Daniel Iffla, énigmatique collectionneur connu sous le nom d'Osiris, rassembla tout au long de sa vie des oeuvres d'art dans le seul objectif de trouver un semblant de bonheur - comme l'écrivit son poète préféré, Alfred de Musset - dans une existence qui en manquait. Le château de Malmaison, restauré et légué à l'Etat par Monsieur Osiris, bénéficia également de la donation de ses collections, enfin dévoilées au public depuis 2011. Le musée présente ici un ensemble de dessins inédits qui couvrent une période allant du XVIe au XIXe siècle, de l'Italie de Tiepolo aux Pays-Bas de Van Mieris, des scènes mythologiques de Boucher à l'orientalisme de Delacroix. L'exposition est également une invitation à découvrir les techniques des plus grands maîtres et des artistes anonymes : sanguine, aquarelle, encre, fusain ou estampe. Par ce don, Osiris souhaitait léguer à la postérité un témoignage de ses passions, de ses rêves et de son sens inné de la beauté. Nous en sommes tous les héritiers.
Lefébure Amaury ; Caude Elisabeth ; Meunier Céline
Lorsque Marie Joseph Rose de Tascher de La Pagerie naît à la Martinique en 1763, rien ne permet d'imaginer quelle destinée sera la sienne. Mariée à l'âge de seize ans avec le vicomte Alexandre de Beauharnais, elle connaîtra les prisons révolutionnaires et sera sauvée de la guillotine par la chute de Robespierre. Séduit par son charme, Bonaparte, jeune général de vingt-six ans, tombe amoureux d'elle et l'épouse en 1796. Il change son prénom de Rose en Joséphine et l'entraîne dans son ascension. Epouse du Premier consul après le coup d'Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799), Joséphine devient la première impératrice des Français, couronnée par Napoléon dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. Ne pouvant donner d'héritier à l'Empereur, elle est contrainte d'accepter le divorce en 1809 et se retire à Malmaison, où elle meurt le 29 mai 1814. L'exposition a bénéficié de prêts exceptionnels du musée du Louvre, du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, du Victoria & Albert Museum à Londres, de Sa Majesté le Roi Carl XVI Gustaf de Suède, de collectionneurs privés, tant français qu'étrangers, et de l'apport des collections de Malmaison. Elle permet, avec le catalogue qui l'accompagne, d'évoquer, outre la vie de Joséphine, tous les domaines dans lesquels elle a laissé son empreinte : l'art du portrait avec des oeuvres exceptionnelles de Prud'hon, Gros ou Appiani, les arts décoratifs, en montrant notamment le luxe de ses ameublements et de sa table, la mode à travers l'élégance et la richesse de ses toilettes et de ses bijoux. Le visiteur découvrira également l'intimité de ses appartements, son goût pour les collections les plus variées - peintures anciennes et modernes, sculptures, antiquités - mais aussi sa passion pour les jardins, les fleurs, les voyages et la musique.
Loin de l'image convenue de l'épouse couronnée devant tous mais agenouillée devant l'Empereur, l'exposition met en lumière la véritable Joséphine, à la fois passionnée, forte et sensible. Habile tacticienne, femme de goût et de culture, elle sut transcender ses origines modestes, les écueils du pouvoir et la disgrâce de son divorce pour incarner, aux yeux de l'Histoire, l'élégance d'une époque et d'un art de vivre.
Carlier Yves ; Droguet Vincent ; Lefébure Amaury ;
Napoléon décide en 1804 de séjourner régulièrement, à l'automne, à Fontainebleau, dans un château qu'il découvre vidé de ses meubles après la Révolution. L'ancienne maison royale, chargée de souvenirs, plaît au nouvel empereur. Lors de la venue du pape Pie VII, à l'occasion du sacre, il remeuble les appartements et fait de Fontainebleau l'une de ses résidences favorites : " Voilà, disait-il, la vraie demeure des rois, la maison des siècles ; peut-être n'était-ce pas rigoureusement un palais d'architecte, mais bien assurément un lieu d'habitation bien calculé et parfaitement convenable... " Mobilier, peintures, sculptures, objets historiques forment aujourd'hui un ensemble incomparable, évocateur de cet hôte illustre.
Cacher, protéger, ranger, tels sont, parmi d'autres, les services qu'un meuble peut rendre. A l'occasion de l'achèvement de la restauration d'un secrétaire à secrets de Martin Guillaume Biennais, le Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau fait découvrir, autour de ce meuble unique à travers les salles d'exposition permanente, une quarantaine de meubles et objets à secrets. S'il est un meuble des plus appropriés à soustraire aux yeux indiscrets papiers, billets galants ou argent, c'est bien le meuble à la mode dans les demeures du XVIIIe siècle le secrétaire, dont le nom même indique la principale fonction tenir au secret.
Some of the most iconic and influential images of nineteenth-century French painting, including Gustave Courbet's famous The Meeting ("Bonjour, Monsieur Courbet!"), highlight the celebrated Bruyas Collection from the Musée Fabre in Montpellier. With tastes ranging from romanticism to realism, Alfred Bruyas (1821-1877) collected both traditional and what was then avant-garde art. Featuring nine masterpieces by Courbet, as well as important painting, drawings, and sculptures by such leading artists of the period as Delacroix, Ingres, Géricault, Millet, Corot, Rousseau, and Barye, this book examines Bruyas's role as one of the foremost collectors of contemporary art in France, and the significance of his patronage of living artists.
Girveau Bruno ; Comte-Sponville André ; Rosset Clé
La nature éphémère de la joie de vivre, presque indéfinissable, explique sans doute la rareté de cette notion dans la philosophie et a contrario la fréquence de ses représentations dans l'art. Il est plus simple en effet pour un peintre que pour un philosophe de saisir un bonheur fugitif. Quelles images les artistes donnent-ils de la joie de vivre ? La plupart d'entre eux célèbrent la grâce et la spontanéité de l'instant présent. La joie est vécue ici et maintenant. Elle est plus attachée à l'être qu'à l'avoir, à l'être ensemble qu'à la possession ou la consommation de richesses. C'est ainsi qu'à travers les siècles en Occident, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, parfois en dépassant les interdits, le soleil, le jeu, l'amitié, la famille, la fête, le corps, l'amour et le rire sont célébrés par les artistes. Réunies pour l'exposition du Palais des Beaux-Arts de Lille, une centaine d'oeuvres d'art, de la peinture au cinéma, tentent d'illustrer l'art du bonheur.
Incroyable parcours que celui de ce peintre flamand qui se fait diplomate, s'élève dans la société et intercède auprès des princes ! Très jeune, Pierre Paul Rubens sillonne de cour en cour une Europe belliqueuse où les alliances entre familles dominantes se font et se défont. Recommandé auprès des uns en Italie, mandaté par les autres en Espagne, adoubé aussi bien par la maison d'Angleterre que par la famille de Habsbourg, Rubens se nourrit un peu plus à chaque séjour des modèles qu'il découvre dans les collections des grands monarques de son temps. Mais Rubens n'est pas seulement peintre virtuose au service du pouvoir car l'art de la couleur rejoint, chez lui, l'art de la politique. Réunir ses portraits, c'est aussi prendre le parti de mettre en avant cet aspect si particulier de sa carrière. Le Musée du Luxembourg, à travers cette exposition sur les portraits princiers de Rubens, met à l'honneur un sujet qui résonne avec l'histoire du lieu comme avec celle de Marie de Médicis.