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Un peu d'être
Le Penven Cédric
UNES
13,00 €
Épuisé
EAN :9782877043021
D'où vient le poème ? Et comment ? Autour de ces deux questions aussi simples que mystérieuses, Cédric Le Penven articule une dérive plutôt qu'une réflexion, remontant la source intime du langage, où les mots agissent comme une solution de clarté pour écarter les ombres de l'enfance. Tout commence par la " précision des coups " reçus, par un corps d'enfant battu recroquevillé sur lui-même pour encaisser les chocs, impuissant. C'est autour de ce corps ramassé en boule que tourne le poète, tente d'y opposer une précision des mots. Pas pour guérir, cela semble vite impossible : c'est une histoire de crue impossible à endiguer, c'est une histoire de violence dont on ne peut se défaire. " Où vivre alors ? " se demande Le Penven, il s'agit, pour " s'ajuster à l'existence ", d'en entendre les appels, la chaleur de l'amour, le sourire de son fils, le bleu des fresques de Fra Angelico, mais aussi, et c'est là l'existence acceptée en un tout, la disparition des proches, les choses qui nous font baisser les yeux. Le poème agit comme une présence contre la solitude, en ce que nos propres mots se mélangent à ceux des autres, qu'il y a là une porosité qui est un trait d'union, pour faire de la place aux autres près de soi. D'où vient le poème ? Il vient depuis que le poète a " cessé d'écrire des poèmes ". Il n'y a pas de poèmes, simplement une réaction face à la vie, à l'état d'être en vie, au milieu d'un vide intérieur. Un peu d'être est la cristallisation d'une pratique de l'écriture. Pas une confession, mais un rapport au langage, à la mémoire, à la surprise des choses. Tout vient de l'art de nommer pour comprendre le monde, faute de pouvoir nommer et comprendre les coups de l'enfance. Cela part de l'eau, celle qui submerge et emporte tout, l'eau de la mémoire qui noie, celle de l'Aveyron où la vie se dessine, l'eau des larmes et la vase et sa pesanteur insondable, le filet de voix du poème qui cherche à épuiser la soif. Plus qu'une poétique, ce texte est un chemin, un parcours à travers les jours dans lequel les mots sont le viatique qui s'invente au fur et à mesure de la route. Les mots sont le désir d'une réponse aux questions sans réponse. La formulation de l'inquiétude en guise de réponse à l'inquiétude. L'invention d'une solitude contre la solitude. Dans ce livre, aussi bref qu'important dans la trajectoire d'un auteur qui a fait de la quête de clarté l'obsession de son oeuvre, Cédric Le Penven nous donne la main de son écriture plutôt que sa clef. Clef qui n'aurait de toute façon d'autre porte à ouvrir que celle du regard, celui que pose, tout au bord de soi, l'auteur sur les choses aimées. Un regard intérieur, une interrogation dont la réponse tourne sans jamais se donner sur la langue, qui est à la fois ce que nous avons en partage et ce qui n'appartient qu'à soi.
Résumé : Au lieu de s'intéresser aux ?uvres connues de Marcel Duchamp, Françoise Le Penven étudie ses Notes rassemblées dans des boîtes. Elle passe en revue le non-ordre des boîtes, le hasard de la pensée et sa fécondité, le travail minutieux de reproduction, la production des boîtes comme sculptures, l'introduction d'éléments qui ne sont pas d'origine rétinienne, l'être plastique des mots, les recherches chromatique minimales, le souci d'une photographie des pensées. Elle s'efforce de mesurer le rôle des évitements (évitement de la littérature, de la poésie) et celui des recherches (l'hermétisme, le dépassement de la peinture, la recherche d'une ?uvre en deçà de sa matérialité). Bref, il s'agit d'étudier la production de livres qui se voient et ne se lisent pas. Sur un sujet qu'on croyait exploré, le travail de Françoise Le Penven apporte du nouveau en adoptant un angle de vue et une approche nouvelles : ces documents considérés en général sous l'aspect de leur signification conceptuelle et littérale sont des ?uvres plastiques. (Yves Michaud)
Résumé : Dans ce carnet aux couleurs douces et acidulées, racontez les plus beaux moments de ces 9 mois qui ont changé le cours de votre vie. Des premiers instants où vous avez su que vous étiez enceinte aux premiers jours après sa venue au monde, notez tous ces merveilleux souvenirs pour les transmettre plus tard à votre enfant et ne jamais les oublier. Avec une fermeture ruban et une grande pochette pour rassembler tous les témoignages de cette période inoubliable.
Résumé : Nuit trouée. Le champ sans mesure du regard mange son ombre. Je ressasse une vieille histoire de poings. J'imagine la roideur de membres privés d'âme. Pas d'âme, ok, mais la roideur.
Joachim s'ouvre en vers brefs, comme pour mesurer le franchissement de la pudeur : l'attente d'un enfant longtemps espéré, si difficile à venir. Angoisse du futur face à l'angoisse de l'enfance, face à cette possibilité ouverte devant soi d'être un père autre, à l'inverse de celui qui distribuait les coups. Fragilité et bouleversement jusque dans les pronoms personnels qui changent et glissent d'un poème à l'autre, dans l'incertitude d'être soi face à l'enfantement. L'écriture se dépouille, délaisse obscurité et métaphores pour avancer frontalement vers le lecteur dans une quête de clarté des objets, comme si pour habiter le monde, tendre vers l'autre, il se manifestait un refus de dissimulation. A travers le lieu de La Gourgue ensuite, lieu à la fois réel et littéraire, sensible et symbolique, Le Penven développe une géographie intime, dans une tension entre la fugacité des perceptions - terres humides, lumière à travers les branches, eau fraîche du ruisseau, odeurs des bois - et l'extériorisation du souvenir par le mouvement physique et l'exténuement de l'effort physique, qui empêche la réminiscence des rancoeurs d'étouffer à l'intérieur de soi, après avoir plongé au fond de la mémoire, de sa noirceur. La Gourgue est un lieu, mais aussi un langage, l'invitation à nommer ce qui nous entoure, découvrir le nom des choses pour les identifier en nous, les reconnaître puis les transmettre. Voir le monde, le fait de se mouvoir dans le monde, comme un enfant se découvre. Un lieu, un poème, un enfant contre une colère. Dans le secret du lieu, approcher la forme de sa vie.
Sharif Solmaz ; Hanea Raluca Maria ; Heusbourg Fra
Pour ceux qui l'ont vécue, une guerre n'est jamais terminée, toute image mentale lui doit quelque chose, sans elle les images des êtres n'ont pas d'ancrage. Solmaz Sharif embrasse l'histoire récente : la guerre Iran-Iraq, les attaques américaines au Moyen-Orient, Guantanamo... , parce que c'est avant tout son histoire. Née en exil, elle cherche à la fois sa mémoire et son foyer et la guerre est comme un lien naturel au monde. "Mire" est un tableau virtuose de poèmes, de listes, de fragments et de séquences, Sharif rassemble les récits éparpillés de sa famille plongée dans des conflits qui la dépassent mais la plongent dans la destruction. Livre en errance, en migration permanente, en quête d'abri, d'une femme qui n'est chez elle nulle part, qui mesure la distance qui la sépare des êtres perdus. Dialogue morcelé avec des images, Solmaz Sharif nous force à regarder les morts en face, les cadavres d'écoliers, les civils bombardés, les mosquées détruites, le poids de chaque homme. Elle nous force à identifier les corps inertes de notre histoire. "Mire" est saturé par la violation constante de l'intimité, les fouilles au corps, les intrusions policières, les mises sur écoute, les ségrégations. En sécurité nulle part, que ce soit dans le présent ou dans les souvenirs, le rêve américain est une solitude et une déception, avec des uniformes prêts à enfoncer votre porte à chaque instant. Sharif montre aussi comment la violence s'exerce contre le langage. Elle injecte dans son livre des mots tirés du Dictionnaire Militaire Américain ; qui viennent faire exploser le rapport à l'autre, elle expose les euphémismes dévastateurs utilisés pour stériliser la langue, contrôler ses effets et influencer notre résolution collective. Il s'agit de vivre avec "le langage qu'ils ont fait de notre langage", dans l'abîme qui sépare les individus que nous sommes des histoires racontées. Que faut-il tirer de l'abîme pour faire exister son histoire, ses proches emprisonnés et disparus ? Où peut-on porter son histoire dangereuse car sensible comme un champ de mines, précise comme un dictionnaire de termes qui désignent des mises à mort dans l'intervalle de la mire à l'écran, l'ordre de tirer et l'impact. Mais Un élan de survie, une sensualité limpide nous signalent la présence d'une conscience lumineuse, un étonnant apaisement.
Jamais auparavant Alvaro de Campos n'avait poussé si loin cet acharnement contre soi-même, cette rage destructrice à laquelle rien ne résiste, pas même sa dignité d'homme souffrant. Cette histoire est la revanche du poète réel sur le vivant imaginaire, la suprême comédie si l'on veut du comédien, mais comédie jouée jusqu'au bout avec la plus grande virtuosité. Alvaro de Campos a sans doute raté sa vie, mais Pessoa, qui écrit sous son nom, n'a pas raté son oeuvre.
Pessoa Fernando ; Chandeigne Michel ; Viegas Jean-
Hommes, nations, desseins, tout est nul ! Faillite de tout à cause de tous ! Faillite de tous à cause de tout ! D'une manière complète, totale, intégrale : Merde !