Le racisme a la peau dure mais il sait se faire élastique. Il résiste à sa condamnation en sacralisant le clivage entre " eux " et " nous " sur base d'attributs non plus uniquement physiques, mais culturels. La mondialisation, tout en diluant les particularismes dans le moule de la modernité, alimente les résurgences identitaires et renforce l'hétérogénéité culturelle des groupes sociaux sur fond de flux migratoires et d'accroissement de la mobilité. Comment articuler égalité et différence dans une perspective citoyenne et démocratique ? La question se pose dans les sociétés " accueillant " des populations immigrées. comme dans celles qui abritent des minorités ethniques et nationales. Des modèles " intégrateurs " aux variantes multiples ont vu le jour au Nord comme au Sud. Quels sont les enjeux de ces politiques ? Reconnaître la diversité dans la perspective d'un projet national commun ? Certaines expériences génèrent des liens collectifs nouveaux - certes conflictuels. imparfaits et inachevés -. d'autres aboutissent au rejet parfois violent de pans entiers de la population. Si le racisme plonge ses racines dans les inquiétudes culturelles et les peurs identitaires, il a aussi partie liée avec l'exploitation économique et sociale. Discriminations et inégalités se confondent-elles pour autant ? Tantôt le combat pour le respect de la diversité et la lutte contre les dominations sociales vont de pair, tantôt ils s'ignorent, voire s'opposent. dans les principes, comme dans la pratique.
Leroy Aurélie ; Fluri Jennifer-L ; Wang Zheng ; Ki
Résumé : Les femmes sont en lutte - sous des formes individuelles ou collectives - sur tous les continents, l'oppression qu'elles subissent étant généralisée, sans être toutefois uniforme. Ce faisant, elles irriguent une pensée féministe complexe, en redéfinition, où les repères sont mouvants. Les féminismes s'inventent, se pratiquent, mais ne se ressemblent pas. Les références culturelles et les trajectoires historiques, ainsi que l'environnement socio-économique et politique conditionnent la configuration et l'expression de luttes qui peuvent être militantes ou institutionnelles, autonomes ou instrumentalisées, subversives ou plus consensuelles... Croire qu'" un " féminisme puisse dicter ce qui est bon et vrai - n'en déplaise à l'activisme déshabillé des Femen - est un leurre. Ces " points de vue de femmes du sud " apportent un éclairage nécessaire sur la pluralité irréductible des émancipations des femmes. Les combats menés visent à contester des postulats sexistes et patriarcaux et, plus largement, à lutter contre des systèmes sociaux - pluriels et croisés - de domination (classe, âge, race, genre, sexualité...). Au coeur de cette édition d'" Etat des résistances ", les mouvements de femmes dans le Sud, attirent l'attention sur le caractère ancré et local des luttes pour l'émancipation et sur l'exigence d'un agenda féministe qui soit adapté à leurs situations spécifiques. Originales et distinctes, ces voix convergent pour refuser l'instrumentalisation de leurs causes comme justification d'entreprises néolibérales et néocoloniales et pour revendiquer une transformation sociale durable en faveur des femmes. Ces " points de vue de femmes du sud " apportent un éclairage nécessaire sur la pluralité irréductible des émancipations des femmes.
Résumé : Les conseils sur l&prime ; accueil d&prime ; un nouveau-né ; sont nombreux, mais n&prime ; abordent souvent que l&prime ; aspect technique et gé ; né ; raliste de cette arrivé ; e bouleversante. C&prime ; est là ; que se dé ; marque la mé ; thode SVP (Sé ; ré ; nité ; à ; votre porté ; e), breveté ; e et dé ; jà ; utilisé ; e par de nombreux professionnels : cette mé ; thode de pré ; paration à ; la parentalité ; et d&prime ; accueil de l&prime ; enfant met la dimension é ; motionnelle au centre de la construction familiale. L&prime ; objectif de cette mé ; thode est de favoriser la sé ; curité ; affective et é ; motionnelle des parents et de l&prime ; enfant, pour pré ; server la sé ; ré ; nité ; de chacun et un attachement é ; quilibré ; . La premiè ; re partie de cet ouvrage pré ; sente la mé ; thode et les disciplines sur lesquelles elle s&prime ; appuie &ndash ; notamment la sophrologie, la mé ; ditation, l&prime ; hypnose et l&prime ; é ; nergé ; tique &ndash ; , ainsi que les diffé ; rentes é ; tapes du devenir parent, du projet de bé ; bé ; à ; ses premiers mois. Des té ; moignages illustrent la pluralité ; des expé ; riences possibles. La seconde partie permet de mettre en application la mé ; thode, tant pour les parents que pour les professionnels. Les pratiques sont classé ; es par thé ; matiques, pour un accè ; s simplifié ; en fonction des besoins du moment (in utero, naissance, premiers jours, etc.), et chacune est pré ; senté ; e avec une partie explicative (intentions, objectifs, bienfaits) et une partie animation (contenu pré ; cis permettant l&prime ; application). Cette mé ; thode aux effets remarquables s&prime ; adresse à ; tous les parents et soignants, et n&prime ; oublie pas d&prime ; é ; voquer les naissances pré ; maturé ; es, le deuil pé ; rinatal, l&prime ; adoption, la PMA et nombreuses autres situations.
Selon sa Constitution. l'Inde est toujours une république socialiste, laïque et démocratique. Force est de constater cependant que la "nouvelle" Inde s'est écartée des idéaux d'antan. En lieu et place du socialisme, un capitalisme de copinage résultant de la collusion entre conglomérats et dirigeants politiques a acculé le pays dans une croissance sans emploi. aux coûts socioéconomiques et environnementaux exorbitants. Exit les valeurs d'égalité et de diversité, bafouées par un extrémisme religieux haineux qui assimile la nation et l'identité indiennes à la seule majorité hindoue. Quant à la démocratie. elle est à la dérive. Ses institutions sont mises sous pression, les pouvoirs concentrés. les oppositions muselées. La direction du pays est passée maitre dans l'art du parler démocratique et de l'agir autocratique. Dans ce climat hostile, où anxiété économique et frénésie identitaire se renforcent mutuellement. des contestations s'élèvent. Agriculteurtrices et travailleureuses font plier le gouvernement sur les réformes agraires. Des minorités musulmanes persécutées. au Cachemire ou à Delhi, s'insurgent contre leur invisibilisation. Des groupes dalits et adivasis résistent aux dépossessions. à la militarisation et à la colonisation de leurs terres. Et des femmes défendent leurs droits dans un pays aux structures patriarcales ancrées. Néanmoins. ces luttes sont prises à partie par les milices extrémistes hindoues au service du pouvoir, qui prolifèrent et traquent les "antinationaux" et les voix dissidentes.
En ce début de 21e siècle, le statut de "puissance émergente" de l'Inde fait consensus. Sa relative modernité politique, élections libres, alternances et contre-pouvoirs autonomes, dans un pays fort d'1,2 milliard de citoyens, tend à valider sa prétention à incarner "la plus grande démocratie du monde". La voie économique que le pays a empruntée depuis le début des années 1990, sans pour autant faire table rase du passé. revêt des accents néolibéraux clairement affirmés. Ce mouvement de réformes, qui s'est aussi traduit par une forte accélération de la croissance, répond du même coup à l'ambition de la nation de "retrouver son rang". En quête d'un ordre multipolaire ajusté et d'une reconnaissance internationale (en particulier de la part des Etats-Unis). l'Inde oscille entre affirmation nationale et pragmatisme diplomatique, indépendance d'action et efforts d'intégration. "L'Inde qui brille" a toutefois ses revers. Les contradictions qui la traversent freinent la possibilité d'un développement équilibré. Les dynamiques de concentration de la richesse l'emportent sur les projets de redistribution. Les écarts se creusent entre riches et pauvres, entre régions, entre villes et campagnes. Au-delà, la fragmentation par castes et communautés religieuses, malgré des changements, reste source d'inégalités et attise le mécontentement des masses exclues. Pour "émerger" véritablement, l'Inde devra surmonter les lourdes contraintes sociales et environnementales qui pèsent sur son essor et relever les défis que pose la démocratisation de sa société.
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.