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Les fantômes d'Oradour
Lercher Alain
VERDIER
7,61 €
Épuisé
EAN :9782864325383
Le 10 juin 1944, par mesure de représailles, les Allemands massacrèrent les habitants d'Oradour-sur-Glane avant d'incendier le village. Aujourd'hui encore ses ruines étranges demeurent. L'approche de cet événement, qui touche de près l'auteur de ce livre puisque deux membres de sa famille y ont péri, se fait selon trois modes qu'il veut successifs mais solidaires: la relation rigoureuse et historique des faits, sa vision personnelle et subjective qui nourrit une réflexion sur les enjeux de la mémoire et la réponse qu'on peut opposer à la violence et à la barbarie. En refermant le livre, nous laisserons Alain Lercher à la solitude des lieux, arpentant par un soir d'hiver la rue principale, évoquant les fantômes, les arrachant un instant à l'oubli en même temps qu'à l'horreur.
Ce qui relie ces différents récits, c'est peut-être la violence. Non pas la violence des faits divers, des attentats ou des films policiers, mais la violence inhérente à la condition humaine et indissociable de la vie : celle de la mort, de l'abandon, de la passion, de la séparation irrémédiable des sexes, du désir d'avoir un enfant ou du regret d'en avoir un, la violence que les hommes font subir aux animaux et celle qu'ils s'infligent les uns les autres même et surtout quand ils s'aiment. Dans une langue directe et sobre, la remémoration des différents narrateurs (ou bien est-ce le même ?) devient explication avec soi comme une nécessité qui n'aurait rien de narcissique ni de morbide et qui n'exclut ni la tendresse ni l'amour de la vie.
Résumé : C'est à un travail d'explorateur que se livre Alain Lercher, dans les thèmes très divers qu'il aborde : rapports entre l'art et la littérature, entre l'écriture et le monde actuel, entre le sommeil et la mort, entre la pensée et le réel. Beaucoup de questions stimulantes pour l'esprit, dans ce livre où le je qui est un autre rattache sa réflexion à des souvenirs personnels (un voyage aux Canaries, le suicide d'un ami, la tragédie du professeur Z). Dans une langue à la fois simple et juste, Alain Lercher nous fait toucher du doigt la précarité de nos jugements et de nos certitudes.
Gertrud Kolmar (Gertrud Kthe Chodziesner) a été assassiné à Auschwitz en 1943, à l'âge de 48 ans. Elle avait peu publié de son vivant, pour la même raison que celle qui l'a conduite à la mort, le fait qu'elle était juive dans l'Allemagne nazie. Sa reconnaissance comme un des grands poètes du XXe siècle a commencé en Allemagne dans les années 1950, mais il a fallu attendre 2000 pour que paraissent en France les premières traductions de textes en prose et d'un recueil de poèmes. L'essentiel de son oeuvre poétique n'était donc pas accessible en français. La présente traduction par Fernand Cambon, traducteur reconnu de Freud d'abord, puis de plusieurs poètes allemands du XXe siècle, des plus importants recueils de Gertrud Kolmar, vient combler ce manque magnifiquement. Il est malheureusement mort à la fin de ce travail et n'a pas pu en voir la réalisation finale.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.