Qu'est-ce que penser aujourd'hui dans le flux ininterrompu des images et des représentations spectaculaires qui tendent à abraser toute condition subjective de pensée ? Si Freud voyait dans l'interprétation des rêves la voie royale vers l'inconscient, le rêve creuse aussi le lieu psychique d'une mémoire possible, et donc d'une transmission nécessaire. La création comme le rêve une fois qu'il est raconté à un autre s'inscrivent alors dans une tentative de mise en place d'une filiation. Il s'agit ici, avant tout, du travail de la parole. En effet, à écrire ainsi " Penser ", " Rêver ", " Créer ", nous prenons le risque de figer une discontinuité entre ces trois formes de travail psychique. Or, à trop insister sur cette discontinuité, nous pourrions perdre de vue que la position même que nous occupons et qui nous fait placer de telles discontinuités est fondamentale en clinique. L'ensemble des articles ici présentés tente d'aller plus loin pour explorer des zones de continuité et de contacts entre ces trois formes de travail du psychisme.
Résumé : Une plongée dans les arcanes de l'inconscient avec Laurie Laufer, la voix de l'émission éponyme sur France Inter. De la dynamique du transfert aux mystères de la mémoire, explorez l'univers de la psychanalyse à travers un ouvrage éclairé et captivant.
L'expérience-limite du deuil est celle de ne pas pouvoir survivre à partir de soi-même, de ne pas avoir la capacité de vivre, de ressentir des choses vivantes à partir de soi-même. Cette expérience particulière que le sujet fait de sa propre disparition, celle de l'effacement de soi, cette expérience limite de se sentir en train de disparaître s'accompagne de cette difficulté et cette douleur de ne pouvoir garder quelque chose de l'autre. Aussi, pour permettre la formation imagée de la parole du deuil, l'un des mouvements dynamiques du travail du deuil peut être en partie un "travail hallucinatoire". Par le rêve, la parole et l'écriture, par toutes autres stratégies corporelles, parfois insolites, l'énigme du deuil deviendrait alors une mise en jeu, un pari qui ne cesse de transformer le sujet endeuillé. Quelles formes la vie psychique de l'endeuillé peut-elle prendre pour se protéger de sa propre destruction lorsque le traumatisme de la perte est un événement qui ne cesse pas ?
Résumé : A l'heure où la psychanalyse se renouvelle, les questions autour du genre enfoncent un coin de la théorie psychanalytique pour tenter d'en éprouver l'acuité clinique. Le statut social et idéologique de l'enfant, les enjeux autour des bloqueurs de puberté sont, entre autres, source de vives tensions dans le débat social et scientifique d'aujourd'hui, au point de créer un sentiment de confusion. Le dialogue direct, simple, spontané et vivant entre les psychanalystes Laurie Laufer et Serge Hefez, soutenu par le trio scientifique - Florian Houssier, Dominique Mazéas et Amos Squverer - qui organise notre nouvelle collection "Expériences psychanalytiques" , témoigne d'un besoin de renouvellement théorico-clinique comme de certaines clarifications nécessaires pour sortir de l'idéologie clivante qui s'empare de ce sujet brûlant. En passant par la théorie comme par la clinique, les deux auteurs font vibrer la représentation d'une psychanalyse qui n'aurait de cesse de faire émerger une véritable ouverture du champ de nos représentations.
Résumé : La psychanalyse a-t-elle encore des choses à dire ? A une époque où les études de genre, les analyses de Foucault et les mouvements LGBTQI+ ont inventé d'autres perspectives en matière de genre et de sexualité, comment peut-on encore parler de l'Odipe, de l'" envie de pénis ", de la " différence des sexes " ? Près de cent cinquante ans après son invention par Freud, soixante-dix ans après sa relecture par Lacan, la psychanalyse peut-elle prendre en compte les évolutions sociales sans être dénaturée ? Certains psychanalystes s'érigent en détenteurs des normes sexuelles et sociales : ils considèrent l'homoparentalité ou la transidentité comme des symptômes du règne de la toute-puissance de l'individu. Selon eux, Foucault, Butler, Bourcier, Preciado ne comprennent rien à leur discipline et, pire, la défigurent. Pourtant, Freud puis Lacan ont eu à coeur de laisser la psychanalyse ouverte à la " réinvention " : elle est un champ et une pratique traversés par les sciences, la culture et les mouvements de chaque époque. Si celle-ci souhaite se réinventer et renouer avec ses origines subversives, la psychanalyse pourrait aujourd'hui dialoguer avec les théories féministes, les études queers et les mouvements trans, et se laisser instruire par d'autres expériences érotiques et politiques. C'est en redevenant une théorie critique et inventive, à l'affût des nouveaux savoirs et pratiques, que la psychanalyse peut renouer avec l'émancipation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.