance à l'une des cultures les plus vivaces de l'Europe de l'Est. Il en part pour la France, le pays des Lumières. Il étudie à Strasbourg qui attire alors les jeunes gloires de l'intelligentsia française et y rencontre Maurice Blonchot avec lequel il lie sa plus longue amitié. De l'autre côté du Rhin, à Fribourg, il ira écouter l'enseignement de Husserl puis de Heidegger. Engagé volontaire en 1939, il fait quatre ans de captivité cependant que sa famille lituanienne est décimée. À son retour, il est nommé directeur de l'École normale israélite orientale et participe aux débuts du Colloque des intellectuels juifs de langue française. Avec Jean Wahl et Gabriel Marcel, il est du Collège philosophique et des vendredis de la rue de Tournon. En 1961, sa thèse d'État, Totalité et Infini, marque son entrée dans l'université. Il connaît Nanterre en 1968, puis la Sorbonne. Ric?ur, Garoudy, Jankélévitch, Sartre sont ses partenaires, mais, avec la présentation ambiguë que Jacques Derrida fit de sa pensée, ce sont en premier lieu les chrétiens, jusqu'à Jean-Paul II, qui assureront sa reconnaissance internationale. Cheminement peu banal... C'est d'Israël que ce juif profond recevra l'accueil le plus mitigé; c'est par l'Académie des sciences morales et politiques que ce penseur de l'autre se verra refusé... Mais sa gloire est ailleurs, c'est "l'honneur sans drapeau" du peuple des livres.
Le nom de Goethe évoque une ombre majestueuse, mais un peu désuète, du genre de ces personnages impressionnants devant lesquels on s'incline sans jamais oser solliciter leur intervention. Le poète s'est forgé, en effet, cette statue de "pontife des lettres" en une oeuvre de cent cinquante volumes; il trône en bronze dans nombre de capitales d'Europe septentrionale; il cautionne des écrits en tous genres: sciences, lettres, journaux. Banalisation d'un personnage dont la réputation finit par occulter la réalité. Or, la vie de Goethe, inquiète, tourmentée, correspond à deux questions qui le taraudent jusqu'à ce qu'il leur ait apporté une réponse - le Faust - et qui déterminent l'ensemble de son action, multiple, dans le monde. Si la première question - que suis-je? - le conduit assez vite à la conviction qu'il est poète, le seconde - "qu'est-ce qu'être poète?" - comblera toute son existence, parce qu'il entend la poésie comme la confrontation avec le monde dont il s'agit de percer le mystère. D'où ses multiples études et son effort pour être à la fois ministre, savant, botaniste, minéralogiste, acousticien, anatomiste, peintre, directeur de théâtre et de revues, amateur de lettres étrangères, de femmes et de bon vin. Si bien que l'illustre habitant de Weimar, drapé dans son manteau de prophète et phare de l'Europe intellectuelle et politique de son temps, s'amusera à se définir comme un combattant certes, mais aussi comme "l'homme le plus gai et le moins accompli d'Europe".
Nul n'ignore son nom. Il fait pourtant partie des grands inconnus. On le sait à la tête d'une oeuvre théâtrale, dont le monumental Soulier de satin fut sapé par le mot de Mauriac: "heureusement, il n'y avait pas la paire". On lui en veut d'avoir célébré avec la même ardeur Pétain et de Gaulle. Récemment, sa disgrâce s'est aggravée de la révélation en technicolor du destin de sa soeur Camille, sculpteur génial, qu'il laissa enfermer chez les fous. Mais était-il vraiment d'équerre, ce poète catholique, excursionniste, photographe, amateur de peinture et de musique, qui fut également, de la Chine au Brésil, du Japon à Washington, consul puis ambassadeur de France? Apprécié de Briand, évincé par Daladier, il fut trente ans l'ami de Berthelot, "l'homme à la tête d'amant", tout-puissant secrétaire du Quai d'Orsay, qui le guida dans la carrière et dans le monde. Ainsi Claudel fraya-t-il avec princesses, auteurs, acteurs et metteurs en scène, Marthe Bibesco, Morand, d'Annunzio, l'inévitable abbé Mugnier... Car il fut aussi une haute figure des lettres parisiennes, auteur choyé de la NRF, en ces temps où, selon Gaston Gallimard, on n'y parlait que "de Dieu et des garçons". C'est là, d'ailleurs, que Claudel eut maille à partir avec l'autre fondateur de la maison, Gide le protestant, qui le compara un jour à un "cyclone figé". L'appellation est pertinente pour cet éruptif, cet intempestif, qui voyait en Rimbaud son père d'âme, en proie comme lui au tourment de "l'homme désirant". Sa vie consistera à creuser en lui le contenu de ce désir, à le convertir, saisi qu'il était, depuis une nuit de Noël, par l'amour de Dieu, puis par l'amour d'une femme - de la femme - rencontrée en mer. Ainsi apparaît Claudel, "demi-moine" aux dires de celle qu'il aima passionnément, partagé entre le Ciel et la Terre, et brûlant de les réconcilier Biographie de l'auteur Marie-Anne Lescourret a publié trois biographies: Rubens (Lattés, 1990), Emmanuel Levinas (Flammarion, 1994) et Goethe, la fatalité poétique (Flammarion, 1999). Auteur d'une Introduction à l'esthétique ("Champs", 2002), elle enseigne cette discipline à l'université Marc Bloch de Strasbourg
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.