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Enfance bafouée. La société rurale bretonne face aux abus sexuels du XIXe siècle
Le Boulanger Isabelle ; Chauvaud Frédéric
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782753537156
Cette recherche s'appuie sur l'analyse d'un échantillon aléatoire de 349 dossiers de procédures qui a été passé au peigne fin pour l'ensemble des cinq départements historiques de la Bretagne. Les archives judiciaires constituent une source remarquable car elles permettent l'intrusion dans la vie privée en donnant la parole à l'ensemble des acteurs du drame, dénonciateurs, auteurs du crime, témoins, voisinage, même si cette parole est filtrée, encadrée, normée par toute une série de dispositifs de contrôle. Longtemps considérés comme des délits sans victime, les abus sexuels commis sur les enfants sont voués au secret des familles en raison du tabou de la sexualité. Fait banal, scène de crime rurale, décor rudimentaire, jeunes acteurs pauvres et tristement uniformes, la diversité est à rechercher du côté des abuseurs. Du marginal au père de famille, du jeune homme au vieillard, les visages de ces hommes sont pluriels mais force est de constater que beaucoup prennent l'apparence de monsieur tout le monde. Leur système de défense, véritable démonstration de force, de puissance sexuelle et de virilité révèle, dans toute son âpreté, la représentation sociale de l'abus sexuel au luxe siècle. D'abord récalcitrante à l'intrusion de la justice étatique en son sein, la communauté villageoise apprend très progressivement à collaborer avec les représentants de l'appareil judiciaire, seul moyen d'assurer sa sauvegarde. A la fin du XIXe siècle, la justice officielle s'impose dans le traitement des affaires d'abus sexuels sur les enfants. Coupables et victimes prennent alors leur place dans un face-à-face jusque-là impossible avec la justice.
Au printemps 1937, les évènements qui ont lieu en Espagne laissent présager un exode massif de civils. Le gouvernement français se trouve dans l'obligation de prendre des mesures d'urgence pour l'accueil de cette population qualifiée de " réfugiés ". Cette étude retrace les conditions de vie de ces réfugiés espagnols en Bretagne, depuis leur arrivée dans cette région inconnue, jusqu'à leur départ.
Issue d'une famille bretonne, bourgeoise, catholique et plutôt conventionnelle, Marie Le Gac-Salonne ne peut se résoudre à la morne vie de mère au foyer à laquelle elle est destinée. En 1905, elle s'engage dans la lutte féministe pour donner un sens à sa vie. La tâche est rude. En Bretagne, l'étiquette "féministe", source de scandale, est difficile à revendiquer pour une bourgeoise et il lui faut une incroyable volonté pour se lancer dans l'arène. Elle écrit une centaine d'articles dans des journaux parisiens et régionaux, sous le pseudonyme de Djénane, adhère à l'Union française pour le suffrage des femmes dès sa création puis en devient déléguée pour les Côtes-du-Nord en 1912, menant une propagande active pendant plus de vingt-cinq ans. Le féminisme réformiste lui procure le moyen d'agir concrètement en faveur de toutes celles qui souffrent dans leur condition de femme et pour lesquelles elle éprouve une empathie non feinte. Elle peut se targuer d'enregistrer avec les autres féministes quelques victoires sur des sujets qu'elle a défendus dans ses articles, notamment la liberté pour les femmes de disposer de leur salaire, du congé de maternité, de la recherche de paternité et, plus tard, d'obtenir la nomination des femmes au gouvernement. Et surtout, dans la société du premier XXe siècle qui rechigne à donner aux femmes les moyens d'exprimer leur pleine mesure, son engagement même a valeur d'exemple.
En Bretagne ce sont environ 4 000 déportés dans les cinq départements dont approximativement 500 femmes et une cinquantaine d'enfants de moins de 15 ans. Parmi eux, 1 850 environ auraient succombé. Aujourd'hui Isabelle Le Boulanger s'attache à la parole des descendants de déportés. Ces témoignages sont la transmission de la mémoire de la déportation des intéressés à leurs enfants ainsi que de l'impact du traumatisme sur la vie du déporté et ses effets transgénérationnels.
Le Boulanger Jean-Michel ; Loueslati Mohamed ; Ves
Résumé : Trois voix différentes, celle d'un responsable politique de Bretagne, élu de la République, celle d'un imam et celle d'un évêque, qui se connaissent et sont amis, s'unissent pour défendre la nécessité de faire vivre concrètement, dans notre société, la fraternité. Ils s'interrogent : quelle est-elle cette fraternité ? Que veut-elle nous dire ? Est-elle une utopie, un horizon inatteignable ? Est-elle simple étendard ? En partant d'un historique de cette notion et en évoquant leurs expériences personnelles, chacun à sa façon, l'affirme, à la lumière de leurs différence et de leur amitié : la fraternitée est un combat, nécessaire, vital pour le siècle à venir et une condition de la paix du monde. "Aujourd'hui, la mondialisation, la globalisation, les liens et les réseaux, nous obligent, comme jamais dans l'histoire et la notion de fraternité devient chaque jour davantage l'enjeu majeur de la marche du monde". Un ouvrage original, où trois voix amies et complémentaires se répondent. Un ouvrage salutaire.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour