Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La nomade ou le goût du chemin
Leandri Marie-Michelle
BORD DE L EAU
16,00 €
Épuisé
EAN :9782356873743
New Delhi, début du troisième millénaire : de la ferveur hippie à la mondialisation galopante, deux décennies séparent Constance d'elle-même en cette nuit de smog et de deuil qui la voit franchir de nouveau les grilles du 7 rue Pandara. La mort d'une amie chère, poétesse et mentor de sa brûlante jeunesse, la convoque sur ses propres traces en cette vaste demeure où tant de souvenirs l'attachent. Depuis l'automne éclatant de sa maturité, dans la tendresse et la gravité de l'adieu, Constance se remémore ses années nomades. Que reste-t-il de la jeune fille qui avait fui la Corse, écoeurée par la religion mortifère de son enfance, "ce christianisme du vendredi saint oubliant la gloire des Pâques" ? Sur les traces des grands mystiques de l'Inde, elle s'est voulue sannysasin, moniale errante aux pieds sanglants, cherchant sans trêve la source d'une Joie pressentie. Le destin, en maître taciturne et facétieux, l'arrachera à son ascèse pour la transfigurer, le temps d'une danse, en shakti tantrique enlacée à un avatar humain de Shiva, avant de lui révéler le but véritable de ses vagabondages. Au terme d'un chemin semé d'embûches et d'éblouissements, Constance réalisera en son coeur les noces de l'Advaita hindou et du Christ de lumière. Petite soeur des chrétiens éveillés d'Arunachala, Henri le Saulx ou Jules Montchanin, elle pourra "enfin réciter le Notre Père sans tromper ni trahir le Vivant en elle".
Ce livre veut questionner et organiser des débats entre psychanalystes sur la question de l'incidence, dans la cure psychanalytique ou dans la psychothérapie, du sexe, réel, de l'analyste. La référence que font les psychanalystes à la bisexualité psychique , tant celle de l'analyste que celle du patient, suffit-elle à contourner cette question ? Bien sûr, chaque partenaire de la cure ou de la psychothérapie a des identifications masculines et des identifications féminines et en joue. Néanmoins, et sans doute en particulier dans l'engagement de la cure, dans le transfert de base, mais tout autant dans des résistances inconscientes, le sexe réel du psychanalyste a une valeur particulière. Le livre est organisé autour des échanges et des pensées de cinq paires d'auteurs, paires hétérosexuelles. Un analyste homme et une analyste femme soit construisent ensemble un article, soit échangent autour de ce thème.
Maria Leandri a interprété le répertoire sacré et profane corse tout au long de sa vie. À partir des années 1980 et jusqu'à sa disparition elle collabore à de nombreuses émissions télévisées et radiophoniques et de films (detti e pruverbii, ditte a vostra, l'île sur le feu de Daniel Peressini, veghja di Petru Mari?) sur le thème de la langue et de la culture corse. Elle publiera prés de 70 textes dans la revue u Taravu dirigée par Rinatu Coti. Elle collaborera à plusieurs thèses et maîtrises d'étudiants en langue corse de l'université de Corte.
A l'heure où une crise mondiale tant économique que culturelle ne semble épargner aucun pays et où les problèmes de l'immigration, parmi tant d'autres, sont fréquemment évoqués, l'ouvrage de Maria Engracia Leandro vient répondre à bien des questions et mettre à mal plus d'une idée reçue. L'auteur se livre à une étude comparative entre les émigrés portugais habitant le XVIe arrondissement de Paris et deux communes périphériques : Champigny et Villiers-sur-Marne. Après avoir suivi l'installation de ces Portugais dam des tissus urbains différents, elle se penche tout particulièrement sur les relations sociales et inter-ethniques locales, ainsi que sur les organisations socio-culturelles mises en place par les intéressés. L'insertion se trouve au coeur de la situation créée par la présence des immigrés portugais, considérés en général comme "bien intégrés". Qu'en est-il en réalité ? M. E. Leandro démontre que les Portugais, s'ils entrent dans un processus d'insertion sociale locale en tant que sujets-acteurs, n'en restent pas moins attachés à leur pays d'origine. Dans ce processus, le rôle des jeunes, comme celui des femmes, demeure prépondérant. Voilà l'un des points sensibles auquel l'auteur apporte une réponse pertinente, étayée par une longue enquête de terrain. Il en va de même pour de nombreuses autres questions qui permettront au lecteur français de se faire une idée plus juste de son "voisin portugais" et d'approfondir ses connaissances sur le phénomène migratoire grâce à cet ouvrage "de science et d'humanisme".
L'actualité offre le spectacle apparemment paradoxal d'un monde des religions pris en tenaille entre deux familles de formes extrêmes : les unes, si idéologiques donc exclusives qu'elles justifient la violence, même terroriste, pour imposer leurs frontières ; les autres, si utopiques, donc iréniques ou angéliques, qu'elles recherchent une spiritualité dépassant toute espèce de frontière, religieuse ou autre. L'islam contemporain pris entre djihadisme, wahhabisme et soufisme, n'est pas le seul particulièrement affecté par cette contradiction. Elle met aussi es sciences sociales au défi d'en rendre compte. Pour y parvenir, il faut repasser par les grands conflits qui ont structuré les théories du social et de la religion, comme celui de René Girard, avec le structuralisme de Lévi-Strauss. Il faut ensuite reprendre de manière méthodique et critique les concepts de base qui servent à ces sciences, comme le dit Danièle Hervieu-Léger, "à penser la religion", comme "symbolique", "sacré", "violence", "idéologie", "utopie", "sécularisation", "laïcité", "radicalisation", "sacrifice", "autosacrifice", "ascèse", "spiritualité", etc. Aussi le présent ouvrage conjoint-il, à la démarche pédagogique d'un cours d'introduction aux sciences sociales des religions, un questionnement critique de leur opérationnalité. Au final, l'analyse des phénomènes de radicalisation confirme la victoire de la sociologie wébérienne des valeurs sur leur réduction marxiste au matérialisme économique de l'intérêt. Les valeurs et leurs conflits appartiennent à l'infrastructure des sociétés humaines parce que c'est sur leur base que se construisent les identités, les mémoires collectives et leurs frontières, légitimées par les polarisations entre valeurs et antivaleurs. Pour tenter d'expliquer le fonctionnement de cette dialectique, on avance, sous deux néologismes, l'idéal-type de l'"archéoreligion" et de la "pharmac/kologie", deux notions neuves pour deux très vieilles choses, qui concernent la sociologie et la physiologie des émotions collectives. Deux notions qui permettent aussi, par comparaison, de comprendre différentiellement où travaillent les religions historiques d'Orient et d'Occident, comme les grandes idéologies séculières, dans k diversité presque infinie des courants qui les traversent et les opposent non seulement mut autres mais parfois à elles-mêmes.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.
Avons-nous (vraiment) bien lu Durkheim et bien saisi toute la radicalité de son geste fondateur de la discipline sociologique ? A lire Anne Rawls, et relire avec elle De la division du travail social, rien n'est moins sûr. Peut-être alors le temps est-il venu, cent ans après la mort de Durkheim, de faire revivre ce texte inaugural. Telle est l'invitation du présent ouvrage. Textes à l'appui. La contribution de la sociologue américaine peut être lue comme une nouvelle préface à l'édition originale de La division du travail social. A ce titre, Durkheim lui aussi et tout autant l'auteur du présent livre, notamment par la publication de sa longue introduction oubliée de 1893. Plus encore, tel un palimpseste, orage convoque tout un ensemble d'auteurs contemporains pour esquisser à l'ombre de l'histoire officielle, une histoire en quelque sorte clandestine de la sociologie, attentive à la créativité des pratiques sociales et à la morale propre aux interactions. Pour autant, cette invitation à découvrir un autre Durkheim, jamais lu (ou presque) - à relire cette Division du travail social revisited -, n'intéressera pas seulement les sociologues, mais aussi les philosophes. En effet, un autre texte s'enchâsse dans cette intrigue, la fameuse Théorie de la justice de John Rawls, le père de l'auteur. Car ce qui est avant tout en jeu dans cette relecture de l'ambition sociologique durkheimienne, c'est aussi et surtout sa dimension politique et toute sa pertinence aujourd'hui pour penser les formes et les conditions d'une société juste. Cette audacieuse lecture de l'oeuvre de Durkheim ne manquera pas de susciter des réactions contrastées tant elle bouscule bien des interprétations convenues de la sociologie durkheimienne. Voire de la sociologie tout court. Elle invitera par ailleurs les philosophes à nouer un dialogue renouvelé entre science sociale et philosophie morale et politique.