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Enfants cachés du général Pinochet
Lemoine Maurice
DON QUICHOTTE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782359494068
Depuis la fin 1998, en Amérique latine, une vague de chefs d'Etat de gauche ou de centre gauche occupe le pouvoir. Hasard ? Des coups d'Etat, pronunciamientos et autres tentatives de déstabilisation ont affecté le Venezuela (2002, 2014 et 2015), Haïti (2004), la Bolivie (2008), le Honduras (2009), l'Equateur (2010) et le Paraguay (2012). Mais, alors qu'en 1973 la "communauté internationale" exprimait sa solidarité avec le Chili de Salvador Allende, elle se montre aujourd'hui indifférente, quand elle n'appuie pas implicitement les putschistes et la politique interventionniste des Etats-Unis. C'est que, depuis les années 1970, les techniques ont évolué. Les conservateurs avant appris que, face à "l'opinion", les méthodes sanglantes se révèlent contre-productives, des recettes sophistiquées permettent à ces sinistres opérations de ne plus eue qualifiées de... "coup d'Etat". De Kennedy et Nixon à Bush et Obama, d'.Allende et Castro à Châvez ou Morales, l'auteur méle le passé et le présent, le récit, les témoignages et l'analyse pour raconter cette mutation et ses protagonistes armées, CIA, diplomates, "sociétés civiles", Elises, think tanks, médias... A l'heure où de nouvelles forces progressistes Svriza en Grèce ou Podemos en Espagne font leur apparition, ce document, qui se lit comme un roman, décrypte les enjeux et la fabrication de ces tentatives de déstabilisation.
Fidel Castro, Che Guevara... Leur révolution suscita dans les années 1960 un énorme élan mythico-romantique qui retomba, quelques années plus tard, et d'une manière tout aussi irraisonnée, comme un soufflé. L'établissement du premier régime ouvertement socialiste d'Amérique latine, lié alors à l'Union soviétique, marquait en effet l'effacement du lyrisme révolutionnaire derrière le champ géostratégique de l'affrontement Est-Ouest. A l'aube des années 1990, tout discours sur Cuba était marqué du sceau de la passion, du manichéisme, voire de la désinformation. Entre 1959, où les Barbudos firent leur entrée à La Havane, et 1989, se sont écoulées trente années, trente années de sueur et de larmes, de réussites spectaculaires et d'échecs fracassants, ponctuées de zones d'ombre, mais aussi de remarquables réalisations. Que pensait-on de ces trente années de révolution il y a vingt ans? En 1989, observateurs étrangers, intellectuels français, opposants en exil et Cubains proches du régime faisaient le point et nous livraient leur vision de cette période. Les regards éclectiques et les opinions parfois divergentes s'affrontaient, se répondaient. Témoignage d'une époque, cet ouvrage propose une série de portraits, saisis sur le vif, de l'île cubaine. Des années 196o aux années 1990, il nous permet de revisiter les multiples facettes de la révolution cubaine.
Le Bas-FleuveIls rient, bavardent et fument. Ils regardent dans le vide, avec cet air niais qu'ont souvent les soldats. Ils profitent de la pause - un petit moment encore et ça va s'agiter. Non qu'un peu d'animation ne soit à dédaigner. Les jours se traînent, dans cette foutue caserne - monotonie, monotonie, monotonie.Petit gars inexistant, du genre «je reste dans mon coin», le soldadito Ramón a l'air blasé. Il n'en pense pas moins. Il en a ras les bonbons. Ras-le-bol de ce service militaire obligatoire - vingt-deux mois de sa vie! Ras-le-cul de plonger le bras jusqu'au coude dans les cuvettes des WC pour les récurer. Ras-la-casquette de ces gradés pas très fins de la tête - tout dans les biceps et les abdominaux.Toujours les mêmes qui trinquent. Les prolos, les paysans, les moins-que-rien. Les rejetons des richards et des bourges, ils le font leur service, eux? Ils prennent le risque de se faire trouer la peau par la guérilla? Jamais!- Les riches paient en argent et les pauvres en morts, gronde Ramón à mi-voix.- Qu'est-ce que tu racontes?Ramón se tourne vers le copain - pas une grosse tête on plus, mais un gars réglo. Il lui explique ce à quoi il pensait. La lèvre inférieure du copain dessine une sorte de moue. Il flotte dans son treillis vert. Ramón marmonne quelques jurons entre ses dents.- Ces espèces de grosses merdes sédentaires, burguesitos, mariquitos, enculés de planqués!Le copain observe par en dessous les trois pelotons rassemblés. Des types comme eux. Des compagnons d'infortune. Et, faut le dire, pas mal de fêlés. Chez beaucoup, ce n'est pas le cerveau qui travaille, mais les glandes. Un flingue entre les mains, une bonne mise en condition- «Vous allez pisser le sang par les cartouchières, mais vous serez des hommes en repartant!» - les voilà prêts à se laisser embarquer dans n'importe quoi.Le soldadito branle plusieurs fois la tête, puis change de sujet.Sur l'esplanade qui s'étale à proximité, un sergent instructeur braille après les nouvelles recrues. Du QG aux murs gris anthracite sortent le lieutenant-colonel Gómez - lunettes noires sur les yeux -, le major Pulido - lunettes noires sur les yeux - et le lieutenant Estrada - lunettes noires sur les yeux. Après avoir claqué un salut, Pulido et Estrada se dirigent vers leurs soldats.Derrière ses verres teintés, Pulido observe les hommes de ses yeux gris fureteurs, rusés. Estrada, lui, sous son uniforme, a un corps osseux et tourmenté. Un coriace, Estrada. Il fait peur à tout le monde. Il arrive toujours à ce qu'il veut.- Rassemblement! Rápido! Magnez-vous, bougez-vous le cul!
Hugo Chávez est le président le plus populaire - et le plus haï - d'Amérique latine. Pour vaincre la misère dans un Venezuela où le pétrole coule à flots, n'a-t-il pas engagé une révolution ? Haut en couleur, ancien lieutenant-colonel au passé de putschiste, Chávez fascine les uns et dérange les autres. En particulier l'oligarchie vénézuélienne et les Américains qui, dans le climat de l'après-11 Septembre, voudraient se débarrasser de ce dirigeant trop indépendant. Et prendre le contrôle de l'or noir. Toutes les forces de l'opposition s'unissent dans un seul but : faire tomber le Président. Pour le déstabiliser, elles peuvent compter sur un groupe de militaires et sur quelques «amis» de la CIA. Les médias se chargeront de soulever la société civile en brandissant la menace d'une dictature. Le plan est établi, le sang va couler et Chávez fera un coupable idéal. Mais les conspirateurs oublient l'essentiel : le jour J, comment réagira le peuple, l'immense masse des déshérités ?
Résumé : Placé durant huit siècles sous l'étendard du prophète, le royaume Al Andalus a constitué pour les sujets d'Allah l'antichambre du paradis. Mosaïque arabo judéo-chrétienne, cette préfiguration des grands mélanges ethnico-culturels contemporains a fasciné l'Europe médiévale. C'est de là que partirent, en 1492, les conquistadors du Nouveau Monde, là que l'Europe rejoint presque l'Afrique. Fascination pour fascination, l'Andalousie c'est aujourd'hui encore le triangle magique Séville, Grenade, Cordoue. Semaine sainte, vierges pathétiques et christs sanglants, lumières épiques de la tauromachie, cris déchirants du cante flamenco, ferias, fiestas, symboles d'une culture populaire héritée du passé, les ?mythes" sont encore bien vivants, profondément ancrés dans la société. Mais, soleil et ombres, sol y sombra, le présent est plus prosaïque parfois. Le boom touristique de Malaga, les folles soirées de la jet-set de Marbella ont trop longtemps occulté le chômage endémique, la tragique situation des centaines de milliers de salariés agricoles sans terre. De même qu'on ignore encore les nouveaux managers, nouveaux paysans qui, les yeux rivés sur 1992, s'initient aux techniques les plus modernes de l'agriculture mondiale. Entre tradition et modernité, tiers-monde et Californie, l'Andalousie est une part de rêve et de romantisme dans l'Europe de demain.
Imaginez un jeu télévisé où l'on vous demande d'administrer des décharges électriques à un candidat qui se débat, hurle et perd connaissance. Vous êtes encouragé par une belle animatrice et un public déchaîné. Tout cela vous paraît bizarre et sadique. Mais après tout, c'est la télévision. Un cauchemar de scénariste? Non, une expérience scientifique réalisée en France en 2009. Plus de 80 % des joueurs sont allés jusqu'à pousser la manette des 460 volts. Nous avons proposé à des Français comme vous et moi de participer au pilote d'un jeu télé. En réalité, il s'agissait d'un leurre: pas de décharges, pas de victime, mais une équipe d'experts chargée d'étudier le degré de soumission à ce nouveau type d'autorité qu'incarne la télévision. Adaptée d'une célèbre étude menée aux Etats-Unis dans les années 1960 par le psychologue social Stanley Milgram, l'expérience de "La Zone Xtrême" montre que nous sommes bien plus soumis qu'il y a cinquante ans. Nous nous imaginons autonomes, libérés, voire rebelles. Nous sommes en réalité de plus en plus obéissants, et de plus en plus seuls, face à de nouveaux pouvoirs. Inspiré du documentaire événement de France2, ce livre explore la face sombre de notre société.
« Ce matin, j?ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j?ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d?hier soir. J?ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m?a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans: il est grand mon papa. » Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n?en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l?accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d?affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d?un mari qu?elle n?admire plus et d?un enfant qu?elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé. L?enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l?évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs de l?hôpital font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide. Porté par l?amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu?il s?invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu?à toucher du doigt une vérité que l?on croyait indicible.
Résumé : Tous les chanteurs français, depuis cinquante ans, sont à la fois les enfants de la Grande Chanson française (Piaf, Brassens, Brel, Ferré, etc.) et ceux des Beatles et de Dylan, ces demi-dieux du rock, dont ils ont rêvé d'égaler la force, la séduction et l'influence planétaire. Yves Bigot chronique les conséquences pour eux de cette double paternité... souvent antinomique et analyse cette exception culturelle française, vu par et à travers Téléphone, Balavoine, Cabrel, Murat, Daho, Indochine, Noir Désir, Mylène Farmer, Manu Chao, Benjamin Biolay, Stromae... jusqu'à Christine and the Queens qui a vaincu, après Daft Punk, Air, Cassius, Phoenix et Justice, le signe indien qui empêchait jusque-là aux artistes français d'exister dans l'univers mondialisé anglo-saxon. "Yves Bigot est de loin le mieux placé pour analyser les amours complexes du rock et de la chanson française car le seul à avoir parcouru au fil des années toute la chaîne alimentaire de la musique en France - fan, disquaire, journaliste, homme de radio, de télé, auteur, producteur, patron de maisons de disques - et ce sans s'y être fait dévorer ni transformer en requin." Agnès Léglise, Rock & Folk "Bigot raconte l'histoire d'une exception culturelle face à la déferlante anglo-saxonne. Et à travers cinquante figures clés, il dessine le portrait du style français." François Armanet, L'Obs
Dans un ouvrage écrit à la première personne, Maxime Le Forestier dessine son portrait avec la rigueur, l honnêteté et la sensibilité qu on lui connaît. L enfant, élevé dans une famille musicienne et dont le père disparut pendant quinze ans, fit ses débuts dans l ombre des deux Georges (Moustaki et Brassens) et connut le triomphe d un premier album empli de tubes. Après les glorieuses années soixante-dix du succès populaire et de la vague hippie, ce chanteur-guitariste subit le désamour du public et une longue traversée du désert, qui prit fin le jour où il créa « Né quelque part », chanson incontournable devenue un hymne antiraciste.Si ce livre est le fruit d un premier travail entrepris par Maxime Le Forestier avec Sophie Delassein (et paru en 2005 sous forme d entretiens), il en est surtout une version remaniée et considérablement augmentée. En six ans, les échanges du chanteur et de la journaliste se sont enrichis (une tournée a eu lieu, de nouvelles chansons ont vu le jour, la célébrité de l artiste n a cessé de grandir et de s affirmer...) et Maxime Le Forestier a souhaité se livrer cette fois à un véritable récit, intime et poignant, de sa vie et de son parcours. Né quelque part, un ouvrage en partie inédit, permet au lecteur d entendre la voix de ce personnage discret, qui brille par sa variété et sa longévité musicale et suscite depuis toujours la curiosité, tant on en sait peu sur sa vie et ses opinions profondes.L année 2011 est d ailleurs importante pour Maxime Le Forestier: au mois de juin, il célébrera les quarante ans de son voyage jusqu à San Francisco et de son séjour dans la mythique « maison bleue ». À l occasion de cet anniversaire, un événement colossal est organisé. Il s agira de repeindre la maison en bleu, d y apposer une plaque commémorative, et de reprendre, avec de nombreux artistes, l intégralité du premier album éponyme.