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Robinson Crusoé ou l'invention d'autrui
Le Goff Jean-Pascal
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252034484
Robinson Crusoé, chef-d'oeuvre de la littérature mondiale traduit dans presque toutes les langues, a été peu étudié en France. Cela est dû, sans doute, à l'influence de Rousseau qui, recommandant dans l'Emile la lecture de ce livre aux enfants, l'a relégué depuis dans la littérature pour la jeunesse. Pourtant ce jugement de Rousseau a fait de Robinson Crusoé un des premiers livres lus par tous les écrivains français des siècles suivants, et a contribué ainsi à orienter le roman dans de nouvelles voies. La critique anglo-saxonne, au contraire, n'a jamais cessé d'interroger ce livre unique qui a suscité au XXIe siècle, aussi bien en Angleterre qu'aux Etats-Unis, un grand nombre d'interprétations sans en épuiser la richesse. Dans l'analyse très novatrice proposée ici, on découvrira comment l'infinie et inconcevable solitude de Robinson raconte, en fait, l'invention d'une des catégories les plus archaïques de la psyché humaine, qui pourtant se trouve au coeur des interrogations de la littérature contemporaine, celle d'Autrui Biographie de l'auteur Jean-Pascal Le Goff est professeur de lettres dans un collège de ZEP en Seine-Saint-Denis
À travers la description et l?analyse de la vie quotidienne d?une ancienne collectivité villageoise provençale, ce livre s?attache à décrire la mentalité et le style de vie de ses habitants en soulignant les mutations et les bouleversements que cette collectivité a subis depuis la dernière guerre jusqu?aux années 2000. L?urbanisation et la modernisation ne signifient pas seulement la fin d?un monde clos et de son « chauvinisme de clocher »; elles se paient d?une dissolution du lien collectif, entraînant l?individualisme vers une « postmodernité » problématique.De la « communauté villageoise » et du « peuple ancien » au « nouveau monde », les différentes parties du livre sont ordonnées autour de cette mutation: le développement de la consommation, du loisir et du tourisme ont érodé les anciennes traditions provençales; les « néo ruraux » formés de couches moyennes urbaines et de catégories fortunées se sont substitués aux anciennes couches populaires touchées par le chômage et la fin de leur « petite patrie » qu?était la collectivité villageoise. La fracture est à la fois sociale et culturelle et met en jeu des conceptions et des rapports différents à la vie individuelle et collective. À rebours d?une vision idéalisée de la Provence, La fin du village montre une autre réalité où les populations locales ont le sentiment d?être « envahies » dans la période estivale ? la Provence étant devenue, selon une expression largement usitée dans la région, le « bronze-cul de l?Europe ». Tandis qu?affluent touristes et nouveaux habitants fortunés en mal de soleil et de ciel bleu, les Provençaux se vivent comme les derniers témoins d?un patrimoine qui ne leur appartient plus, ou pire encore, les gardiens d?un décor de théâtre ou une « espèce en voie de disparition ».Aux anciens rapports villageois a succédé un individualisme désaffilié dont le rapport à la collectivité est devenu problématique. Sans nostalgie pour un supposé « bon vieux temps », l?auteur passe au crible de l?analyse critique les dérives du « nouveau monde ». Sur fond de chômage et de « village dortoir », il souligne l?importance prise par les fêtes en tout genre, l?« animation sociale et culturelle » et ce qu?il nomme d?un sobriquet les « cultureux » dont l?« ouverture » et les « pratiques artistiques » constituent un curieux mélange de pédanterie et de militantisme revisité; il rend compte de formes nouvelles d?éducation et d?animation de la jeunesse qui tentent de façonner des individualités nouvelles avec un angélisme des droits de l?homme et une écologie qui verse dans le moralisme et les bons sentiments; il s?interroge sur la façon dont la collectivité envisage aujourd?hui son rapport à la nature, à la vieillesse et la mort. Ces conceptions et ces comportements coexistent avec des formes nouvelles de misère et de désaffiliation (la « déglingue ») liées à la combinaison du chômage et à la déstructuration familiale.Le « village bariolé » qui succède à l?ancienne collectivité villageoise fait coexister des catégories sociales et des mondes séparés à l?intérieur d?un même espace géographique vide de projet commun. En ce sens, la « fin du village » constitue une sorte de « groupe témoin » d?une France morcelée et d?une évolution problématique des sociétés démocratiques, que les responsables politiques et les citoyens se doivent d?affronter au plus près des réalités.
Résumé : Les bouleversements qui se sont produits des années 1960 à aujourd?hui et la "révolution culturelle" qui les a accompagnés ont entraîné des fractures dans les pays démocratiques révélant des conceptions contradictoires du rapport au travail, de l?éducation, de la culture et de la religion. Ce livre met en lumière les postures et les faux semblants d?un conformisme individualiste qui vit à l?abri de l?épreuve du réel et de l?histoire, tout en s?affirmant comme l?incarnation de la modernité et du progrès. Il montre comment une nouvelle conception de la condition humaine s?est diffusée en douceur à travers un courant moderniste de l?éducation, du management, de l?animation festive et culturelle, tout autant que par les thérapies comportementalistes, le néo-bouddhisme et l?écologisme. Une "bulle" angélique s?est ainsi construite tandis que la violence du monde frappe à notre porte. Faute d?affronter ces questions, les démocraties se condamnent à demeurer aveugles sur leurs propres faiblesses internes qui les désarment face aux nouveaux désordres du monde et aux ennemis qui veulent les détruire. Camus disait : "Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu?elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse". Cet impératif est plus que jamais d?actualité.
Résumé : Le docteur Jean-François Le Goff était un homme intransigeant, comme ses deux héros, et, comme eux, il ne se payait pas de mots. Il a été emporté par une rechute imprévue de ce qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée d'appeler une "longue maladie". Dans ce livre à son image, à la fois discret et engagé, se côtoient et se rencontrent deux auteurs peu conformes qui ne se sont pas connus : George Orwell (1903-1950) et Donald W. Winnicott (1896-1971) pour qui les gens ordinaires ont été un objet de pensée, d'écriture, de théorie. Orwell, qui prend leur parti les armes à la main en Espagne, finira par rejoindre les marginaux, les quelconques, et par être lui-même marginalisé dans le (petit) monde intellectuel ; Winnicott se battra pour que l'on écoute ce que les ordinary mothers (l'expression revient sans cesse dans ses travaux) ont à dire de leur propre ordinaire, mères banales vivant dans l'East End - quartier défavorisé -, mères aux enfants élevés avec les moyens du bord, femmes aux manières communes, passables, good-enough. Etre ordinaire, c'est être de tous les jours. C'est aussi le début de la déshumanisation. L'écrivain et le psychanalyste ont lutté contre la déshumanisation. Dans de courts chapitres, l'auteur les fait se rencontrer, entre deux pages, deux citations, dans les couloirs de la BBC, dans un courrier. Il juxtapose, éloigne, compare, assemble ou dérange des pièces d'un puzzle imparfait, mais éclairant : pour faire entendre comment l'ordinaire informe les passions et la vie, il faut être soi-même insolite. En toile de fond, l'auteur évoque le vif de ses propres engagements et la Julia de 1984 se confond, à la fin du livre, avec une autre Julia, sans doute disparue en Amérique du Sud quand certains, après 1968, ne pouvaient renoncer à la vie extraordinaire et sont devenus des personnages de Chris Marker.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.