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L'ordre de la dette. Les infortunes de l'Etat et la prosperité du marché
Lemoine Benjamin ; Orléan André
LA DECOUVERTE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782707185501
Pourquoi la dette publique occupe-t-elle une telle place dans les débats économiques contemporains, en France et ailleurs ? Comment s'est-elle imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d'austérité budgétaire et qui place les Etats sous surveillance des agences de notation ? A rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d'airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l'"ordre de la dette" a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite ? parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d'Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn... Autrement dit, il fut le fruit d'un choix politique. Ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l'Etat dans l'après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au coeur des mutations du capitalisme, dans lequel l'Etat est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.
Un avion du président de la République du Congo maintenu au sol dans un aéroport français. Une frégate de l'armée argentine immobilisée au Ghana. Les comptes bancaires de l'ambassade d'Argentine à Paris gelés. La Federal Reserve de New York perturbée dans ses activités... Ces coups d'éclat judiciaires, délibérément humiliants pour les États-souverains, répondent à une stratégie orchestrée par des financiers cherchant à recouvrir leurs créances. À chaque fois, il s'agit d'affronter ces souverains grâce à des moyens juridiques afin de les forcer à payer leurs dettes. Mais d'où vient ce pouvoir des financiers privés de traduire en justice des États et de saisir leurs biens ?Ce livre est le fruit d'une enquête exceptionnelle sur les professionnels de la poursuite de la souveraineté ? juges, avocats, enquêteurs et chasseurs d'actifs, mais aussi hauts fonctionnaires ?, dont le foyer d'action est situé dans les tribunaux de New York. L'auteur raconte comment il est devenu possible d'engager des procès contre les États qui, émancipés du joug colonial, nationalisaient leur appareil productif et expropriaient les investisseurs états-uniens. La diplomatie économique des États-Unis, main dans la main avec les marchés de capitaux, a veillé à défaire les alternatives promues par les pays du Sud global et à construire le droit de New York comme l'étalon mondial des deals et litiges financiers.Cette alliance entre le droit agressif et la finance radicale a contraint les pays à rentrer dans le rang du capitalisme mondialisé. Aujourd'hui, alors que le réchauffement climatique impose de grands changements politiques, les chasseurs d'États, s'ils ne sont pas désarmés, pourraient entraver les capacités de régulation économique, sociale, sanitaire ou environnementale des États.Table des matières : IntroductionLa souveraineté désacraliséeLa dette devient souveraineDroit, discipline et punition réputationnelleL'État qui rendait les autres États justiciablesL'enquête sociologique sur des États embarqués dans la finance globaleUn tout petit mondePartie I.L'arme du droit et l'impérialisme financierChapitre 1. La fin de l'immunité absolueCorps commercial et corps public du souverainLa faiblesse du citoyen américain face à la force d'un " acte d'État " étrangerFace aux expropriations : américanisation du droit international et radicalisation de l'exécutifLa pomme de discorde sur le droit internationalChapitre 2. Protéger l'investissement de la raison diplomatiqueLa cause du plaignant privé écrasée par l'" intérêt des nations "Dans la machine clivée de l'hégémonForce du dollar contre force du droitRépondre à l'inflation des plaintesAgents doubles : des avocats privés-publics comme diplomates" Montrer au monde notre système "Les ennemis de l'hégémon qui politisent l'économieChapitre 3. Le lien défait entre politique et commerceIgnorer un acte d'État étrangerLa " modernité " contre le réalisme de l'économie politiqueLex mercatoria aux sommets de l'ÉtatLa dette publique, ce produit commercial comme un autreL'" incodifiable " sens des relations internationalesNi politique ni fonctionnaire pour des " disputes à sept chiffres "L'OPEP à la barreLe droit international de l'American BusinessLes publics sociaux très privés de la souveraineté des États-UnisPartie II.Le droit construit la dette en champ de batailleChapitre 4. New York, la cité des contratsDomestiquer le souverain : l'avocat new-yorkais en PygmalionUn point d'entrée dans l'économie nationaleEmpêcher l'émergence d'un club des endettésNew York bâtit sa confianceLa fin du contexte comme justification souveraineChapitre 5. Le far west des dettes du SudBanques et États, la fin du destin communUn marché de l'occasion périlleuxDu " tiers monde " aux " marchés émergents "Les cowboys disciplinent les États.Chapitre 6. Les pirates du droit et de la financeLe vautour et la finance ordinaireBusiness plan et économie morale du vautourDe la vertu du rapacePetite galerie de créanciersChapitre 7. Réguler les faillites publiques par les contrats privésLe retrait du " pompier " américainLes craintes et les " fondamentaux " des marchésPartie III.L'offensive des vautours : une chasse mondiale aux actifs souverainsChapitre 8. Main basse sur le coffre-fort des banques centralesUne banque centrale trop étatiqueAmis de la Cour, du dollar et du système de paiementLa loi de la finance et son ordreChapitre 9. Métier : harceleur d'État.L'instinct du chasseurUn fameux trois-mâts : l'" humiliation " contre la " dignité souveraine "À la pêche aux renseignements : les biens de l'État pris dans les filetsLa loi de la finance, rien que la loi" Follow the money "Le métier d'enquêteurChapitre 10. Résistances internationales à la percée du droit globalLégitimisme ou disruption de marché¡Basta buitres! Mobiliser " l'international "Les équipes Kirchner face à l'habitus de la finance globaleExcès du légalisme global et contre-feux diplomatiquesDénouement : fusil à un coup ou percée durable des vautours ?ConclusionFuir New York ?Les problèmes homologues des hégémonsGlossaireChronologieRemerciements.
Résumé : Que nous offre un psychiatre, docteur en neurosciences, quand il se penche sur les "états modifiés de conscience" (EMC) ? la transe, l'expérience de mort imminente, la méditation chamanique, le rêve lucide ? Une formidable exploration au coeur de deux mondes : celui de notre cerveau affectif et celui de notre cerveau rationnel. Grâce à des témoignages de patients et à des développements scientifiques, historiques et philosophiques, Patrick Lemoine nous aide à mieux comprendre ces EMC et, à travers eux, l'origine de nos angoisses. Car explorer notre conscience, c'est retrouver une maîtrise sur notre propre vie.
Résumé : Comment la dette de l'Etat s'est-elle installée au centre de la scène politique, au point d'y devenir omniprésente ? Ce livre original constitue la première enquête historique et sociologique sur les modalités concrètes qui ont peu à peu arrimé les comptes de la puissance publique aux intérêts privés de la finance. Une histoire de la dette méconnue et passionnante, qui offre une clé de lecture incomparable pour comprendre notre présent, tant français qu'européen. A échéances régulières, la question de la dette publique revient coloniser l'espace public. Faire la preuve incessante du crédit de l'Etat auprès des marchés financiers constitue un droit d'entrée dans le champ des propositions politiques. Mais des alternatives ont existé au cours desquelles la puissance publique gouvernait la finance, plutôt que l'inverse, et organisait l'allocation du crédit et de la monnaie. A rebours de ceux qui voient la dette comme une loi d'airain quasi naturelle, ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique d'enfermement du financement du Trésor dans les marchés de capitaux. Il montre ainsi à quel point l'ordre de la dette est organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite, transformant l'Etat en un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.
Résumé : De l'allaitement à la zénitude, en passant par le couple, l'homéopathie ou encore le karaoké, Jean-Luc Lemoine s'amuse à déconstruire ces mots de tous les jours pour vous offrir, à vos rires et périls, un dictionnaire humoristique comme vous n'en avez jamais lu ! Impertinentes, drôles, cyniques... Découvrez les anecdotes et définitions du Petit Lemoine, qui ne développera pas votre culture générale, mais égayera votre quotidien ! A ne pas mettre entre toutes les mains...
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.