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Correspondance
Leiris Michel ; Baron Jacques ; Allain Patrice ; P
JOSEPH K
16,50 €
Épuisé
EAN :9782910686666
Paris. Début des années 1920. Deux jeunes hommes se rencontrent : Michel Leiris et Jacques Baron, tous deux poètes. Ils aiment les boissons alcoolisées, les boîtes de nuit de Montmartre et de Montparnasse, les femmes et le cinéma, tout ce qui affiche le charme d'une aventure. " Ensemble, de lieux communs en lieux mal famés ", ils errent dans Paris, alors bureau de toutes les extravagances. Ils écrivent des textes propres à effrayer les gardiens de l'Ordre littéraire et de l'Ordre tout court. Tous deux se tiennent auprès d'André Breton lorsque s'inaugure la geste surréaliste. L'un d'eux part au service militaire en Algérie. Débute alors une correspondance qui se prolongera toute la vie et à travers laquelle le surréalisme scintille de tous ses éclats, entre éblouissement et fureur. À lire Jacques Baron, on découvre ainsi, dans le sillage de La Revue marxiste et de La Critique sociale, la pensée dissidente des gauches communistes oppositionnelles. À suivre Michel Leiris parcourant L'Afrique fantôme, on appréhende un épisode crucial de l'ethnographie française. Au jour le jour, se tisse la trame de tous les noms du surréalisme et de ses environs : Breton, Aragon, Masson, Artaud, Tzara, Prévert ou Queneau... - de toutes les rencontres qui font le milieu de l'avant-garde artistique, intellectuelle et politique de l'époque : Daniel-Henry Kahnweiler, Georges Bataille ou Boris Souvarine. Aventure d'une vie d'homme à travers les mots, aventure des mots à travers une vie d'homme, cette correspondance inédite est également à recevoir comme une ultime tentative d'épuisement du " pour-soi documenté " à partir duquel l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris s'est nourrie.
Mesures pour rien, appels du pied, galop d'essai: telles m'apparaissent aujourd'hui ces Biffures rédigées en majeure partie durant l'époque de l'Occupation. L'on n'y trouvera, quant au cadre historique dans lequel ce livre s'inscrit, que les plus vagues et rapides allusions; c'est à la cantonade que les évènements se déroulent et presque rien n'y vient distraire de sa recherche un auteur qui- fidèle à une habitude tendant à devenir manie- écrit surtout pour voir plus clair en lui-même. Confrontation de souvenirs empruntés à diverses périodes de ma vie mais plutôt à l'enfance (par goût de la cosmogonie autant que par penchant sentimental) ce tome est le premier d'un ouvrage centré sur des faits de langage et au moyen duquel je me propose de définir ce qui pour moi est "la règle du jeu", plus pompeusement: mon art poétique et le code de mon savoir-vivre que j'aimerais découvrir fondus en un unique système, ne voyant guère dans l'usage littéraire de la parole qu'un moyen d'affûter la conscience pour être plus- et mieux- vivant. A ce premier dégrossissement d'un premier stock de matériaux succédera un second volume, plus difficile et plus ambitieux. C'est, en effet, à travers les pages futures de ces Fourbis qu'à la lumière d'autres expériences j'essayerai d'aboutir à une conclusion, souhaitant parvenir à ce terme assez tôt pour la mettre en exercice avant que la vieillesse m'ait biffé du monde ou m'ait trop fourbu.
Dans la période de grande licence qui suivit les hostilités, le jazz fut un signe de ralliement, un étendard orgiaque aux couleurs du moment. Il agissait magiquement et son mode d'influence peut être comparé à une possession. C'était le meilleur élément pour donner leur vrai sens à ces fêtes, un sens religieux, avec communion par la danse, l'érotisme latent ou manifesté, et la boisson, moyen le plus efficace de niveler le fossé qui sépare les individus les uns des autres dans toute espèce de réunion.
Résumé : Qu'est donc le rêve ? Si quelques-uns, sans être dupes, puisent dans leurs rêves une mythologie et, sans être des savants, prennent soin de scrupuleusement les noter, c'est que le rêve - mirage qui scintille sur un fond de ténèbres - est essentiellement poésie. Tel est (s'il en faut) le mot clé de cette suite de récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, qui semblent au narrateur avoir projeté par instant sur sa terne silhouette un même éclairage de seconde vie.
FERNAND : "...Dans votre secteur, pas de problème. Le jeu a jamais aussi bien marché." RAOUL : "Que tu dis." FERNAND : "Ce qui vous chagrine, c'est la comptabilité. Vous êtes des hommes d'action. Je vous ai compris. Et j'vous ai arrangé vot' coup." RAOUL : "T'arranges ! ... T'arranges... Et si on n'était pas d'accord ? " FERNAND : "Tu vas voir que c'est pas possible. J'ai adopté le système le plus simple. Tiens, regarde : on prend les chiffres de l'année dernière et on les reporte." TOMATE : "L'année dernière, on a battu des records." FERNAND : "Eh ben, vous les égalerez cette année. Vous avez l'air en pleine forme, là, gais, entreprenants, dynamiques."
Concernant ma modeste rubrique cinématographique, de nombreux lecteurs m'écrivent. Le dépouillement de ce courrier me tient lieu chaque matin de douche écossaise. Quel dommage, en vérité, que l'on ne puisse plaire à tout le monde ! Enfin... renonçant à faire, pour ou contre moi, l'unanimité, j'évolue tant bien que mal entre les envois de fleurs et les plus agressifs torpillages. On a beau s'y faire, il n'empêche que les fervents du Septième Art ont parfois la dent dure. Exception faite de vibrants (je n'ose écrire pertinents) hommages relatifs à ma clairvoyance et à mon objectivité en matière de pellicule, je me fais quotidiennement traiter de "rebutant crétin", "démolisseur obtus", "analphabète prétentieux", tandis que les épithètes "vendu" et "refoulé" (sic), sont monnaie courante. Certain correspondant (signant illisible et demeurant rue des Pyramides, Paris 2e) devrait toutefois se renseigner quant à ma date de naissance avant de me traiter péremptoirement de "vieux c..." comme il l'a fait dans une récente missive. Je ne discute pas l'épithète, mais je conteste l'adjectif." Michel Audiard, L'Etoile du Soir, "Courrier-spécial", 17-18 août 1946. 1946, le jeune Michel Audiard, âgé de vingt-six ans, reprend son métier de journaliste. Dans L'Etoile du Soir, privé de carte de presse pour avoir écrit dans des journaux collaborationnistes, il multiplie les reportages qu'il signe de divers pseudonymes. Sous celui de Jacques Potier, il tient la rubrique cinématographique où il bénéficie d'une totale liberté de ton pour fustiger la prolifération des films sur la Résistance ou le rôle de Jean Gabin dans L'Imposteur, pour encenser Citizen Kane et les nouveaux films de Billy Wilder, John Ford, Robert Siodmak, Leo McCarey ou Walt Disney, pour railler le jeu de Pierre Blanchar, acteur, metteur en scène et épurateur zélé, lui préférant Pierre Fresnay, Michel Simon, Paul Meurisse ou Michèle Morgan "dont l'Amérique n'est pas parvenue à sophistiquer les yeux de petite fille triste". Celui qui deviendra l'un des plus célèbres dialoguistes français est alors l'une des plumes les plus acérées de la critique cinématographique française qui poursuit à Cinévie sa défense d'un cinéma exigeant contre les choix des spectateurs dont le "mauvais goût est élevé à la hauteur d'un sacerdoce".
Claude Mesplède et son équipe proposent une édition revue, mise à jour et augmentée. Amoureux des dictionnaires, Daniel Pennac dit dans sa préface l'extrême importance de cette édition : "Si les littératures policières décrivent le monde et l'individu tels qu'ils ne vont pas, Le Mesplède, lui, décrit le monde des littératures policières tel qu'il va et où qu'il aille. Ce ne sont pas seulement des auteurs, des titres, des personnages, ou des thèmes qui sontrépertoriés ici, mais tout ce qui constitue la vie même autour de ces romans et de ces nouvelles : leurs collections, leurs séries, leurs maisons d'édition, leurs librairies, leurs fanzines, leurs historiens, leurs dessinateurs, leurs films, leurs festivals, leurs prix locaux et internationaux⦠Oui, c'est bien Le Mesplède que j'emporterais sur une île déserte ; ce dictionnaire si minutieusement achevé est un roman sans fin".
Le film noir français 1946-1960 face aux bouleversements de la France d'après-guerre Des Portes de la nuit (1946) à Touchez pas au grisbi (1954) en passant par La Môme vert-de-gris (1953), le film noir français d' après-guerre frappe par sa diversité, sa richesse et son originalité. Diversité des films et des récits : le pessimisme du "réalisme noir" contraste avec l'atmosphère ludique de la "série noire" parodique, elle-même très éloignée de l'univers interlope du "milieu" parisien dépeint dans le film de gangsters... Richesse des talents et des thèmes abordés : du tandem Carné/Prévert à Jacques Becker et Michel Audiard, via des stars comme Simone Signoret, Eddie Constantine ou Jean Gabin, le genre fait appel à des personnalités singulières pour explorer les anxiétés d'une France en mutation, marquée par la Seconde Guerre mondiale et confrontée à l'entrée dans la société de consommation. Singularité artistique et culturelle : loin d'être une simple copie du film noir américain, comme on l'a trop souvent suggéré, le film noir français constitue l'expression nationale d'une forme transnationale, et se distingue à ce titre de Hollywood. Pour évaluer la cohérence de ce genre instable, interroger ses enjeux identitaires et saisir les spécificités hexagonales du "noir", cet ouvrage propose, pour la première fois dans le champ académique, une analyse globale du film noir en France de 1946 à 1960. Mêlant l'analyse des représentations et la contextualisation historique, Thomas Pillard s'intéresse aux différentes facettes du genre et interroge leurs significations : que nous apprennent les films noirs français sur les bouleversements de la France d'après-guerre ?