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Bulletin de la Société Théophile Gautier N° 35/2013 : Autour de Théophile Gautier : Philothée O'Nedd
Lavaud Martine
LUCIE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782353713813
Philothée O'Neddy eut son moment d'éclat vers 1838. Il fit son effet de surprise, et, comme disent les peintres, tira dans la cave un coup de pistolet dont on remarqua la lumière. Il ne profita pas de l'attention excitée. Après avoir essuyé le feu de la redoute, la main sur la hampe du drapeau ennemi, il se tint debout un instant dans la fumée du combat, et redescendit tranquillement au bas de la muraille conquise, sans plus se soucier de son triomphe". Lorsque dans son Histoire du romantisme (1872), Gautier rend hommage à l'anagrammatique Théophile Dondey, fidèle compagnon hugolâtre de ses jeunes années, et poète inspiré de Feu et flamme (1833), il le sort de l'oubli dans lequel il s'est enseveli. O'Neddy, c'est un peu le capitaine Fracasse du château de la misère, envahi par l'ombre au point que le sentier qui conduisait à son seuil littéraire s'effaça rapidement sous les mousses, les ronces et les végétations parasites". Mais un Fracasse à la porte duquel, finalement, et en dépit de sa valeur, la Fortune littéraire ne vint pas frapper. En 2011, la Bibliothèque de l'Arsenal, grâce à Jérôme Doucet, Jean-Luc Faivre et Olivier Feignier, a célébré le bicentenaire de la naissance de Philothée O'Neddy ; la même année, on célébrait celui de Gautier, qui sans doute aurait aimé qu'on tende la main à son frère d'armes comme il le fit lui-même : c'est tout le sens de ce volume.
Résumé : Judith Gautier (1845-1917) est la fille de Théophile Gautier et de la cantatrice italienne Ernesta Grisi. Elle vécut sa jeunesse au coeur du Paris artistique et littéraire du XIXe siècle, fréquentant toutes les figures marquantes de l'entourage de son père : Baudelaire, Flaubert, Delacroix, Leconte de Lisle... et se fit connaître très jeune en publiant Le Livre de Jade, première anthologie littéraire de poèmes chinois classiques traduits en français. Après ce premier coup d'éclat très remarqué, elle parvint à vivre de sa plume en publiant tout au long de sa vie une oeuvre abondante, touchant à tous les genres. Loin de n'être "que" la fille de Théophile Gautier, elle parvint, tout en honorant la mémoire paternelle, non seulement à assumer une fonction de médiatrice artistique et culturelle, mais aussi à se façonner une identité littéraire propre : au-delà d'une extraordinaire biographie sur laquelle revient cet ouvrage, c'est à l'originalité d'une créatrice authentique, poétesse, traductrice, critique et romancière, que ce volume, le premier du genre, prétend rendre un hommage informé, nourri par l'expertise de spécialistes venus d'horizons disciplinaires et culturels divers.
Dans ces dernières années, l'Art s'est empreint d'histoire plus fortement que jamais". Cette réflexion célèbre de Vigny, placée en tête du roman Cinq-Mars (1827), prend des allures de paradoxe lorsqu'on la confronte à l'oeuvre de Théophile Gautier. Car cet infatigable militant du romantisme, cet admirateur enthousiaste de Victor Hugo semble s'être délibérément tenu à l'écart de l'engouement historiciste de sa génération. Dès les années 1830, il épingle avec jubilation les ridicules de l'homme Moyen Age, avec ses cottes armoriées. ses ogives, ses souliers à la poulaine. La préface des Jeunes-France (1833) était plus provocatrice encore : "Après de profondes réflexions sur le renversement des trônes, les changements de dynastie, je suis arrivé à ceci - 0. Le vent emporte la fumée ; ceux qui restent dessus mettent les autres dessous ; l'herbe vient là plus belle le printemps qui suit : héros fait pousser d'excellents petits pois". Pourtant Arria Marcella, Le Roman de la momie, Une nuit de Cléopâtre, Le Capitaine Fracasse, révèlent une fascination pour le passé que ce volume, qui rassemble quatorze contributions de spécialistes de Gautier, du roman historique et de l'histoire de l'art, tâche de décrypter.
Maxime du Camp, Flaubert, Emile Bergerat et bien d'autres ont souvent fait, avec la complicité de l'intéressé, un portrait de Théophile Gautier en forçat du journalisme tournant indéfiniment la meule du feuilleton qui l'aurait tué. Certes, de 1831 à 1872, le romantisme au gilet rouge a donné ses textes à plus de 90 périodiques et son écriture s'est ressentie des pressions et clichés médiatiques. Mais il faudrait aussi rappeler que le régime du périodique affecta la quasi totalité des auteurs du XIXe siècle, et que, contrainte pour contrainte, le support médiatique offrit le creuset d'une formidable inventivité : quatorze spécialistes de l'?uvre de Gautier, des médias, du récit de voyage, de la critique dramatique ou de la critique d'art se sont penchés sur les rapports étroits et souvent féconds que Gautier journaliste entretint avec la feuille périodique conjuguant ainsi romantisme et modernité.
Duchamp n'est pas un précurseur (au sens avant-gardiste du mot), mais un anticipateur. Il n'est pas de connivence avec la logique moderniste et son mythe d'un Novum qui, par la mode, revient éternellement même sous un visage apparemment autre. Il est, en somme, l'inventeur de l'inédit, d'un événement qui ne prend pas sens par rapport à une diachronie guidée vers une lin, mais dans une relation plus libre avec les conditions historiques de la création. (:'est ce qui explique, non pets à proprement parler la " modernité de Duchamp, niais plutôt sa présence intempestive et son retentissement contemporain. Cet essai propose une interprétation du readymade à partir de la situation de Marcel Duchamp en son temps et il tente de saisir, à travers l'humour, la désinvolture, une paresse revendiquée, la pensée de derrière " d'un artiste qui s'affirme de se dénier et craint par dessus tout l'esprit de sérieux.
Résumé : La peinture de Pierre Soulages est d'une grande maîtrise technique et en même temps, elle semble souvent rechercher le point de rupture, l'accident. Comment Soulages peut-il à la fois vouloir l'accident et chercher la maîtrise technique dans un minimalisme rigoureux qui devrait définitivement l'écarter ? Quelle ruse, quelle stratégie met-il en place dans cette aventure de l'accident ? On peut identifier différentes formes d'accidents dans son oeuvre : l'accident en gravure lorsqu'il troue la plaque de cuivre, l'accident de la démarche lorsqu'il découvre l'outrenoir en peinture en 1979, l'accident du chromatisme dans ses vitraux de Conques, ou encore l'accident de surface qui anime ses toiles et fait vibrer la lumière. Dans cet usage heuristique de l'accident, exemplifié et amplifié, c'est une conception renouvelée de la liberté créatrice qui apparaît chez Soulages.