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Parlement[s Hors-série N° 15/2020 : Les lois mémorielles en Europe
Ledoux Sébastien
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753581098
Quinze ans après l'apparition en France de l'expression "loi mémorielle" pour désigner une pratique politique controversée, effectuée au nom du devoir de mémoire, ce hors-série analyse l'adoption de lois relatives à différents événements historiques en Europe depuis les années 1990. A partir de plusieurs études de cas (Allemagne, Belgique, Espagne, Pologne, Russie, Parlement européen), il pointe à la fois les circulations transnationales et les spécificités proprement nationales de ces dispositions normatives votées par les parlements, qui prescrivent à leur société une grande variété d'actions publiques et de narrations sur le passé. Rendant compte des débats suscités par ces lois et par certains passés (Seconde Guerre mondiale, génocides, communisme, franquisme, période coloniale), ce numéro saisit l'évolution récente du rapport des sociétés européennes à leur histoire. Un entretien avec Henry Rousso et divers documents commentés permettent d'élargir le propos à des périodes antérieures en France et à des cas nationaux sur d'autres continents ; des recensions sur le thème complètent ce tour d'horizon inédit.
Depuis quarante ans, le récit national hante la France. Il s'est imposé dans les débats politiques et médiatiques, parallèlement aux questions relatives à l'identité nationale. Ce livre révèle les enjeux de ce récit en retraçant les changements intervenus depuis les années 1970 dans l'écriture de l'histoire de France. Ce qui implique de revenir sur la façon dont elle se transmet à l'école, dans la mémoire collective et dans les travaux des historiens. Ces bouleversements sont présentés dans le contexte de la fin de l'Empire colonial : des évolutions sociétales des années 1970, caractérisées par une individualisation du rapport au passé, à la montée des populismes au début du XXIe siècle, marquée par la défense d'un prétendu âge d'or du peuple français originel. La fabrique du récit national est également analysée plus largement d'après des critères essentiels, comme celui du progrès et de la nostalgie, de la dette morale et du ressentiment, de l'inclusion et de l'exclusion. Voici la fresque détonante de cinquante années de chaos et de fracas mémoriels qui ont fragmenté la société française.
Dans le contexte de crise de l'Europe et d'interrogations sur son identité historique comme de son avenir, l'ouvrage présente une histoire culturelle des récits d'Europe transmis auprès des jeunes pour en faire des Européens depuis le XXe siècle. A-t-on assisté à l'édification de grands récits européens fédérateurs ou à une multitude de récits plus ou moins convergents, antagonistes, voire concurrentiels ? Dans cette fabrique narrative, quels faits historiques ont été choisis pour être transmis à la jeunesse européenne depuis le XXe siècle ? Sur quelles valeurs communes ces faits ont été évoqués ? Quels acteurs et quels vecteurs ont été engagés dans la construction de ces récits d'Europe ?
Résumé : Le premier mandat présidentiel d'Emmanuel Macron a été marqué par une politique particulièrement active sur la guerre d'Algérie. Jamais un chef d'Etat n'aura personnellement autant agi sur une période historique en cinq ans. L'ouvrage décrypte cet investissement en analysant la façon dont l'objet "guerre d'Algérie" a été mobilisé depuis la campagne présidentielle de 2017 pour être alors intégré dans son positionnement politique "ni droite-ni gauche" et son storytelling d'une figure incarnant le nouveau monde. La guerre d'Algérie s'est trouvée ensuite reconfigurée par des événements (Gilets jaunes, mobilisations antiracistes de la jeunesse, attentats) et par des dynamiques politiques (loi sur le séparatisme, campagne présidentielle de 2022) que le livre retrace avec précision en enquêtant au plus près des acteurs impliqués. Les auteurs pointent enfin ce qui, derrière le symbolique convoqué, produit de l'inaction publique en soulevant les impasses de cette politique mémorielle présidentielle malgré - et peut-être en raison - de l'investissement personnel du Président. Héraut du nouveau monde, le chef de l'Etat a finalement réduit son action à une politique catégorielle très traditionnelle envers les "groupes mémoriels" concernés, tandis que sa droitisation l'a amené à d'importants renoncements dans le traitement de cet héritage colonial de la société française dont le racisme demeure l'un des aspects les plus structurants.
Ces projets tracent les contours possibles d'une relation à construire, non seulement entre l'enseignant et ses élèves, mais également entre les élèves, entre eux et leurs parents, entre l'enseignant et leurs parents, et enfin une relation de l'élève avec lui-même questionne les identités de chacun de ces acteurs. Biographie de l'auteur Sébastien Ledoux est professeur d'histoire-géographie au collège Jean Vilar à Grigny et chercheur à l'Institut national de recherche pédagogique (INRP) sur la question de l'enseignement de l'esclavage. Il est également co-auteur d'un film documentaire La vie avant la mienne: témoignage de parents à leur enfant autour de leur récit de vie.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni